Revue hixl . el nnh. de l'Anjou (Doc. inéd., ]i
10. Et. Algay rie Martignac, Mémoires de feu M. le duc d'Orléan.'i. .\msterilam, IfiH'i, p. 73. — La tradition conserva le souvenir de ce goût, et Bosqiiillon dans le Becueil des vers de Sanleuil sur k's fontaines de Paris accolait heureusement son nom 3 celle de la rue de Richelieu :
Qui quondam magnum tenuit moderamen aijuaium Richelius, Fonti plauderet ipse novo.
•I.-B. Santeuil, Opéra omnia, Paris, 1008, p. 340.
blanc qui lui doivent leur nom ', sur lo leuillag^e sombre de la grande allée, sur les chaudes frondaisons de ces beaux marronniers d'Inde qui plongent leur ombre dans le grand étang-, et dont il est lier, car il les a, le premier, introduits en France, et dont la superbe venue leur vaudra d'être appelés « les Cardinaux» un siècle et demi plus tard...
Son parc sera si connu et célèbre, que Louis XIV l'enviera, voudra rac<[uérir et v enverra Le Nôtre pour l'étudier et en reproduire en grand les principales dispositions dans celui de Versailles.
Le Compte reflète cette inclination et ces goûts, car dans l'état des gages, Maignan, le jardinier de Ruel, le créateur, avec Richelieu, du cadre roval de cette résidence historique, figure, bien qu'en dernière page, aux appointements les plus élevés qu'on y rencontre, appointements de 1.000 livres, supérieurs à ceux de Le Masle, supérieurs même à ceux de Citoys !
Les jardins de Ruel sont du reste représentés directement au Compte par l'Orangerie. En plus de l'Orangerie des Tuileries, située dans le coin nord-ouest du jardin où son |)ère l'a fait construire en IGO'i, le roi possède celle du Louvre, cette galerie donnant sur le quai, au-devant de sa chambre, et sur la terrasse de laquelle on expose les arbustes dans la belle saison ^ ; le Cardinal a voulu lui aussi avoir la sienne, à Ruel comme k Richelieu ',et les châssis que Pierre Pelle, le maitre-cartier de Paris, est venu faire à Ruel, en 1639, lui sont peut-être en partie destinés. L'édifice est situé à droite de la porte d'entrée principale, au premier plan sur la même ligne que les communs dont il est séparé par les parterres au milieu desquels s'élève le grand jet d'eau du Dragon ■''. Cette même année Richelieu a fait transporter des orangers de Paris k Ruel ; ils y sont arrivés sur des « chariots fort bas, sur lesquels à force de leviers, on a fait monter les caisses », " entre la my-mai et la my-octobre », l'époque pendant laquelle ils peuvent alTronter impunément le climat de l'Ile-de-France, Leur culture est le véritable chef-d'œuvre du jardinage d'alors, (au Louvre Nicolas Guérin reçoit SOI) livres par an pour leur donner des soins), et la composition des terres propres à les encaisser, est un véritable secret de métier, l'apanage des « Docteurs orangistes •> » ; les uns emploient « de vieilles terres d'égout, de vieilles jjoues sèches et consommées des
i. C" A. deCramail, Le chAleaii de ftiict cl ses Jardins, p. 0.