‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 424 sur 464 · Ihid · texte numérisé non relu

Ihid

3. Chap. vu: .Vtimônes ; ilnn'. ri |iciisiniis, i. Arch. nal. AU 2o'.i.

l.liS 1-l.NANCKS 46 ^

coiiséiiuence. peser 12G grains pour circuler à sa valeur nominale de lu livres, avec une tolérance de un demi-sol.

Ce jour-là. d'après les instructions de Tévêque d'Auxerre, Euzenat a l'ait sa caisse et séparé les espèces d'or ; il y a joint celles qui se trouvent, mais pour les besoins de la maison seulement, entre les mains des officiers de Son Eminence, écuyers de cuisine et d'office, maître d'hôtel, contrôleurs, hommes d'atl'aires ; toute cette monnaie d'or est pesée ; on a calculé sa valeur d'après le poids trouvé, au taux de l'édit, cest-à-dire à 1 sol 7 deniers par grain, et la différence avec sa valeur nominale a été passée en dépense au livre de caisse de l'argentier. Ledit du roi n'exagérait point lorsqu'il motivait cette mesure par le fait que « les espèces avant eu cours sans estre pesées, à cause de ce ont esté altérées et rongnées de telle sorte que la plus grande partie d'icelles et notamment celles d'or ne sont du poids des trois quarts ou de la moitié d'iceluy porté par notre édit de déclaration -. Le Conqjte nous en fournit la preuve ; les 887 pistoles et demie de la caisse d'Kuzenat qui représentaient 8.873 livres comme valeur nominale subissaient, en elfet, une dépréciation de 2.317 livres 13 sols, soit de plus de 26 pour cent ' ! FA il faut remarquer que la maison du Cardinal était pourtant une de celles dont les «< rogneurs » devaient se garer plus que de tout autre pour écouler leurs espèces allégées. Nous avons montré par ailleurs comment cette situation intolérable conduisit l'Etat à une refonte générale, et à la création du Louis d'or, un nouvel étalon qui lui permettait de réaliser des bénéfices considérables par l'augmentation de la valeur fiduciaire de l'or, tout en normalisant le cours des espèces. Cette opération de comptabilité d'Euzenat -, une simple passation d'écriture à profits et pertes, nous donne une idée de l'importance des fonds que l'argentier avait dans son coffre. Cette somme de 8.875 livres soumise à la dépréciation ne devait, en elfet, représenter qu'une fraction seulement de l'encaisse d'Euzenat ; en plus des pistoles, la monnaie plus spécialement visée par l'Édit, et qui lui a laissé son nom, (< le décry des pistoles légères * », il y avait aussi d'autres espèces d'or de plus faible valeur, telles que l'écu sol et l'écu couronne, et le

1 . i< On roigna si bien que les pistoles ne pesoient plus que six livres. " (Talleroant, //;.«/., t. I, p. 340.)

2. On retrouve une opération analogue dans les .. Comptes des Bastimens du Roy » pour l'année 1665, à l'article 214 ainsi conçu; .■ Au sieur Le Bègue, trésorier général des batimens du roy... à cause de la perte faicte sur la diminution des raonnoyes arrivée le 1" jan\'ier 1666 sur la somme de 105.000 livres qui estoient entre ses mains ...2.892 liv. t s. ■> (Gabriel Peignot, Documents authenliffues et détails curieux sur les dépenses de Louis A'/l', Paris, 1827, p. OH .

Page 1