Gazette du 28 mai 1039, n" 64, p
3. Raymond Toinel. Poèmes hémïqui'S-épiqucs <lu XVII' s., Tulle. Ut07, t. II,
452 LA MAISCIN 1)1 CARIUNAL DE RlCHELltr
encadré par deux pelotons de Gardes à cheval, en tenue ordinaire de sortie, avec le pot et le corcelet, Tépée au clair, le mousqueton amorcé en travers de la selle, la mèche allumée entre les têtières ; dans les deux autres carrosses qui viennent après, se sont casés le docteur Lescot, l'abbé Didier l'aumônier, de Loynes, Gandin et Rossignol. Desbournais, Perdreau et Blouvn et quelques familiers, Tabbé Desrin et Bois-Robert, ainsi quEuzenat avec sa bougelte de pistoles ; ils précèdent le lourd fourgon chargés des coffres qui renferment les hardes personnelles et la vaisselle d'argent ; le cortège se termine par l'escadron joyeusement animé des pages à la tète desquels caracole lièrement leur gouverneur M. de La Porte, accompagné des trois maîtres, la musique également k cheval fermant la marche. Le reste de la Garde à cheval est partagé entre une avant et une arrière-garde commandée par de la Prugne ; quant à la Compagnie des Mousquetaires, une partie sert d'éclaireurs aux ordres d'Appelvoisin, l'autre a pris les devants avec Cavoys pour assurer la garde du logis du Cardinal en attendant l'arrivée du cortège ; c'est elle qui fera la haie de son carrosse à la porte, pour le recevoir à la (in de l'étape, le mousquet sur la fourquine, la mèche allumée et balle en bouche...
Le Cardinal a tracé lui-même son itinéraire et fixé les étapes; il les a étudiées et notées complaisamment ', car il aime les voyages, et toute sa vie, il ne fait qu'aller et venir - ; si l'activité physique est, chez lui, au niveau de l'activité intellectuelle, son état maladif est aussi pour beaucoup dans ce besoin continuel de déplacement " il ayme le changement non seulement des hommes et des choses, mais des places comme si la maladie qui l'afflige venoit pluslot des maisons que de luy -^ ».
Richelieu suit la route qu'il a déjà prise l'année précédente, dans son voyage à Saint-Quentin, qu'il n'avait point alors dépassé ; il ne reviendra à Ruel qu'au commencement de novembre. Sa première halte sérieuse est à Abbeville où il est parvenu le 30 mai à cinq heures de relevée, deux heures après le roi '', sans autres arrêts sur sa route que ceux fjui ont été strictement nécessaires; c'est dans cette ville qu'il fait son plus long séjour pendant ce voyage, jusc|u au 7 juillet suivant ; de là, il sur-
\. Avencl, Lettres..., t. IV. p. 4% ; t. VI, p. 190. 2. Guy l'iiliu, Lettres, édil. Rùveille-Parise, t. 1, p. 308.
li. Tres-hiimble, tres-verilahle et tres-imporlante liemonstrance au Roy (1631), in-4'>,