‹ La maison du temple de Paris, histoire et description: histoire et description, avec deux planchesChapitre 178 sur 184 · S 5544; MM 128; S · texte numérisé non relu

S 5544; MM 128; S

« Andriu Mallet, Andri Maleit. »

Au xiir siècle on y voyait une « Confrérie des croisés ou de la croisade » dont la fête « se célébrait tous les ans au Temple ». (S 5544.)

C'est la rue du Coq, dont elle ne prit le nom qu'après quelques siècles. (Voy. ce nom.)

Rue d'Angoulême.

Marais hors la ville. Percée en 1783. — S 5085.

Rue d'Angoumois ou duurlot.

[Rue de Berry. — Bouleyard da Temple.]

Titres orig. S 5081 — Div. S 5544, 5562, 5629, 5632, 5636.

1610.... Marais à côté de TEnclos. Percée par Henri IV.

1752 : 26 locations (S 5629). — Le marquis du Terail (S 5632). — le marquis de Chambray (S 5636). — Truitié de Vaucresson, maréchal général des logis de la cavalerie de France (ibid.).

Rue d'Anjou.

[Rue du Grand-Chantier. — Rues d'Orléans et de Berry.]

Titres orig, S 5064. — Div. S 5629, 5562, 5632, 5636.

1610... Marais; percée par Henri IV.

1733 : 10 locations; 1754 : 13. — Les marquis de la Lande et de Blignj (S 5632). — L. Fr. marquis de Sabran, des comtes de Forcalquier, brigadier des armées du roi, chevalier de S.-Louis (S 5636). — « L. Eust. Fr., comte du Deffand, ancien capitaine de cavalerie, sieur du Tremblay, etc. » — « Suz. Fr. de Creil, duchesse de Beauvilliers, dame d*honneur de Mme Adélaïde, douairière de G. Fr. de Beauvilliers, pair de France » (Ibid,, 1779-1789).

Rue des Balets.

Voy. rue du Roi-de-Sicile.

Rue Barbette.

[Rue Vieille-du-Temple. — Rue des Francs-Bourgeois. —

Rue des Trois-Pavillons.]

Titres orig, S 5072, 5073, etpassim.

Depuis 1234.

C'est une des rues pour lesquelles on a le plus de pièces et de mentions. — Il y avait deux rues de ce nom de Barbette. L'une, dite plui tard Vieille, ou Grande, est une partie de la rue Vieille-du-Temple actuelle, commençant à la courtUle Barbette, faubourg de la ville, et finissant à la porte ou poterne Barbette de Tenceinte de Philippe- Auguste. L*autre rue, dite Neuve, ou simplement Barbette, était perpendiculaire à la précédente et aboutissait à la rue des Trois-Pavillons; elle était donc fort courte. On verra plus loin à quelle occa^ «ion elle fut percée et pourquoi Tancienne rue se trouva fondue •dans la rue Vieille-du-Temple.

La rue Barbette devait son nom — et c'est une rabon semblable •qui a fixé le nom de la plupart de ces rues des xii" et xiii" siècles — à ce fait que Vhôtel d'Etienne Barbette s'y trouvait [1234 (S 5072, poterne Estienne Barbette), 1252-54 (MM 128, registre de cens et

