‹ La maison du temple de Paris, histoire et description: histoire et description, avec deux planchesChapitre 139 sur 184 · Hislor, de France, t. XXII, p · texte numérisé non relu

Hislor, de France, t. XXII, p

7. Sauf un jour, le dimanche 28 janvier, où le r9K(àtàSftliit»D6Dif,tUdis que la reine restait au Temple (p. 531}»

En 13()0, Philippe le Bel se trouvait encore au Temple, peutêtre à «Icssein, pendant la fameuse émeute que souleva contre lui un de CCS changements suhLts du titre des monnaies dont il avait pris l'habitude *. Le peuple, poussé à bout, se porta d'abord aux deux maisons d'Etienne Barbette, prévôt de Paris, qu'il pilla et saccagea odieusement; puis il entoura le Temple, où il savait le roi installé avec ses frères, ses conseillers et ses barons, avec ses serviteurs et ses gardes, toute sa maison en un mot, et, ne pouvant réussir à en forcer les portes, il en fit un véritable blocus, interceplant surto'ut les viandes qu'on y apportait (il n'y avait pas de boucherie dans TEnclos). Le roi réussit, au bout de quelques jours, à apaiser par des promesses l'émotion populaire, mais il fil faire une instruction et pendre aux portes de la ville 28 des révoltés les plus signalés.

1. Voy. Uistor. de France, l. XXI : Mémorial, hist. Joli, a Sancto Viclore p. 04", et Coiitin. chron. Girardi de Frachelo, p. 21. Nous citerons le rëoit curieux de la chronique de Saint-Denis, éd. P. Paris, 1837. t. V, p. 111 {Philippe le Bel, chap. lxi) ; « Cornent le commun de Paris s'esmul. — Et adecerlcs en cest an meisme à Paris, pour les louages des maisons des bourgeois de Paris qui vouloient prendre du peuple bonne nionuoie et forte qui alors estoit appelée, grant dissencion et dcscort mut et esleva. Et lors s*esmurent pluseurs du menu peuple (si comme, espoir, foulons et tisserans, taverniers et pluseurs autres ouvriers d'autres mcstiers); et firent aliance ensemble et alèrent et coururent sus un bourgois de Paris appelé Estieune Barbelé, duquel conseil, si comme il estoit dit, les louages desditi's maisons estoient pris à la bonne et forte monnoie, pour laquelle chose le peuple estoit esmeu et grevé. Et lors le premier jeudi devant la Tiphaine envaïrent et assaillirent un manoir du devant dit bourgois Estienne qui estoit nommé la Courtille Barbete, et, par feu mis, le dégastèrent et deslruirent; et les arbres du jardin du tout en tout corrompirent, froissièrent et dcbrisièrent. Et après, eux départans, à tout grant multitude d*alans à fusts et à basions, revindrent en la rue Saint-Martin et rompirent Tostel du devant dit bourgois, et entrèrent ens efTorciement et tantost les tonniaux de vin qui au celier estoient froissièrent, et le vin espandirent par places : et aucuns d'eux dMcelui vin tant burent qu'ils furent enyvrés. Kt après ce, les biens meubles de ladite maison, c'cbt asavoir coûtes, coissins, coffres, huches et autres biens, froissièrent et débrisans par la rue en la boue les espandirent, et aux coutiaux ouvrirent les coûtes et les orilliers traiant contre le vent despitement gelèrent, et la maison en aucuns lieux descouvrirent, et moult d'autres dommages y firent. Et ice fait, d'ilec se partirent et retournèrent traiant vers le Temple, au manoir des Templiers, où le roy de France estoit lord avec aucuns de ses barons, et ilec le roy assistrent, si que nul n'osoit seurement entrer ne issir hors du Temple; et les viandes que Ton aportoit pour le roy gelèrent en la boue, laquelle chose leur tourna au derrenicr à honte et à dommage et à deslruiment de corps. »

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â42 LA MAISON DU TEMPLE

Quelques historiens ont donné à ce séjour du roi au Temple une importance exagérée; ils ont cru le fait unique et y ont cherché une des causes de la ruine qui accabla les Templiers l'année suivante. On a supposé que, comme Louis XIV à Vaux, Philippe le Bel aurait été ébloui en voyant de près les richesses de leur Ordre; ou bien qu'il aurait pris ombrage de leur puissance et conservé rancune de la protection qu il aurait été, en cette occasion, forcé de leur demander. Ce sont là des hypothèses que rien ne justifie, puisque ces visites royales étaient une habitude eourante; et Philippe IV, à coup sûr, savait de longue main à quoi son tenir sur les Templiers, dont il avait déjà résolu la perte.

Une dernière allusion est faite à une visite du roi de France au Temple dans un récit de Beileforest \ répété plus tard par Dubreul *. D'après ces auteurs, Philippe la Bel, le jour même de Tarrestation des Templiers, se serait installé dans TEnclos pour surveiller lui-même la saisie et Tinventairc des biens; et il y aurait fait en même temps apporter « ses trésors et Chartres )>, « ses lettres, pancartes, registres et autres trésors et archives du royaume ». Il faut peut-être entendre par là la chancellerie, comme à l'ordinaire. Mais nous n'avons aucun moyen de contrôler cette curieuse assertion, qui n'a pas laissé d'autres traces.

On remarquera que les textes que nous avons cités jusqu'ici ne s'appliquent (|u*à Philippe III et à Philippe IV. Cependant saint Louis possédait-il déjà une résidence au Temple en 1254, lorsque Henri III d'Angleterre vint lui rendre visite à Paris? Les circonstances de cette visite sont bien connues. Le roi de France, d'après le récit de Mathieu' de Paris ', offrit au roi d'Angleterre

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