Audiger, La maison réglée, Paris, 1700, p
fi. Ibid., p. 121.
prince de Conti sera imprimé après sa mort, conmie un modèle, avec son Testament et ses ouvrag-es de morale '.
Grand seigneur comme il Tétait, Richelieu ne pouvait manquer ni k une mode qui était aussi une nécessité, ni à un usage dont la maison royale donnait l'exemple, encore moins pour une question qui Tintéressait tout particulièrement ; il lui a consacré, en ell'et, comme nous le verrons plus loin, tout un chapitre de son Testament politique, son œuvre maîtresse et de prédilection. A ses yeux, la maison était un véritable Etat : « Les familles particulières sont les vrais modèles des Etats et des Républiques, chacun tenant pour chose très certaine que celui qui ne peut ou ne veut régler sa maison n'est pas capable d'apporter un grand ordre à son Etat-. »
Son neveu, du Pont de Courlay. va-t-il séjourner en Provence comme général des galères, c'est lui-même qui règle le train de sa maison •'. et celui de sa nièce qui reste à Paris '■ ; plus tard, il en l'ait autant pour le jeune duc d'Enghien, le lils du prince de Condé, qui va entrer dans .sa famille par son mariage avec une autre de ses nièces. M""" de Brezé.
Le registre des Comptes de sa maison dont il était très fier et qui était préparé, comme toute son œuvre, pour passer à la postérité, puisqu'il était destiné au « Trésor de ses archives ' », ne pouvait donc avoir une autre introduction qu'un règlement. De plus, outre que cette pièce était certainement dans sa pensée, un document en quelque sorte historique, c'était à la fois pour lui un moyen de manifester à son aise ses idées personnelles, souvent nouvelles, comme nous le verrons, et aussi une occasion trop tentante de faire de la réglementation, pour qu'il la laissât échapper. Car Richelieu aimait avant tout à réglementer, et il l'a fait toute sa vie, avec cette passion de discipline rigoureuse qui domine tellement son œuvre politique qu'il serait puéril d'insister sur ce point.
Nous en citerons seulement quelques e.xemples typiques pris dans le domaine exclusivement personnel. Le roi lui conoède-t-il une compagnie de mousquetaires pour sa garde, en 1G34? Le Cardinal lui en soumet le
1. Mémoires de Moitseir/neur le Prince de Conli/. lauchaiU la coiidiiile de sa iiiai.tnii. Paris, 1667.
i. TeslamenI politique. Amsleidam, 16S8, cIi.ti). vu, p. 172.