3iî LA MAI505 ftC TEÏPLE

rimtiM H ^epfiLV. — Barbetti*. «Toaune aa«iL fîxt maître de U moanaie «U( Philippe le Bel. et ent <»a «rette «{iialltè à subir Les colères du peuple «p'exaapéraieiit tes noa^eiles altératuKis ordi^anées par Le roi. Sa maMoa fut complètement pillée et ruinée, ainsi ^'one antre qn'fl xvjkit ail faabonrsr. — Barbette «^tait en mi^me tempt» totct de La Tille. — L*en.iemble -le l'htUei •!ompreQait deax bâtiment», qne l'on tronre désignée «>as le nom de grand et de petit hùtel = I M4, i t^. 5 3344. offTt. Lé nom ori^rinaire resU attaché à l'édifice, même après rextioction de Ja paissante famille qni rayait fait bâtir. — Cest Jean de Xoatagv, soQverain maître dliikel da roi et niiame de Laonnois, qui le possédait lorsfpi il fat Tendu, en ItOt), à Isabeaa de Barière (Cf. SanTal . D prit alors qnelqnefois le nom d'hôtel de la Reine. C'est peu de temps aprè^. en iW^, qoe le due d'Orléans fat assassiné an sortir cTone Tinte prolongée josqn'à H h. da soir, qa'il avait faite à la reine (Cf. Bonamy. Mémoires de r.\ead. des Inscriptions, aT. plan, SI. p. 313). — En I m3. on troa?e l'hôtel entre les mains de Charles d'.lnjoa, qni aTait aoccédé à '« Messire Simon Charles, premier président de la Chambre des comptes •>. 11 payait à cette époque 8 liTres 11 soos 6 deniers ao Temple (MM 133, 434, 1443-1447;. — Après Charles d'Anjou, le possesseur fut « le sénéchal de Normandie •• « pour ung grant hostel contenant plusieurs masures et jardins, appelé Tostel Barbette» (MM 142, 1469-1477). Et l'hôtel demeara dans sa famille jusqa'aa jour où Diane de Poitiers le racheta des héritiers, le 24 jauTier 1353. « Lliostel de Barbette, rachapté par haulte et puissante dame Dyane de Poitiers, duchesse de Ihob et de ValentinoTs. 13 I. 6. s. 6 d. de cens, pajés au Temple par le prévôt des marchands et les écheTins >» [après redit dn rachat des rentes foncières de Paris, en 1553] (MM 170, 1564). Diane de Poitiers conserTa l'hôtel jusqu'à sa mort, mais ses filles le Tendirent aussitôt : le 17 noTembre 1561 <« Tente par le duc d'Aumale et dame Louise de Brézé, TeuTe de messire Robert de la Marche, duc de Bouillon, de Thôtel Barbette, à Guillaume du Gué p* (S 534^4). Celte yente bouleyersa complètement l'ancien domaine des Barbette. On perça deux nouTelles rues dans le massif, celle de Diane, dite plus tard des Trois-Payillons , et la rue NeuTe- Barbet te, désormais appelée rue Barbette. [Notons encore qu'en 1540 on Toit l'hôtel porter ce nom : « Thostel des Fusées appelé rhostel de Barbette » (MM 164).] — Il en est resté aujourd'hui une tourelle bien connue, en encorbellement sur la rue Vieil le-du-Temple (vieille rue Barbette) et la rue des Francs-Bourgeois, et aussi des caves, anciennes et fort belles. — Le reste est devenu, depuis la vente de 15Gi, maisons particulières occupées par divers habitants (MM 172, etc., etc.).

Dans la rue Barbette se voyait encore l'important hôtel de la Rocheguyoriy qui flt dans la suite partie de Thôtel de Guise. Il était en face de la nouvelle rue Barbette. On l'appelait aussi hôtel de Rochefort, parce que Jacques de Saillj, comte de Rochefort, le posséda longtemps. Le 10 janvier 1560, Thôtel fut acquis par le duc de Guise,.

APPENDICE SVà

François de Lorraine, et le comte de Montbazon, Louis de Rohan, sieur de Guéméné (Sauvai, Comptes de la prévôté, lU, p. 661 ; — Cf. S 5544). Il existe aussi un contrat de ratification de la transaction faite entre les deux procureurs des seigneurs duc de Guise et prince de Guéméné, par laquelle Thostel de la Rocheguyon passait au duc de Guise Henry de Lorraine, en 1573 (S 5063).

Autres hôtels. — U hôtel des Bordes, appartenant en 1421 à maître Guillaume des Bordes, chevalier, « tenant d'un côté aux jardins de Yhôtel de Notion (aussi sur la rue, MM 134, J447), d*autre À Thôtel de la petite rivière, aboutissant À une petite rue qui aboutit devant la chapelle de Braque » (Comptes de la prévôté, Sauvai, III; pendant Toccupatioa anglaise). La petite rue citée ici est celle dite du Petit- Chantier, « entre Thôtel de Clichon et Thostel de la Rivière », comme on rindique en 1443 (MM 133). A cette époque, Thôtel appartenait an sieur Henry de Lisaac.

« V hôtel et jardin des Bonnes femmes de la chapelle Estienne Haut» dry », qualifiés de maisons d'aumône (1443, 1487, MM 138, S 5072).

