Tallemanl, HisL. I. II, p. tOo
3. Charitaitte flrmonslrance de Calon Chrostion, lô.TI, in-4, p. 12. i. Ibi(L. p. 189.
'■\. La Vérité défendue, 1635 Rerueil de pièces pour la défense de h m ij ne-mère... Anvers, 164.3, p. 25).
6. Adverlissemenl de Xicocleon à Cleonville, 1632, in-4, p. 90-91.
ung Rov, mais comme un tyran qui craint les efforts du désespoir dans lequel il y a tous les hommes ' ». « Vous avez tellement irrité les particuliers et le public, dit-il ailleurs, que vous craignez comme un tyran ; il vous semble que tous les hommes (jui vous approchent soient des assassins, tous leurs doigts des poignards, et tous les fers de leurs esguilettes des stiletes -. »
D'autrefois, il lui peint son isolement au milieu de ses gardes qui ne le défendent pas dans cette cour de prétendus fidèles : « Lorsque le Cardinal vient du Louvre, qu'il trouve toute la rue de Saint Ilunnoré embarrassée par les carrosses de ceux qui l'attendent chez luy ; qu'il voit sa cour, son escalier, sa sale et son antichambre chargées de Courtisans, d'Officiers et Députez, il ne considère point que sa maison est remplie de ses ennemis : qu'il n'a ses gardes que contre ceux qui le visitent : rju'il craint les mains de ceux qui fléchissent le genouïl devant luy ; et qu'il est dans la presse des hommes sans jamais toucher un ami ■'. »
De Morgues n'ignore rien, non plus, de la rivalité du roi et de son ministre sur ce point, et il l'attise savamment; nous avons dit un mot de ses allusions perlides à la création de la Garde à cheval du Cardinal. Mieux que personne, il connait le soin que prend ce dernier d'éviter sur ce point tout sujet de froissement avec le roi ; n'est-ce pas lui qui sous sa dictée, et alors qu il était son confident, a écrit dans un factum, la flatterie à l'adresse du roi (pii pouvait lui être le plus sensible, le prenant par son faible le plus intime, avec cet éloge de ses mystérieux procédés de science militaire, un détail que le Cardinal était peut-être le seul à connaître à la cour ^ ?
Aussi ne se fait-il pas faute d user de cette arme, arme à double tran-
1. Tres-humhle, tres-verilable el Ires-importante liemonstrance au Boy, 1631, in-4, p. 49.
2. Charitable remonstrance de Caton Chreslien, 1631, in-4, p. 90.
3. La Vérité défendue, 163a, p. 46 (Recueil de pièces pour la défense de la reynemère, .\iivers, 1643 .
4. « Il est si vigilant et si versé on tout ce qui s'y peut faire contre son service (le paiement des armées supposées), qu'on n'y sçauroit faillir deux fois sans qu'il s'en apperçoive: et est si souvent parmy ses Irouppes de pied et de cheval, les exerçant avec tant de bonté et de familiarité on toutes les manières de combattre, qu'en moins d'un mois, il ne peut manquer un soldat, ou tué, ou blessé, ou malade, ((u'il ne le cognoisso, avec une mémoiie si heureuse, qu'en un instant par une reveuë d'un controlle secret qu'il a, et qui tient tout le monde en cervelle, il ne sçache le nombre à pou près de toutes les compagnies de son armée, cognoissant et nommant les Capitaines qui les tiennent ordinairement ou fortes, ou foibles. » Response à un Libelle contre les minisires de l'Estat, 1630 {Recueil de pièces pour servir à l'histoire, 1639, p. 173}.
cliaiit, car il a à nu'nai;or K's susceptibilités du roi, tout en opposant implicitement sa maison militaire à celle de Richelieu, et il se garde, surtout au début de la polémique, de faire des comparaisons dangereuses.
Plus (jue toute autre peut-être, l'accusation que son adversaire portait contre lui de ■ se faire environner de gardes » émouvait le Cardinal; dans sa tacticpie qui est de répondre invariablement en invoquant la nécessité de ces mesures devant les complots (jui le menacent, on sent l'irritation contenue avec l'énervemenl, devant cette redite inlassable.
« Je crov. dil-il. (pie c'est raccusation (piil fait de meilleur cœur, car il est marry de le voir défendu et gardé des mauvais desseins qu'on pourrait avoir sur sa personne... ' »
VA il essavait d'explic(uer ses gîirdes par le souci des jours du roi, en se solidarisant avec lui, et en essayant de charger ainsi de Morgues du crime de lèse-majesté.
" C'est une bien grande elfronterie de dire qu'il a des Gardes pour faire le Roy, bien ([u'on scache au contraire cpi'il n'eu a fpie pour faire servir le Roy... Quand le roy pour sa seureté, autant comme pour la seureté du Cardinal, luy donna di's Gardes, n'était-il [)as menacé de ceux cpii luy en voulaient parce ipiil servait le roy -'. »
Cette fois encore, Tamour du Cardinal pour la précision le si'rvait mal, car la réplique était d'une ironie aussi foudroyante que concise :
(I Le Roy est gar<li' de bien Iciiiig. lorsfjue le Cardinal l'sl esloigné •'. »
De Morgues se découvrait à son tour imprudemment en revenant sur ce sujet dans un pamphlet postérieur :
c< 11 a autant de sortes de gardes ((ui' le Roy ; il \a dans Paris avec cet é(juipage et mieux sui\ i (pie n est S. M. ; le peuple y a été surpris et a souvent crié en le voyant passer : Vive le roy ''. »
Le fait ra])|)orté par le pamphlétaire bien renseigné était peut-être exact, et des méprises de ce genre fort vraisemblables, ne durent pas peu C()iitrii)ui'r il rciil'orccr la ial()Usi(' du roi jiour siui ministre; elles ne |)OU\aieiil (niaccroitii' eiicdre leur mutuelle déliaiu'e, d'aillant |)lus profonde ([U elle dérive de la même cause extérieure, qu'elle a ses origines dans le même monieul (b'cisif de leur vie, dans le même sentiment instinctif de conservai 1(111 de l'être, et que dans chacun d'eux, enfin, elle est comme la denii(''re m.mifeslatioii de la féodalité expirante.
1 . Hi'Sfionxr nu lilx'llr liililiilr lri'r<-hnnililr, Ires-vcrilahli' el lrcx-iini>iirlnnlo Hnnionxtrancp nu lioij, IG-fi {llnuril dr pii-rca, t'ic, Ki.W, p. 593).