‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 393 sur 464 · Ihi'l., t. III. p · texte numérisé non relu

Ihi'l., t. III. p

misères, uiu' des privations qui lui est le plus sensible est » qu'il n'y a aucun lieu pour se promener, nv jardin ni allée de façon qu il a sa maison comme prison ' ». A Richelieu, au milieu des travaux d'amélioration du parc, le grand niveleur veut, avant tout, qu'on respecte les arbres -, c'est une préoccupation qui revient continuellement dans ses lettres et dont on le sent comme obsédé, au milieu des soucis de la politique, lui qui semble avoir ra^'é des intérêts de la vie tout ce qui n'a pas un caractère humain : il défend àprcment contre l'archevêque de Bordeaux les hautes frondaisons de cette allée d'ormes de dix toises de large et d'un quart de lieue de long, avec ses deux contre-allées de cinq toises de large, qui se termine à la balustrade de pierre de la basse-cour - : « Je demeure d'accord que vous faciez couper le bois qu'il faut pour l'espace de mon anticourt, lui écrit-il en 1033, mais je vous prie de n'en pas faire couper un pied plus qu'il ne faut ^ » ; et un peu plus tard, à propos de ces « bois de haute futaye qui sont à perte de vue * » avec leurs |allées d'ormes et de chênes, et (jui garnissent le parc << de près de trois lieues de tour ■' » : <( Je suis ravi de ce ([ue vous ne voulez point faire détoiles à mon parc, n'aimant point à faire couper du bois. »

Lorsqu'il accommode Ruel comme sa résidence de prédilection, le parc, plus encore que le château, est l'objet de ses soins ; d'après l'estimation dressée par la duchesse d'Aiguillon sur l'ordre de Louis XIV, les travaux d'agrandissement et d'embellissement, nivellement des terres labourables, plantations, cascades, escaliers d'accès, représentent une dépense de plus de 336.000 livres, tandis que les bâtiments proprement dits ne chiffrent que pour ilO.OOO.

La recherche des eaux, seule, et leur amenée d'une distance de plus de un (juart de lieue, avec les indemnités aux propriétaires des terrains où passe la conduite, jusqu'au grand réservoir (jui alimente les cascades et les jets d'eau, les premiers que l'on voit en France, y entrent pour hi somme de 00.000 livres. Le Cardinal, en effet, aime autant l'eau que les grands arbres ; k Richelieu, il en a fait une véritable débauche ; << les eaux y cherchent les eaux " » ; ce ne sont que grands iiassins, celui de 4Î) toises au (juarré entre la ville et le château', cet autre au milieu du

i. Avenol, Lrltres..., I. I, p. 24.

2. ^'i■Jni('^, Le citnsiraii rie liirhelwii, Saiiiinir, IfiTfi, p. 7.

,■?. \vcne\, Lpltres..., t. IV, p. 177.

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