Au xviu" siècle, en 1752, dans la rue Neuve, 11 locations (S 5629), dont maître Ch. Jean de Choissy, chevalier, marquis de Mogneville (S 5629); et Messire Gilles Maupeou, conseiller du roi et maître des raquettes (S. 5630).

Noms divers de la rue : Rue de la Porte-Barbette, 1375 (S 5072), 1421 (Sauvai, Comptes de la prévôté, III, 286, 8...), etc. — Rue de la Courtille- Barbette, 1407 (S. 5072), etc.

Rue de la Barre-du-Bec.

[Rue Sainte-Croix-de-la-firetonnerie. — Rue de la Verrerie.]

Titres orig, S 5066, eipassim.

1752 : 5 locations (S 5629).

L'origine du nom est dans une maison qui y était située et qu'on appelait de la Barre (1273, Sauvai, I, 113; 1322, MM 129). On y a ajouté le nom des abbés du Bec, qui avaient un hôtel dans la rue ; on l'appelait aussi du Bec Héloyn (Normandie) : « Oultre le quarrefour du Temple, à la barre du Bec Heloyn, aboutissant par derrière à la rue Dorée » (1328, MM 129).

On y trouve en 1443 Yhôtel de Bueil ou de Sancerre (S 5066»»). C'est celui de Jean de Bueil, comte de Sancerre, amiral de France, l'auteur du Jouvencel.

Rue des Barres.

Barres, chevet, église, cimetière Saint-Gervais,

[Seine. Place Baudoyer, rue Saint- Antoine, et en face de l'église Saint-Jean-en-Grève (Cf. ce nom).]

Titres orig. S 5075, 5084', et passim.

Un des plus anciens domaines de la censive du Temple. C'est aux

Barres qu'eut lieu une des premières donations que nous connaisnoos, celle d'une maison « de Frogier l'asnier », ayee tonte sa justice, faite en 1152 par le comte Mathieu de Beaomont (orig.^ K 23% 16*). La plu« part des pièces que nous ayons sur ces mes et sur Téglise Saint- Genrais sont du xni* siècle, mais les autres Tont jusqu'à la dernier» époque.

Les Templiers possédaient « une grange, aux Barres, » en 1232 (MM 128, premier registre censier); on en voit mention dès 1233, « granchia Templi de Barris , in censiva Templi » (S 5075). C*est peut-être une dépendance ou Torigine môme de ce grand bâtiment qu'on ^pelait le Vtetix Temple, ou le Petit, comptoir de TOrdre pour les arrivages parla rivière. Placé « au chevet Saint-Gervais », il fut toiyours considéré comme une dépendance immédiate du prieuré et de l'Enclos, par eiemple après le rachat des rentes foncières de la censive au XVI* siècle. Voici une note qui indique son usage primitif : en 1351, « manoir au chevet de Téglise Saint-Gervais, avec une chambre où il y a un huis de fer appelée la voulte, où fut jadis le comptouer du Temple » (S 5544). — Mais à cette époque on le louait déjà à des particuhers. Eu 1322, il rapporte 20 liv. 1 d. (S 5075), et depuis le prix ne varie guère : 1376 (S 5586). — 4438, loué à un tavemier (S 5587). — 1443 (MM 134). — 1469, à « maire Dreux Budé, pour l'hostel du vlez Temple, qu'il tient à louage pour 20 1. » (MM 142). On rappelait aussi hôtel des Garnisons : en 1480, « les héritiers de feu maître Dreux Budé, pour Tostel du vielz Temple, appelle l'ostel des Garnisons, 24 1. » (MM 150). -— Plus tard, les prix de location augmentèrent considérablement. En 1528, c'est 43 1. 4 s. (MM 157), et 120 1. tournois en 1564 (MM 170).

A noter encore Vhôtel des Barres, bâti dès 1269 (Sauvai, I, p. 113), au coin de la rue des Barres et de celle de la Mortellerie. 11 fut acheté vers 1 362 par le monastère de Saint-Maur, et amorti presque aussitôt par Charles, régent.

