‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 90 sur 464 · Avonel, Lettres..., t. III, p · texte numérisé non relu

Avonel, Lettres..., t. III, p

5. Robert Lavollée, Rapports et notices sur l'éd. des Mémoires du Cardinal de Richelieu, Paris, l'JOo, t. 1, p. 40.

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100 LA MAISON DU CARIiINAI, DE RICIIELIEI"

<« chambre et entretien en son hostel ' » ; Hay du Chastelet, moins « apprentif » que celui-ci dans la polémique de libelles, ce qui lui vaut d'être qualifié par le pamphlétaire d' « écrivain ou secrétaire du Cabinet- » de Richelieu; de Sirmond •^ connu parla » Lettre déchiffrée », le « Coup d'Estat )), et le « Catholique d'Estat »; de Silhon par le « Ministre d'Estat » ; de Priezac par les « Vindicia' Gallica» » à l'encre encore fraîche, et tant d'autres, les Bourzeys, les Machon, les Dupuy et les Scipion Dupleix, sans compter la pléiade d'écrivains qui n'ont pas abordé les sujets politiques.

Son cabinet proprement dit est tout autre, et l'on constate vite que son niveau est loin d'approcher, au point de vue littéraire, de la valeur moyenne des personnages que nous venons de citer. Comme écrivain, et comme politique, Richelieu se suffit à lui-même; ses secrétaires domestiques ne sont pas et à beaucoup près des collaborateurs ; ce sont seulement de bonshommes d'affaires privées, ou de bons scribes, des transcripteurs, comme il le dit lui-même. Que du vivant de leur maître, aucun d'eux n'ait eu la velléité de se signaler par une production quelconque ou littéraire ou scientifique, rien de plus naturel ; il y a pour cela de trop fortes raisons : leurs occupations professionnelles, tout d'abord, qui les absorbent, sans parler du caractère ombrageux et susceptible du Cardinal, et aussi leur situation pécuniaire qui les dispense de l'obligation de recourir aux Lettres par spéculation, comme la généralité de leurs confrères ; mais après sa mort qui leur assure l'indépendance, aucun d'eux sinspirant de l'exemple de Campanella, un des protégés illustres de leur maître '', ne prendra plus la plume, ni par simple jeu d'esprit, ni pour la défense d'une cause quelconque : une exception seule se produira, et encore dans des circonstances toutes particulières, et de la part d'un personnage qui n'aura fait que traverser la maison. Aucun d'eux ne peut servir d'exemple pour montrer que leur office, « soit par l'étendue de sa dignité, soit pour la variété des affaires et des personnes qu'il a pour objet, est très-excellent et tres-relevé ». Leur rôle dans la maison de Richelieu se borne à peu de chose près, à celui du secrétaire d'une maison

1. Charitable remonslrance de Calon clireslien, 1031, in-4", p. 103. ■Z. Ibid., p. 128 et 129.

3. René Kerviler, La presse politique sous niclielieu et l'Acad(^rnicieii Jean de Sirmond, Paris, 1870.

4. Tliomas (^ampanell.i, •< Dr leinpore et occasione scribendi libros in senectule, et post adeptain librrtatem. » iJe libris propriis et recta ralione sludendi sijnlagma. Paris, 1642, p. 29.

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