IJAd., t. III, p
1). rieviie hisl. et noLil. île l'Anjou Doc. inédits, p. i ol 24).
LA MAISON MILlTUlil. 3tj.'j
soldats poui' le ffaider. Cest chose que loiil autre eust demandée avec passion : et néantmoins vous ne sçauriez croire la peine qu'il a eue à v condescendre: Une seule raison l'y a obligé. Il avoit tout plein de parents, qui pour le soin qu'ils avaient de sa conservation iu> le voulaient jamais abandonner. Cette assiduité ne pouvant continuer, sans que leurs affaires domestiques en fussent incommodées, il leur en a par ce moven oslé le prétexte, et leur a l'ait trouver bon qu'ils se retirassent en leurs maisons. Quoyque c'en soit, s'il n'a esté assez hardy pour contredire en cela tout à fait à la volonté du Rov, il a esté assez généreux pour n'y consentir qu'à la condition d'entretenir ces soldats à ses despens '. »
Le véritable motif de la constitution de cette garde fut la conjuration de Chalais, et la tentative d'assassinat du Cardinal, dans sa maison de Fleury, vers la mi-mai 1626. Dès que le roi en fut instruit, il envova aussitôt auprès de son ministre trente gendarmes et trente chevau-légers de sa garde, afin de pouvoir à sa sûreté -. De Limours où il s'était retiré, après avoir vu le roi à Fontainebleau, et passé quelques jours à la Maison-rouge, Richelieu écrivit à Louis XIII pour lui demander de se retirer des affaires. Il lui exposait que « sa vie ne luy serait d'aucune considération toutes les fois qu'il s'agirait de l'employer pour le bien de la couronne, mais qu'il luy faschait fort de se voir en danger continuel d être assassiné à la Cour, comme il luy estait presque inévitaljle, estant tous les jours environné de quantité de personnes qu'il ne connaissait pas. et qu'on pouvait avoir surbornées pour luy faire dosplaisir ' ».
<( Le roi qui le regardait déjà comme un homme nécessaire, était fort éloigné de lui accorder une pareille grâce, et la reine-mère était encore moins disposée à la demander pour lui. Ils lui répondirent tous deux que l'Etat ne pouvait se passer de ses services, et le roi lui manda qu'il donnerait de si bons ordres pour la sûreté de sa personne qu'il n'aurait rien à craindre de la fureur de ses ennemis. Dès lors, il fut réglé que le Cardinal aurait une garde ordinaire. Cette prérogative tlaltait sans doute sa vanité, mais on ne peut nier que les conspirations tramées contre sa vie ne le missent dans une es|)èce de nécessité de le désirer, et qu'elle ne devait pas lui être moins agréable, par ce qu'elle avait d'utile que par ce qu'elle avait de fastueux '*. »
Cette garde ordinaire, que nous avons signalée au Compte de 1626, et
1. Farel, Recueil de lettres nouvelles, Pai-is, ItiiU. p. I2ii ol siiiv.