Cf. Halin, Bibliographie de la Presse, 1866, p
2. S 5563 et 5373 (visite de 1756). 11 est fait allusion aux foires du Temple dès répoque des Templiers. Des lettres, que nous avons citées au chap. de la Justice de la Maison, du commandeur de Malay en 1284 (lettres vidimées en 1320 par le prévôt de Paris), con Armant et expliquant les libertés des censitaires de la Maison, font allusion aux marchés et transactions des marchands forains, et accordent la permission de vendre et acheter
- en gros et en détail sans payer aucune coutume.
4. Ainsi un Calendrier des loisirs ou les amusetnenls économiques de Paris et des environs^ 1776 (publ. pour la première fois en 1883. Bull, de la Soc, de l'histoire de Paris, p. 130).
fréquentée pour la quantité des marchandises qui y sont exposées en vente, et principalement pour celle des manchons ».
Aux attraits de la fête religieuse et du mouvement de la foire, on finit par ajouter ceux de divers amusements populaires, entre autres les représentations des célèbres Nicolet et Audînot; mais ils furent en général supprimés en 1775, et la foire seule subsista jusqu*à la Révolution ^
On rattache généralement à cette foire un usage burlesque fort ancien qui aurait donné naissance à ce dicton populaire, abrégé depuis : « Va-t'en au Temple quérir des nèfles •. » Voici comment le raconte gravement le Calendrier des loisirs de 1776 : « Il était anciennement d*usage que, lorsqu'on trouvait dans Paris quelque nouveau débarqué, on lui faisait accroire que ce jour-là les nèfles se donnaient gratis à la foire du Temple. On renvoyait en chercher, et on l'adressait toujours à des boutiques de pâtissiers où gratuitement on lui donnait du noir de fumée sur toute la physionomie; mais le bailliage du prieuré, par de sages règlements, a réprimé cette licence, qui n'eût même jamais dû être tolérée. »
Outre la foire annuelle, il y avait toutes les semaines au Temple un marché très fréquenté, où venaient vendre tous les paysans des environs. On l'avait d'abord installé en dehors de l'Enclos, le long des murs *, et fermé par une enceinte de bornes, comme la foire; mais il finit par pénétrer dans l'Enclos même. Les boutiques devaient être enlevées aussitôt le marché clos.
Pas plus que la foire, les marchés ne constituaient un profit pécuniaire pour l'Ordre. Celui-ci n'exigeait une redevance que •de quelques boutiques établies par lui à demeure le long des murs, au dehors et à l'entrée de l'Enclos, mais seulement au dernier siècle ; elles jouissaient des mêmes privilèges de franchise que les boutiques dans l'Enclos. Nul, au reste, ne pouvait rien construire le long des murs, comme on le voit dans un acte du grand prieur daté de 1608 ; ayant vendu les places et jardins de la Couture du Temple qui touchaient immédiatement à l'Enclos, il stipule entre autres choses qu'il pourra lui-même faire bâtir les boutiques qu'il voudra sur la rue de la Corderie, sans que