‹ La maison du temple de Paris, histoire et description: histoire et description, avec deux planchesChapitre 155 sur 184 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Après avoir examiné les relations que l'ordre du Temple a eues à Paris, dans diverses conditions spéciales, avec les rois de France, l'Ëlat, ou même les simples particuliers, il nous reste à donner quelques détails relatifs aux habitants, hôtes et locataires qu'on rencontre sur son domaine, principalement dans les derniers siècles. Les papiers de TOrdre fournissent ici, en dépit de certaines lacunes, une masse considérable de documents. On sait combien la censive était étendue ; longtemps abandonnée, en majeure partie, au commerce et à Tindustrie, elle se couvrit dès le xvi« siècle de nombreux et riches hôtels qui tous, malgré les restrictions si importantes que TÉtat apporta successivement aux droits juridiques et domaniaux de TOrdre, demeurèrent jusqu'au bout ses tenanciers. L'Enclos seul ne subit jamais aucune atteinte : c'est là proprement la Maison d\x Temple. Aussi bornerons-nous Tétude qui fait Tobjet de ce chapitre aux seuls habitants de l'Enclos ^ Mais en même temps nous donnerons tous les renseignements que nous avons pu découvrir sur les constructions qu'ils élevèrent, et achèverons ainsi la monographie archéologique du Temple que nous avons commencée plus haut avec la description des bâtiments conventuels, de la tour et de

1. Toutefois, le dépouillement des pièces originales relatiTes aux maisons et aux rues de la censive nous ont fourni de trop curieux renseignements pour que nous voulions les négliger tout à fait. Nous avons donc groupé, comme nous l'avons dit plus haut, ce qui nous a paru le plus précieux à garder, dans on appendice qui n'est autre chose qu'une con' tribution à l'histoire et à la topographie de ce quartier de Paris.

Téglise. Nous ne pouvions guère séparer les habitants des logements qui furent affectés à leur usage, sans être exposé à d*iQQ« tiles répétitions.

Avant le xvii« siècle, nous Tavons dit, TEnclos du Temple ne contenait guère que les bâtiments religieux et leurs dépendances, puis quelques légères constructions éparpillées le long des murs ou au milieu des terres cultivées, boutiques, baraques, granges et greniers, qui ne rapportaient que peu de chose à la Maison *. Les locations ou les baux inscrits dans les livres de compte furent longtemps une exception *.

Pourtant il s'était déjà formé à cette époque, autour du couvent même, une certaine société de frères et de dignitaires de rOrdre, étrangers à la communauté des religieux ', mais que leur charge ou une affaire avaient attirés auprès du grand prieur. On en peut constater la présence constante au Temple dès le xv* et le xvp siècle. Ils devaient être logés gratuitement dans les dépendances du couvent, car aucune mention n'est faite de leur séjour dans les comptes de recettes et dépenses, et c'est seulement dans les registres des chapitres provinciaux que Ton peut rencontrer quelques noms. On voit par exemple en 1412 les commandeurs de Lagny-le-Sec et de Beauvoir-en-Gàtinais, le prieur de Corbeil *, le c' dlvry « âgé et malade ' ». En 1478, fr. Josse de la Porte, curé de Villedieu et futur prieur curé du Temple •. En 1516, les commandeurs de Fiefles et de Villedieu ^, etc.

1. Citons parmi, en 1423, « Concession d'une place où il y avait une grange hors d'usage, à P. Bridault, épicier, à moins que le grand prieur ne la veuille faire refaire » (MM 32, r> 224). — En 1458, - rhôtel de la Charpenterie », un simple atelier sans doute (MM 136), qui, eu 1516, est concédé à un laboureur-jardinier. 11 était « du cété du Colombier, sur les murailles » (rue du Temple) (MM 35, fo 206).

2. Ainsi, en 1458, « un marchand et bourgeois de Paris, Nicolas Potier, tenant à louage le grand palais de céans (Pancien réfectoire des Templiers? Cf. le récit de Mathieu de Paris), pour 6 écus » (MM 136). — En 1473, un bail de 12 ans, passé pour maisons et jardins par Jehan des Murgniers et Liénard de Laval (MM 145).

3. On sait d'ailleurs que les grands prieurs de Champagne et d'Aquitaine, de la Langue de France comme le grand prieur de Paris, avaient chacun, au Temple, leur hôtel et leur chapelle.

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