Bassompierre, Mémoires, l. IV, p
462 LA MAISON Df IIARDINAI. DK RICHELIE€
vieil écu ainsi que l-îs espèces d'appoint en argent, nécessaires pour les paiements, demis et quarts d'écu, testons, francs et demi-francs d'argent. Si l'on considère de plus que la dépense totale courante du mois de novembre s'élève à 32.467 livres environ, et que les paiements se faisaient régulièrement à la fin de chaque mois, on peut en conclure avec toute vraisemblance i[u"Eu7.enat était en mesure de les elVectuer dès le 18 novembre, et que par conséquent, à cette d;ite, l'encaisse totale représentait à peu près quatre fois le montant des pisloles d'or inventoriées ; cette précaution devait rentrer dans les traditions de la maison pour la régularité des paiements.
Euzenat maniait des sommes considérables ; en 1639, comme le montre le total du Compte, il ne lui était pas passé par les mains moins de 494.476 livres 6 sols, près de un million de francs d'argent ; aussi, ne trouvera-t-on pas exagérée la somme de 600 livres qui lui est allouée et portée à la « Despence de dilférente nature » pour « la taxe des espèces d'or et d'argent qu'il a manié pour la despence de la maison de S. E. en 1639 » ; ce n'est plus ici une évaluation exacte comme celle qui a été motivée par la taxe du 18 novembre, et résultant dune opération mathématique rigoureuse : cette allocation est. en réalité, une indemnité forfaitaire pour des déficits de caisse indépendants de sa volonté et de la valeur de sa gestion. II est peu vraisemblable qu une partie de ces pertes provienne de la taxe sur les espèces d'or légères autres que les pistoles, les seules mentionnées au Compte, car cette taxe visait tout ce métal, sans distinction ; ce n'est point là leur véritable origine. Avant le 18 novembre, la caisse de la maison avait subi le conti-e-coup d'autres mesures financières que celle-là, sans parler des fluctuations continuelles inhérentes au chaos financier tiu temps.
Ledit des espèces d'or légères de cette date avait été motivé ', en effet, par un arrêt de la Cour des monnaies du 17 septembre précédent qui donnait cours forcé aux monnaies dans le commerce pour leur valeur légale et sans les peser; cette mesure avait dii toucher surtout les manieurs de fonds non spéculateurs tels qu'Euzenat. et ayant toujours d'ordinaire comme lui, une encaisse considérable, avec l'intense circulation des monnaies d'or et d'argent rognées et altérées qu'elle avait provoquée : Cornuel, qui en fut l'inspirateur, l'avait fait, disait-on du reste, uniquement pour écouler 6.000 pistoles légères. Dans les deux mois qui s'écoulèrent avant ledit de novembre, l'argentier dut éprouver, de ce chef, un déficit