Ainsi en 1414 (MM
2(k> LA MAISON DU TEMPLE
1507. £n lOâl^ Jean Arquier, sieur du Perron, signait pour cette même maison un bail de 150 lÎTres *•
Lorsque TOrdre se résolut à fsdre nne spéadatioii des terrains Tides auxquels il n^avait demandé jusque-là que les fruits d% la terre, il y eut un empressement général, même parmi les commandeurs de rOrdre, pour en proOter et se ménager dans l'Enclos une demeure qu'ils poarraient habiter ou sous-louer à leur guise.
C'est dans les premières années du xvii* siècle, et peut-être sous rimpulsion générale donnée par Henri IV, grand embellisseur de Paris, que l'on peut constater cette éclosion de constructions qui dut changer si notablement l'aspect de l'Elnclos.
Notons, parmi les particuliers qui vinrent s'y établir, un sieor d'Argué ville, occupant en 1637 « une maison neuve sur la place*»*
En 16G4 ^, le sculpteur Faron a deux maisons; le sieur de Launay habite près de la « petite tour ». Puis on voit le marquis de Nou ville; la baronne d'Amenoux; M. de Saint>Mars, médecin, « contre le jardin et la grande porto de Thôtel prieural » (l'ancien hôtel); le sieur Dohin, procureur au Parlement; Mme de la Martinière, « une maison avec une grande écurie qoi contient 8 arcs portez sur 7 pilliers voûtez en ogive, le tout de pierre de taille », etc.
Parmi les membres de TOrdre, les trois d'Escluseaux : le commandeur, l'agent général et le trésorier. Le premier est signalé, en 1633, ^ comme un de ceux qui entreprennent de grands travaux de construction. Le commandeur de Machault, «maison joignant (la chapelle) Notre-Dame de Lorette »; le commandeur de Saint-Ouen, « au bout du cloître » ; le commandeur de Culant, « contre le dortoir des religieux » ; les commandeurs de Bellebrune, de Bérieux, d'Olbène; les chevaliers dlvry, de Monceaux, de Boissy ; le chevalier de Tessancourt : « maison joignant la petite tour ».
Tous ces personnages n'habitaient que rarement les maisons inscrites sous leur nom ; ils en sous-louaient les différents appartements.
Un des premiers grands seigneurs que l'on voie s'établir au Temple est le comte Roger de Bussy-Rabutin, qui y resta longtemps, attiré sans doute par son oncle, le grand prieur. Une de ses fllles, devenue plus tard religieuse, y naquit en 1653. Un autre de ses enfants y fut tenu sur les fonts baptismaux par Fouquet *.
La visite de 1664 mentionne plusieurs autres noms qu'on peut relever : pour s'assurer que le bon ordre règne dans TEnclos, les visiteurs appellent en témoignage quelques-uns des locataires les plas marquants, entre autres : « Haut et puissant seigneur, M'' Nicolas d*Aunet, grand fauconnier de France, comte des Maretz, baron de Boursault, de Trelon, etc., conseiller du roy^ gouverneur de Beauvaisis; M* Anthoine Tambonneau, chevalier, marquis de Yignois, maréchal de camp, capitaine et lieutenant de la compagnie coronelle de France, lieutenant général des armées; M. Louis de Lattaignant ou de Lattignan, conseiller au Parlement; Pitoiset, sieur d'Auptevé », etc.
A dater de cette époque, la mode paraît vraiment se porter au Temple : les terrains encore vides de TEnclos se couvrent d'habitations avec jardins, et les Parisiens vont s'y retirer comme dans une sorte de campagne. — « C'est de la fausse campagne! » disait pourtant Mme de Sévigné ', qui ne pouvait se consoler d'avoir vu son amie Mme de Coulanges y contracter un bail de trente-cinq ans ^ et y offrir un appartement à son frère, Tabbé de Coulanges; la marquise, qui habitait alors le faubourg Saint- Grermain, trouvait la distance trop grande; il faut l'entendre exhaler sa mauvaise humeur; elle hait « ce Temple égaré, séparé, mal placé »... <c Enfin mon intérêt me rend si injuste, écrit-elle à l'abbé de Coulanges, que je hais la belle vue et cette campagne toujours étalée, qui conte tous les secrets et tous les charmes du printemps, comme toutes les horreurs de l'hiver ;
1. Barillet. Oo sait que Bussy-Rabutin donna à Mme de Sévigné, sa coufline, une petite fête dans les jardins de son oncle, au Temple, au moment de partir pour l'armée, en 1653. — La marquise en parle dans une lettre à la marquise d'Uxelles (n® 22, éd. des Grands Écrivains de la France, t. I). — Cf. Mémoires de Bussy, t. II, p. 444.
2. Lellre à l'abbé de Coulanges, 1690. — Éd. des Grands Écrivains de la France, n^ 1307 (t. IX).