On peut citer aussi, en 1447 par exemple (MM 134) : — Thôtel de rÉtoile : 9 l. 12 s.; — Thôtel de la Ponmie, « venu en la main de la religion et des Filles-Dieu », 10 1. ; — Thôtel Babelon, 20 1., etc. — La maison du Gantelet donna un moment son nom à une petite rue (S 5544).

Pour les moulins sur la Seine, aux Barres, cf. les Ponts.

2 locations en 1752 (S 5629).

Rue de Beauce.

[Rue d'ÀJoyou. — Rue de la Corderie.]

Marais. — Une location en 1733 (S 5562). — 3 en 1752 (S 5629).

Rue de Beaujolais.

[Rue de la Corderie. — Rue du Four.]

Titres orig. S 5064, 5081.

Marais, depuis 1610. — 21 locations en 1733 (S 5562); 22 en 1752 (S 5629).

Rue de Berry.

[Rue d*ÂDjou. ~ Rues de Bretagne et de la Corderie.]

Titres orig. S 5064, 508i.

Marait, depuis 1610. — 17 locations en 1733 (S 5562); — 33 en i752 (S 5629). — En 1636, « le petit marché des Marestz du Temple n <Félibien, H, 121). — En 1672 (S 5637), Alexandre Brillon de Sl-Cyr, conseiller à la Chambre des comptes. — En 1752 (S 5632), le sieur de Clerambonst, et les marquises de Polignac et de Gournay.

Rue Bertin-Poirèe.

[Rue SaintrGermain-rAuxerrois. — Rue des Bourdonnais.]

Titres orig. S 5074.

Depuis 1433 (MM 143, S 5544). — Une seule location en 1752 (S 5629).

Rue des Billettes.

[Rue Sainte-Groix-de-la-Bretonnerie. — Rue de la Verrerie.]

S 5544. — Cette rue était dans la censive du « couvent de Notre- Dame de la Charité dite des Billettes ». On en trouve donc très peu de mentions dans les papiers de TOrdre.

Rue des Blancs-Manteaux.

[Rue Sainte-Avoie. — Rue Vieille-du-Tcmple.]

Titres orig. S 5066, 5068, et passim depuis MM 128.

Doit son nom actuel à la confrérie qui s*y établit sous saint Louis. C*est Joinville qui le raconte (ch. 728) : « Revint une autre manière de frères que Ton appela Tordre des Blans-Mantiaus ; et requistrent au roy que il lour aidast que il peussent demourer à Paris. Li roys lour acheta une maison et vieilles places entour pour aus herbergier, delez la vieille porte dou Temple de Paris... » (1258). Les Templiers permirent à leurs nouveaux censitaires d'avoir couvent, chapelle et cimetière. Saint Louis ût bâtir Téglise en 1263. Mais Tordre ayant été aboli «n 1274 par le second concile de Lyon, avec les autres ordres mendiants inférieurs, on y substitua en 1297 les Guillelmites de Montrouge (bulle de Boniface VIII), et ceux-ci, bien que vêtus de noir, gardèrent Tancien nom de Blancs-Manteaux. Ils se soumirent en 1618 à la réforme de Saint-Maur, mais en gardant leur nom. L'église et le monastère furent rebâtis en 1685 (Jaillot, XIII).

Avant Tarrivée de ces religieux, la rue portait les noms de Petite^ Bretornierie^ ou Parcheminerie. — L*acte qui amortissait et permettait Tinstallation de Tordre nouveau (sept. 1268) portait redevance de os. 3 d. parisis de cens, et la justice temporelle intacte (S 5544, 5066). L'amortissement consenti par le Temple fut compensé par une indemnité, accordée par saint Louis, de 40 s. parisis de rente (S 5066). — La me avait déjà changé de nom : « rue Petite-Bretonnerie, à pré-

sent les Blancs-Manteaux » (1263, S 5066). On peut noter encore un autre nom ancien, employé encore quelquefois au xiii* siècle : Champs aux Bretons (MM 1252, 128, et S 5066-1283). Le nom de Parcheminerie ou des Parcheminiers resta plus longtemps (1485, S 5065).

En 1443 (MM 133) et suiv., « Téglise, maison et louanges, tenante la porte Barbette et faisant le coing de ladicte rue des Blancs-Manteaux» payait 6 1. 10 s. au Temple. En 1571 (MM 172), c'était 10 I.

