‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 407 sur 464 · Vvenel, Lettres..., t. VI. p. 17:! el · texte numérisé non relu

Vvenel, Lettres..., t. VI. p. 17:! el

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)i. Histoire du inarcchal de Toir.i.". Paris, KlliO, t, I, p. loO. I). .\venel, Lettres..., 1. VI, p. 711'.) 7. GeiMiiain liapst, LHlniii, Paris, 1S88, p. I()l3 : l.'élain dans la cuisine.

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mites, chenets, seringues, écritoires, lampes, chandeliers... la liste est longue, on le voit, de tous le.s objets d'usage courant qui peuvent faire l'objet de ses parties ; celles-ci toutefois sont bien peu élevées : 68 livres 17 sols seulement pour une maison de cette importance, ce qui prouve que le garde-vaisselle ne mérite vraiment pas, tout au moins pour l'étain, son surnom de La Ruine. Comme d;ins toute maison bien ordonnée, les pièces portent les armoiries du Cardinal; Du Brùeil lui-même « ce frère cadet de l'orfèvre ' », les a gravées, comme les statuts de la communauté de juin 1613 l'y autorisent, ce qui lui vaut d'être appelé aussi « Tailleur d'armes sur étain » ; et c'est par-dessous, suivant la règle jour létain plané ou l'étain sonnant, qu'il les a marquées de sa devise accompagnée de ses initiales et de son nom, avec les deux poinçons déposés k la Chambre du Procureur du roi du Chcàtelet et à celle de la communauté.

Sur son ménioire sont portés également des ouvrages en fer-blanc, tels que des lanternes, des lampes, des râpes à sucre, ou encore de la vaisselle commune dite « vaisselle d'armée », plats, l)assins, assiettes, etc. ; ils ont été fabriqués, ceux-là, avec des feuilles de métal tirées de l'étranger dont la France est tributaire pour cet article, et le sera jusqu'à ce que Colbert y établisse les premiers manufacturiers, à Chcnesay en Franche-Comté, ou à Beaumont-la-Ferrière en Nivernois.

La batterie de cuisine a fait l'objet d'une dépense plus élevée, 476 livres 9 sols ; cela n'a rien de surprenant avec une table nombreuse et variée comme celle de la maison, ces déplacements continuels, et la précipitation avec laquelle les officiers de cuisine doivent en assurer le service rendu plus compliqué par les voyages. Quelle longue énumération doivent présenter les parties : chaudrons, chaudières, tourtières, fontaines, marmites, cuillères grandes ou petites, tamis, poêlons, jioêles à confitures, coquemars, poissonniers, ce fonds de l'arsenal de Laurens Ledoux et de ses deux confrères, tout cela sort de la boutique de JuUien Gervais, maître marchand du métier de chaudronnerie-batterie-dinanderie; Jullien Gervais, en eifel, ne fabrique pas lui-même; la vente offre plus d'importance au métier, comparée à la fabrication, et les statuts de sa Communauté qui n'ont pas été modifiés depuis leur approbation par lettres patentes de Charles IX en 1566, ne se préoccupent que de la vente et des arrivages, et de l'accaparement des corporations similaires, merciers, quincailliers, ferronniers et autres '-.

i. Le Roux de Lincy et Tisserand, Paris et ses historiens aux XIV'' et XV' siècles. Paris, 1867, p. 483.

2. R. de Lespinasse, Les métiers et corporations de la ville de Paris, Paris, 1897, t. II, p. 495.

Les FoniNissiaus i'tl

Le lingue de (ahle frappe par sa dépense considérahie comparée avec celle des autres articles : (1.113 livres, 10 sols île mareliaudises l'ouriiics à Paris par Laugcois et à Lyon par Mariiac, 600 livres payées, d'autre part, k Senesciial pour la tal)le des pa^'es seulement ; cela confirme ce que nous avons vu du souci de Richelieu pour la propreté de son intérieur, et spécialement de la table '.

Malgré la qualification de " marchand lingier " ipie lui donne le Compte, Laugeois, le fournisseur de linge, appartient à la sixième classe du corjjs de la mercerie qui vend de la toile, du. linge de table, ouvré et non ouvré, de la menue lingerie, futaines, basins, coutils et autres seml)lables espèces de marchandises ; en réalité, il n est pas « lingier », car cette sorte de négociants constitue une communauté spéciale, avec ses statuts et ses privilèges, qui nest composée que de maîtresses, et où les hommes ne peuvent être reçus. Une de ces dernières, certainement a fourni n les chemisettes des pages, valets de pied et autres », ces gilets de « frise » -, qui chilTrent au Compte pour 2tî7 livres, 12 sols ; c'est la nièce du Cardinal, la duchesse d'Aiguillon, qui s'occupe de ces questions toutes spéciales, réservées au goût et aux connaissances des femmes ; elle-même a choisi et fait la conmiande dans une de ces boutiques de conflance de la rue de la Lingerie, près des Halles, dont les fringantes « noguettes » chargées de piles de linge blanc qu'elles tnmsportent d'un rayon à l'autre, reçoivent au passage les œillades assassines d'un « mariolet » égaré •* ou des groupes de courtauds galants qui s'y coudoient aux heures de loisir avec les jeunes nobles de l'Académie de Benjamin, et les pages dédaigneux du Cardinal % qui tiennent fièrement et sans conteste le haut du pavé ■'' ; c'est elle encore qui y achètera l'année suivante le linge destiné au château de Ruel ''.

D'une boutique de maîtresse lingère aussi, sortent probablement ces fournitures de linge inscrites au Compte en deux séries, l'une de 1.782, l'autre de 1.8.^j2 livres : ces parties accompagnent, enelTet, deux mémoires importants de Ilourdaultle tailleur, de 1.(520 et 3.521 livres, et quoiqu'il

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