‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 91 sur 464 · I.K CARINET : LES SKCRÉ TAIHES · texte numérisé non relu

I.K CARINET : LES SKCRÉ TAIHES

de qualité particulière tel que l'ont décrit Claude Fleury ' et Audiger •'. Leur bairaire de connaissances est limité aux traités de Beauchesne ■' ou de Legangneur ' et aux formulaires d'épîtres dont le tvpe classique du temps est représenté par les manuels de Jacob •' et de La Serre ''. C'est assez pour le Cardinal qu'ils possèdent « les règles de Ijien peindre et bien former les caractères, et de bien dicter les lettres, l'art de faire des harangues, et autres discours oratoires, aussi bien que la connaissance du stile propre à composer les lettres \.. » A son école, ils deviendront de bons épistoiiers, sans atteindre cependant au raffinement, ces délices des Précieuses qui déclarent que <> ne point escrire, c'est faire l'amour en chambrières * >> ; mais là se bornera leur science : « Le bien le plus excellent, bien plus noble, et qui est comme l'accomplissement et le couronnement de toutes les autres connaissances, sçavoir l'art de composer les discours et les traités Politiques dont l'on a besoin dans les diverses occasions qui se présentent à ceux qui manient les affaires d'Estat, et dont le soin pour l'ordinaire leur est commis ^ », celui-là n'est point de leur domaine ; lorsqu'il lui faudra des secrétaires de cet ordre, dont il se défie pour les affaires, Richelieu s'adressera hors de sa maison ; il n'aura, pour

1. Claude Fleury, Les devoirs îles matlres et des domestiques, p. 209. << Il faut, de même que l'Intendant, qu'il soit bon Praticien et versé dans le Palais ; et au surplus, homme de probité, incorruptible, discret et prudent, attendu la déposition du secret dont le Seigneur luy fait confidence. 11 doit avec cela sçavoir bien écrire, orlographer, chiffrer et déchiffrer toutes sortes de lettres et caractères, dont on se sert dans les lettres pour tenir les négociations des affaires de conséquence, secrettes, et hors de la connoissance du vulgaire. 11 est encore de son ministère de sçavoir bien faire et dresser toutes sortes de comptes suivant les choses qui lui sont commises ; ainsi que de donner le bon tour à une lettre sur peu de mots qu'on luy aura dit, ou pour faire réponse à quelque autre, en quoy il doit esire juste et sincère, sans y rien ajouter ny diminuer fpii puisse en altérer le sens, ny paroistre changer en rien la volonté du Seigneur. Enfin, il faut qu'il soit vigilant, prompt et actif à faire les expéditions qui luy sont ordonnées, aBn que personne ne languisse après, et que le Seigneur soit toujours content de ses services et de son application. »

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