Pontis, Mémoires, odit. Michaud, p. oOj et liOO
9. Du Praissac, Les discours militaires, Paris, I{J2n, p. 12. pi. C. iO. Relation de la mort du maréchal d'Ancre, édit. Michaud, p. 46t),
maison ', le baudrier complète l'ornement ; après ses armes qu'il a aussi payées de ses deniers -, c'est dans cette partie de son ajustement que le mousquetaire se plaît à déployer sa fantaisie et à étaler son luxe, de même que les libéralités dues à de bonnes fortunes ^ ; ce sont des baudriers en broderie d'or qui coûtent jusqu'à huit ou dix pistoles, et que leurs propriétaires sont heureux de faire admirer sous leur manteau, lorsqu'ils ne sont pas de ^arde, soit dans les promenades au cours ^, soit dans les parties de beuverie à « la Galère », leur cabaret attitré de la rue Saint-Thomas du Louvre •', dont le nom rappelle, par une allusion ingénieuse, la haute dignité du Cardinal sur la mer. A cette large bandoulière sont suspendus la bourse où l'on met les balles, » le poulverain » en argent doré, quelquefois supporté isolément par un cordon de tresse d'or, et les douze charges réglementaires, chacune dans son étui de bois.
La Compagnie a suivi la rue Saint-Honoré, franchi la Porte-Neuve, et dépassé, en le laissant à sa gauche, le dépôt des boues dont les monticules pestilents descendent vers la Seine ; la plaine qui s'étend au delà, à quelques centaines de toises au nord du cours de Saint-Cloud est leur champ de manœuvres pour l'exercice du mousquet. Les recrues sont mises au début aux mouvements d'ensemble qui s'exécutent tout en aj)prenant le port du mousquet, la première des nécessités ; c il faut d'abord qu'ils sachent tenir proprement le mousquet et la fourchette en marchant, a scavoir qu'ayant la fourchette en la main droite, à chaque pas il la posera en terre et aura un cordon attaché pour la pouvoir traîner au besoing, faisant venir le ressort ou la clef du mousquet contre l'espaule, la main près du tiers du poulce, et la mesche qui doibt estre allumée aux deux bouts entre les deux petits doigts de la mesme main, pendant par dedans l'alfut vers le bas, pour a tout moment la jiouvoir alonger et s'yder de l'un des boutz •>... »
Mais cela est peu de chose, et pour acquérir l'aisance requise dans le maniement de ce lourd engin, il leur suffit d'imiter les vieux mousquetaires ; il en est autrement de l'exercice proprement dit de l'arme ; il ne comprend pas moins de 3') mouvements pour la charge et pour le tir,
1. Mi'moires <h M. d\\rl;i;/nan, Colofrne, 1700, t. I, p. i8. — Avenel, Lcllrex..., t. m, p. 181.