Voy. MM
2. Raynaldi, IV, 1308, n»» 4 (p. 439). Voy. J 416, n» 14. Voyez sur ks résistances du pape aux exactions et aux cruautés des officiers royaux, et en général sur les procédures intentées aux Templiers, les documents publiés dans le livre de Guillaume le Maire (Documents inédits, Mélanges historiques, t. II, 1877, in4o). Ces lettres, du 12 août 1308, furent vidimées par un grand nombre d'évéques de France.
3. C'est en 1311 qu'il écrivit au pape pour lui demander de donner les biens du Temple à un autre ordre analogue. J 413, no 12.
4. J 417. MM 7, 11, 13, etc. Confirmations par Jean XXII, le 14 mars^ 1318; Innocent VI, le 18 janvier 1352, etc. (Bullaire du xv« siècle, MM 13.)
les Hospitaliers, et spécialement avec le grand prieur de France, ceuvres d*une avidité sans scrupule *.
La première est du 21 mars 1313 : le roi exigea de l'Hôpital, avant de lui faire délivrer les biens du Temple, le payement d*une somme de iOO 000 livres tournois, sous prétexte que les comptes de son trésor do Temple * n'avaient pas été réglés au moment de la conûscation des biens des Templiers. Or il avait, dès le premier jour, repris tout ce qui s'y trouvùl, et de plus rOrdre était encore son créancier pour 300 000 livres qu'il loi avait empruntées pour la dot de sa sœur. La somme réclamée devait être payée en trois ans ; et, ce moyennant, le décret de délivrance des biens fut signé le 28 mars '. Philippe le Bel étant venu à mourir avant la libération de ce contrat, son fils Louis X le Hutin se saisit de l'affaire pour y chercher lui aussi son proGt. Il réclama 60 000 livres, sous couleur de couvrir les frais du procès des Templiers, bien que ces frais eussent déjà été prélevés sur les revenus de TOrdre.
Puis, une seconde convention fut rédigée par les Hospitaliers, le 14 février 1316 ^ : ils déclaraient abandonner tout ce qui avait été « reçu et levé en quelque manière que ce soit p€Lr les gens du roi Philippe ou par ceux du roi Louis » sur les biens du Temple depuis leur confiscation ; la totalité des dettes dont le feu roi, la reine Jeanne, les princes et leurs devanciers pouvaient encore être tenus envers le trésor de TOrdre ; les deux tiers de celles contractées par les particuliers y compris celles qui auraient été libérées depuis la chute des Templiers et que l'Hôpital serait alors contraint de rembourser au roi ; les deux tiers des revenus restant dus au Temple par les ofGciers administrateurs de ses biens; les deux tiers de tous les arrérages des fermes; les
1. Voy. Félibien, Hùt. de Paris, Preuves, I, 320, et J 368, pièces originales, dont une lettre du grand maître « super solutionem debitorum Hospitalis » en 1326.
2. Nous examinerons Thistoire du trésor royal déposé au Temple dans un chapitre ultérieur.
3. Olim (X>«), édit. Beugnot, II, 580 (DocumenU inédlU). Voy. aussi les lettres de donation à l'Hôpital, avec divers ordres aux officiers, dea arrêts du Parlement, etc., dans MM 3, M 6, etc. ; le procès-verbal de dèUvrance (MM 3): un rappel de son arrêt par le Parlement en 1464 (MM 7, et Félibien, Preuves, I, 319), etc.
4. Voy. J 368. « Compositio inler regem et Hospitularios •, et K 39, n« 9. Vidimus de 1317, et arrêt du Parlement du 11 octobre 1316.
deux tiers enfin de tous les meubles des maisons de TOrdre, sauf la faculté de rachat au prix estimé par des prudhommes, choisis tant par les ofQciers du Roi que par ceux de THôpital.
Lorsque Philippe V monta sur le trône, une 3' composition fut encore conclue le 6 mars 1617. Le grand prieur de France, Simon Le Rat, déclarait l'avoir demandée au roi pour arrêter <c moult disputes qui sourdoient entre les gens du roy et ceux de THÔspital. » Il rappelait toutes les concessions et promesses précédentes, et y ajoutait Tabandon complet de ses droits sur les comptes des curateurs des biens; Tabandon complet de toutes les dettes non encore acquittées au Temple; celui de tous les meubles « injustement enlevés » aux maisons qui revenaient à l'Hôpital, et de même en général pour les biens détournés par les officiers royaux, En somme, il donnait acquit au Roi de tout ce qui avait été distrait, d*une façon ou d'une autre, de la succession assurée à l'Ordre par le concile de 1311, et s'engageait encore à payer 50000 livres en trois ans. Moyennant quoi, le roi déclara en propres termes « délaisser... tout ce que demander pourrait pour lesdites compositions », et garantit hautement pour jamais les droits de l'Hôpital. Le dernier acte, d'où résulte la mise en possession définitive, est daté du 5 mai 1317, et le 7 le Parlement l'enregistra en donnant des ordres pour son exécution ^
Cette fois^ l'affaire était bien terminée, et les nouveaux maîtres du Temple ne furent plus inquiétés. Pourtant Charles lY, le Bel, parut regretter cette source de revenus dont avaient joui ses prédécesseurs; en 1325, il demanda à TOrdre une rente viagère de 1200 petits tournois pour lui et la reine.
On ne saurait nier, malgré tout, que Tordre de l'Hôpital n'ait été singulièrement favorisé en recueillant la succession de son rival. Ses possessions territoriales se trouvaient tout d'un coup presque triplées, car le Temple avait, au moins dans le grand prieuré de France, comme nous l'avons vu, deux fois plus de maisons ou commanderies que l'Hôpital. Mais dans quel état misérable celui-ci reçut-il ses nouvelles propriétés! Les bâtiments conventuels étaient vides et démeublés, les chapelles dépouillées et fermées au culte, les outils et instruments nécessaires à l'ex-