Avenel, Lettres..., t. IV, p. 'J24 (janvier
•J. Hi-i'ue liist. et noLil. de l'Anjou (Doc. inéd.), p. 23.
3. En 1030, la solde des cavaliers de l'armée régulière était de 1 livre environ par jour, soit 30 livres par mois [y-' d'Avcnt;], liichelieu et la Monarchie absolue, t. III, p. 127); en 1638 (règlement du 24 juillet), celle d'un capitaine de gendarmes (qui avait 12 et 13 chevaux) de 141 livres [ihiil., p. 131) ; en 1040, un enseigne est payé 400 livres par an (V" d'.\venel, IlUt. Économique de la /iropriété et des salaires, etc., Paris, 1898, t. 111, p. 677).
solde des cavaliers et soldats de ses troupes, pour servir à leur avoir des habillements et chaussures, et à la remonte des Cavaliers, et ijue le décompte sera fait ausdits Cavaliers et Soldats de 3 mois en 3 mois ' ». Conmie le roi en elFet, le Cardinal habillait certainement ses gardes et mousquetaires, qui de leur coté, suivant la coutume, avaient à subvenir à leurs frais à leur armement qui a un caractère personnel.
Ce n'est point non plus une prime, car en ce cas, elle ne porterait pas ce nom de retenue, et du reste, elle est comprise dans la solde ; elle n'est pas davantage une retenue pour servir de garantie contre la désertion, ou de gage pour la conservation des habillements ; car elle est attribuée à chaque homme » pour le temps qu'il a servi pendant l'année ».
C'est donc bien en réalité une épargne forcée, une véritable caisse de prévoyance destinée à assurer au soldat un petit capital à la fin de chaque année, et notamment au moment le plus critique, à la fin de la période d'enrôlement ; et le fait que cette mesure ne s'applique qu aux Mousquetaires seuls, à l'exclusion des Gardes, achève de le confirmer. Cette idée d'un génie administrateur qui pense ainsi aux intérêts des siens, et les protège intelligemment contre eux-mêmes, est bien digne de l'homme d'Etat qui s'est préoccupé le premier de donner un asile aux malheureux «estropiais», qui a organisé les Hôpitaux ambulants des armées pour soigner les malades, les missions militaires pour prévenir les maladies, qui a créé l'intendance et le ravitaillement régulier des troupes, qui a créé pratiquement l'armée permanente, avec l'application de l'enrôlement régulier de trois ans, et de la fusion des éléments des troupes pour en assurer la constante homogénéité.
En prenant pour base et terme de comparaison une monstre de SO hommes de guerre à pied de l,i mestre de camp du maréchal de Brézé, capitaine en titre de celte compagnie -, on arrive pour le rôle de la Compagnie des Mousquetaires, au détail approximatif suivant, que nous proposons, toutefois, comme le précédent, sous toute réserve :
Capitaine 220 livres dont 20 pour 2 pages.
Lieutenant 150
Enseigne 100
4 sergents à 34 1 1 36
94 mousquetaires 1 .880
Total 2.486 1.
1. Recueil concernant les yens de guerre, Paris, 1681, t. I, p. 460 ; Ordonnance du roi du 5 décembre 1660.