‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 366 sur 464 · Avenel, Lettres..., l. IV, p · texte numérisé non relu

Avenel, Lettres..., l. IV, p

.'}. Discours sur la mort du chappelier (1028). [Vsriélén liisl. ri lilt., I. V, p. .'ÎO.) 4. Mémoires de M. d'Artagnan, Cologne, 1700, 1. I, \k i8.

;>. Albert de la Fizelière, Vins à la mode et c.tharels du XVII'' siècle, Paris, 18(56, p. i58.

6. Jacques de Gheyn, Maniement d'Armes, etc., .\msterdam, 1608.

chacun d'eux avec la complication des éléments qui jouent avec le mousquet, l'aliumag-e de la mèche, son soufflante, sa pose au serpentin, la manœuvre du poulverain, l'amoix-age, le déchirage de la charg-c, sa mise au mousquet, le bourrage avec la baguette, la manœuvre préalable de la fourchette avant le tir, et les précautions nécessaires pour allier la siîreté à la grâce et à la bienséance... A défaut de Cavoys, souvent retenu chez le Cardinal, Antoine d"Appelvoisin, armé suivant l'usage de la pique, " la royne des armes ». commande sinon tous les mouvements, au moins le premier et traditionnel de la série, qui retentit en roulement dans le silence de la plaine : « Prenez garde à vous, mousquetaires, et ne faites rien sans commandement '. » C'est lui aussi qui dans les exercices de tir sur les faquins dressés à 2a0 toises, la portée du mousquet, avec leur blanc placé à hauteur de la ceinture -, donne le commandement : « Couchez en joue. Tirez ». le plus essentiel de tous pour habituer les mousquetaires à attendre, pour faire feu, que l'ennemi soit à la portée de la balle. Sur ce terrain encore, l'on sent la main puissante de Richelieu dans la forte cohésion de cette troupe disciplinée et identifiée avec son chef au point d'être suspendue à un signe de lui ; lorsque la vieille Compagnie seule, est disposée par files de huit de hauteur, espacées chacune de un pas, chaque mousquetaire distant de trois pas de celui qui le précède et de celui qui le suit, la hauteur la plus commode à cause des doublements de rang ^, Appelvoisin, posté au flanc et à la dernière file du bataillon, jette parfois à mi-voix un commandement « passe-parole * » ; rapide comme un éclair, le bruissement des lèvres sillonne simultanément toutes les files, et la manœuvre s'exécute comme d'instinct, avec un ensemble automatique qui tient du prodige ; de même, lorsque le lieutenant commande de battre, après avoir « fait aller à paille ^ », un prétexte honorable pour donner quelques moments de répit aux recrues encore mal entraînées, la Compagnie se reforme toujours instantanément, et impeccable de tenue, au premier coup de baguette.

Richelieu employait sa Garde comme ses Mousquetaires à des besognes

i. Do Lostelneau, Le Mareschul de Bataille, Paris, 16*7, p. .ï. 2. De BLllon, Les principes île l'art militaire, Lyon, 1637, p. i(U. ■3. De Lostelneau, Le }[areschal de Bataille, Paris, 1647, p. "i et 6.

4. René François, Essai/ des merveilles de nature, Rouen, 1022, p. 136.

5. D'Aigremont, Traité particulier des Charijes des Of/iciers généraux d'armées cl des devoirs de tous les ijrns ilr guerre, Paris, lii.jl, p. 30.

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plus périlleuses que sa conservation personnelle ; il les envoyait aussi au combat, dans les cas de nécessité ; ;i Abljcville en 1039, il renforc^ait les ' troupes de La Meilleraye occupé devant Ilesdin, d'al^ord de la compagnie à cheval munie du pot et de la cuirasse ', puis de Cavoys « avec sa compagnie tout entière » - ; et ce n'était pas un petit appoint que ce noyau d'hommes intrépides, reinarqualjlement disciplinés et aguerris et se battant sous l'œil d'un pareil maître.

Quand bien même les documents ne nous en révéleraient rien, ce serait méconnaître le Cardinal fjue de croire qu en dehors de ce service occasionnel à l'armée, ce groupe d'officiers sûrs et dévoués qu'il avait sous la main dans les deux Compagnies, n'ait jamais été afTecté qu'à sa personne ; il savait trop bien choisir les hommes pour ne pas les utiliser au mieux de ses desseins et les utiliser jusqu'au bout, car il fut un grand useur d'hommes, comme tous les génies de principes et d'action à la fois ; l'on retrouve encore une preuve de la prédilection qu'il avait pour ses Gardes, dans le nombre et l'importance des missions qu'il confiait à leur capitaine de la Houdinière et à ses lieutenants successifs Mayolla et de Manse ; c'était surtout des missions d'inspection des armées, cachées' sous d autres, en apparence insignifiantes. On se doute de l'animosité que soulevaient de pareilles pratiques chez les officiers de l'armée régulière ; nous en verrons un exemple typique ; mais tous s'inclinaient devant le nom du Cardinal, et on sent comliien les rapports de ses agents étaient redoutés, et leur amitié recherchée, dans l'éloge que ' faisaient de leur bravoure et de la valeur de leur concours, les généraux auxquels leur collaboration ou leurs services étaient imposés.

L'officier dont Richelieu usa le plus, et qxii s'imposait par sa capacité et son autorité, fut de la Houdinière ; il est à remarquer, toutefois, qu'il ne l'employa, pas phis cpie son lieutenant, (ju'à partir de la fin de 163o, ' c'est-à-dire près d'un an jour pour jour après la création de la Compagnie des mousquetaires qui, dans cet intervalle, s'était disciplinée et aguerrie ; le Cardinal a eu aussi le temps d'éprouver Cavoys, et il sent n'avoir plus rien à craindre pour sa sûreté personnelle. Auparavant, il avait bien déjà détaché une fois Mayolla, de Pignerol à Suze, en llj.'^l), mais c'était pour une courte mission de trésorier, plutôt que de militaire '■'.

i. \\ene\, Lettres..., 1. VU, p. 232 (18 juin 1639).

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