Autres établissements à citer : Le grand Bureau des Pauvres, autrement dit l'Aumône générale, en 1544 (Félibien, Preuves, II, 711^ et passim). En 1753, il comprenait 7 maisons (S 5629) occupant le coin de la rue des Singes et continuant jusqu'au coin de la rue Yieilledu-TempIe. — Les pauvres de cet hospice avaient défense de mendier et devaient porter sur Tépaule la marque du Bureau, une croix rouge et jauue. Ce fut plus tard le Mont-de-Piété.

La rue comptait 17 locations en 1733; il y en eut 20 en 1753 (S 5629, 5562, 5631); mais plusieurs comprenaient tout un groupe de maisons (38 maisons en tout). Outre le Bureau des Pauvres, qui en avait 1, les Blancs-Manteaux étaient compris, sous le n** 20, pour 12 maisons, joignant leur couvent, tant sur la rue même que sur les rues Vieille-du-Temple et de Pai*adis. — Notons encore les hôtels de : messire Armand Henry, vicomte de Clermont; messire Albert- François Clérambault, comte de Vandeuil; le marquis de Rubelles, etc.

Rue Boucherai ou de Vendôme.

[Rue Vieille-du-Temple. — Rue Chariot.]

Marais. — 25 maisons en 1754 (S 5629). Voy. Vendôme : c'est la suite de cette rue, à l'est.

Rue des Bouchera ou de Braque.

[Rue Sainte-Avoie. — Rue du Chaume.]

Titres orig. S 5067, et passim.

Les deux noms indiqués sont les plus fréquents, et restèrent concurremment adoptés jusqu'à la fin; mais on trouve encore les suivants : Rue Jean de Saint-Quentin (1304, S 5098»). — Rue de la Porte du- Chaume, dite de Braque (1510, S 5067). — Rue de la Chapelle-de- Braque, — Rue de la Merci, etc. — Enfin Rue des Boucheries, nom aussi communément employé que celui des Bouchers. — C'est là une des rues de la censive les plus riches en souvenirs et en hôtels importants.

C'est dans cette rue que fut établie à l'origine la boucherie particulière du Temple, qui excita une jalousie extrême de la part de la corporation, dont les réclamations ne furent apaisées que par un acte royal, 1282 (K 35, orig.). De là l'origine du nom « des Bouchers » ou « des Boucheries ».

D'autre part, comme pour la rue Barbette, la rue prit le nom d'une famille qui y possédait des terrains, celle de Braque. La fondation de la Chapelle de Braque, en 1348, par Ernoul Braque, affirma encore

davantage le nouveau nom. Une « Maison-Dieu » y était attachée. En 1347, le commandeur du Temple, Jean de Nanteuil, avait donné des lettres d'amortissement pour cet établissement (S 5067). Moyennant 8 liv. de croit de cens et rente (S 5084), Ernoal fonda 40 liv. de rente perpétuelle pour Tentretien, « des chapelains qui feront le service divin ». Le contrat signé avec le grand prieur date de 1354 (S 5544). A la mort du fondateur, le bail fut donné à son fils, Nicolas Braque, pour Tadministration de la chapelle (1370, bail de 24 1. i9 s. ; S 5544). II y eut 6 chapelains d'abord, ce qui montre l'importance de rétablissement, puis 4 seulement dans les derniers temps (S 5084, S 5544). — C'était au coin de la rue et touchant à un hôtel des Étuves, grand bâtiment fort ancien (BIM 129, etc.). — Voy. encore div. pièces curieuses, de 1347, 1351, 1354, etc., dans S 5070a et S 5071b.

La chapelle servait de tombeau à la famille de Braque. Dubreul cite quelques épitaphes (éd. 1612, liv. IIÎ, p. 857). — Mais elle changea de nom quand elle sortit des mains de la famille, au XVII* siècle. Des lettres du 16 sept. 1613 attribuèrent l'établissement aux religieuses de la Merci ou de Notre-Dame de la Rédemption des captifs. — On rebâtit alors le couvent et l'église (Jaillot, XIII). — De là le nom que prit parfois la rue.

