‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 418 sur 464 · Itinéraire du voyag^edu Cardinal en · texte numérisé non relu

Itinéraire du voyag^edu Cardinal en

Ruel, 25 mai: Pontoise, 26: Houdent, 27; Chaumont-on-Vexin, 2S : Saint-Maiiny. 29; Abbeville, 30 mai-7 juillet.

Pequiwny: Corbie, 11 juillet : PtTOune, ll-li juillet ; Ham, 14 juillet; Saint-Queutin, 15-18juillet; Guise, 18-20 Juillet; Marie; Rosoy, 22 juillet; Rethel, 2:^ juillet ; Mézières, 2a-29 juillet ; Donchery, 29-30 juillet ; Mouzon, 30 juillet-13 août.

Grandpré, 14 août; Sainte-Menehould, 14-l6août; Saint-Diziei-, 19 août ; .Toinville, 20 août; Vignori, 20-21 août; Chaumont-en-Bassicrny. 21-23 août; Langres, 23-29 août ; Chalencey, 29 août ; Is-sur-Tille. 30-31 août;Dijon, 31 août-3 septembre.

Gillé, 3-4 septembre; Beaune; Chalon-sur-Saône, 4-11 septembre; Tournus ; Màcon, 1.3-14 septembre; Thoissey ; Lyon, lo-19 septembre; Grenoble, 23 septetnbre-lO octobre.

Lyon. 14-24 octobre: Tarare, 26 octobre; Saint-Symphorien-de-Laye, 27 octobre.

Roanne, Briare, 1-2 novembre; Montargis ; Fontainebleau ; Juvisy ; Ruel, 8 novembre.

Dizier, Joinville, Vig:nori, un bour^ ruiné k quatre lieues au-dessous, Chaumont-en-Iîassigny, Langres, Glialençay, Is-sur-Tille, Dijon, Nuits, Beauno et Chalon-sur-Saône ; le roi fait en bateau le trajet de cette dernière ville à Màcon: le cardinal l'a précédé, partant un jour avant lui de Chalon. d"où il arrive à Lyon par Tournus, Mâcon et ïhoissey ; à Lyon, la halte est courte, car l'entrevue avec la duchesse de Savoie k Grenoble, le véritable but du voyage, est alors chose décidée.

A défaut de la (lazr/lr. la ("orrespondance du Cardinal suffirait k marquer l'itinéraire et les étapes, car Richelieu travaille en voyage comme dans ses résidences lixes de Paris ou de Ruel : ce n'est pas l'un des moindres sujets d'admiration que de suivre cette continuité persistante et régulière d'activité intellectuelle pendant cette longue randonnée de plus de 400 lieues, aux déplacements presque journaliers, avec létat de santé précaire que nous avons vu, et dans un ordre d'idées qui semble exiger la stalîilité de l'ambiance en même temps que la quiétude corporelle nécessaire aux moindres choses de l'esprit. Quelle dépense d'énergie physique et intellectuelle dans ce voyage de près d'une demi-année, pendant lequel son génie s'exerce sans répit sur tous les sujets avec une sûreté de vues qui descend aux plus petits détails ! Sans faire d'incursion dans le domaine historique jiroprement dit, feuilletons rapidement son courrier : la veille de son départ, le '2ï mai, ce sont des instructions à M. d'Avaux, ambassadeur en Allemagne, |)our la négociation d'un traité avec la Landgrave de Hesse : le lendemain, de Pontoise, des ordres k M. Mole, le procureur général, pour la répression des désordres de l'abbaye de Saint- Savin, et en même temps des conseils et des ordres à M. de la Meilleraye pour les opérations militaires, k M. de Schomberg pour l'envoi de fonds, le payement des monstres, les dispositions k prendre pour ses gardes, k ^L de Longueville pour l'armée d'Italie ; questions de politique intérieure concernant M'"'' de Chevreuse ; mémoire au s'' Mélian, ambassadeur en Suisse, sur l'affaire des Grisons, k M. Damontot sur le traité du land grave de Hesse ; lettres au sujet de la perte de la bataille de Thionville : à ce moment, plus qu'ailleurs, l'on sent la fièvre de l'homme d'action, dans ses recommandations k son cousin de la Meilleraye, de ne pas écrire de longues lettres, un billet seulement, ou un rapport verbal par un messa-

ger. D'Abbeville encore, des instructions à M. d'Alluvn en Roussillon, à M. dEspenan sur la frontière de Lorraine, à M. de Feuquières, pour le « conforter » et le consoler; au s'' de Cornillon, pour traiter des rançons avec Piccolomini; à M. de Praslin pour punir ceux qui n'ont pas fait leur devoir au siège de Thionville; à l'archevêque de Bordeaux, pour l'attaque de la tlotte des Indes qui arrive en Espagne ; ce sont encore des instructions détaillées pour les manœuvres d'artillerie et de génie an siège de Hesdin, mines, échelles, ponts, fossés, pour la police contre les déserteurs; une recommandation k M. Mole pour une affaire pendante entre le s'' Cottereau, gratifié de la justice de ^'illejuive, et un trésorier, le s'' de Courlaj, qui le trouble; un duel évité entre Canillac venu de Paris et M. de Vaillac alors à Hesdin, sur un rapport de sa nièce; les conseils à M""' de Savoie, des instructions à d Henierv ; l'examen des projets de l'archevêque de Bordeaux avec son envoyé, de Menillet, et au milieu de ces préoccupations politiques, la puissance d'abstraction nécessaire pour revoir et terminer un ouvrage de dévotion qui semble exiger l'isolement et le recueillement du cloitre ; De la Perfection du clirestien '.Toutes les nuits suivantes, de Ham, de Corbie, de Saint-Quentin, ce sont des instructions précises qui se succèdent, partant de tous les côtés, et pour les objets les plus divers ; il est le centre de tout ce qui pense, de tout ce qui vit en France; il résume toutes les activités et toutes les énergies; il est l'âme et la tête de ce grand corps dont il coordonne au mieux les mouvements désordonnés.

De Rethel et de Mézières, il rassure le comte de Soissons sur l'objet de son voyage"; de cette dernière ville, il dépêche le baron d'Oysonville à Brisac pour retenir au service de France les troupes du duc de Weymar, de concert avec le comte de Guébriant. Il serait trop longd'énumérer même succinctement cette volumineuse correspondance ; toutes les armées, toutes les affaires s'y retrouvent ; la défense de Metz, les progrès de Piccolomini, le combat de Mauquerques, les alfaires d'Italie et de Savoie, le rapprochement avec le duc de Lorraine, la tlotte espagnole de la Corogne, les affaire de Provence, la prise, la conservation et le ravitaillement de Turin, les questions de famille avec son neveu du Pont de Courlay. les atTaires financières, la taxe des aisés, et la rébellion des gabelles en Normandie, l'inaction du prince d'Orange, la trêve du Piémont, la mort du cardinal de La Valette, et l'attribution de ses bénéfices, les négociations avec

\. Paris. f646. Préface.

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