Vhôtel de Braque ne fut pas, à beaucoup près, aussi lougtemps'que la chapelle, occupé par des membres de la famille. En 1443, les 16 liv. 12 d. de cens sont payés par « Pierre Gaultier , pour un grand hostel contenant plusieurs édifices avec un grand jardin derrière une petite maison neufve et une allée par laquelle on vient à la porte du Temple, joignant des anciens murs appelé ledit hostel Tostel Braque » (MM 133). — En 1469, c'est Geoffroy l'Apostre qui y demeure (MM 142); de même en 1480 (MM 150), et on ajoute « hôtel... qui fut aux hoirs de feu messire Jehan Braque >'. Il faut expliquer quelques mots de la précédente citation. L'hôtel était tout près de la porte du Chaume et donnait aussi sur la rue de ce nom. Un acte du 7 juillet 1384 (Félibien, III, 661) montre Nicolas Braque recevant du roi une portion des anciens murs (de Philippe- Auguste) : « Mûris antiquis, turribus sive tornellis et plateis vacuis quae sunt inter portam dictam gallice La Porte du Chaume, contiguam domui suae, et portam dictam La Porte du Temple, quod de predictis possit uti et edificare in eis... sicut in re sua propria. » Ceci montre bien l'étendue de cette propriété. — Ajoutons encore qu'en 1502 on trouve mention d'un grand jeu de paume de l'hôtel de Braque (S 5071). — Enfm, près de l'hôtel proprement dit était encore u Tostel de Rance, qui jadis fut au seigneur Braque, avecques plusieurs maisons entretenant ». On le trouve entre les mains de « maître Guillaume de La Borde » en 1443 (MM 133).

En face était Vhôtel du roi de Navarre^ qui peut servir d exemple pour l'histoire des difficultés que le grand prieuré avait souvent avec ses grands censitaires. Régulièrement, quand les redevances n'étaient

pas payées ao bout d^un certain temps, la justice adjugeait le domaine au Temple; mais, en pratique, on semble avoir toujours différé cette remise en possession. -^ La maison dont il s*agit donnait à la fois sur la rue du Chaume, en face de l'hôtel de Guise, et sur la rœ des Bouchers, en face de la chapelle de Braque. Un bAtimeot qui y touchait, ru^de l'Échelle, y fut aussi adjoint. Dans cet hôtel logèrent Jean d'Aragon, Blanche, reine de Nayarre, sa femme, et Charles, duc de Nemours, leur fils alué. Le prix de i2 liy. de rente fut convenu en i438 entre le grand prieur et eux (22 juin, S 5544; — Cf. S 5587). — Dès 14i2 (iO nov.) on trouve une sentence d*adjudication, par le prévôt, pour cause de non-payement (S 5544). — Aussi en 1443 on paya un semestre : « Le roi de Navarre, pour cens et rente, 6 liv. 5 s. 2 d. sur un grand hostel contenant plusieurs édifices, auquel a deux manoirs tous entretenans, tenant tout au long et faisant le coing de ladite rue sur la rue du Ghaulme à Topposite de l'ostel de Clichon » (MM 133). — Mais il parait que le payement ne fut pas longtemps régulier, car on trouve en 1450 (12 mai) un « brevet devant notaire » portant payement de 108 liv. 6 s. 3 d. parisis d^arrérages par le roi de Navarre et le prince de Vienne son fils. — Et en 1459 un « contredit de production devant le prévôt contre Charles de Navarre, prince de Vienne, duc de Nemours, à cause des criées faites poiir cause de non-payement » (S 5544). — En 1460, rien encore, procès et mise en criées (MM 137). — En 1463 de même : « Riens n'en fut piéça receu, pour ce que dès piéça ledit hostel avoit esté mis en criées par faulte de paiement. Il nous fut fait deffence de par le Roy que nous ne poursuivions les habitants audit hostel, et que le prince de Navarre a ses causes commises aux requestes » (MM 138).

L'hôtel fut aussi connu sous le nom d'Armagnac, à cause du duc de Nemours, Bernard d'Armagnac. Louis XI le confisqua alors avec les autres biens du duc, mais Thôtel conserva son nom primitif. En 1482, « maître Guillaume Alexandre au lieu de Mgr de Nemours, modéré de 12 l. parisis à 12 liv. tournois (soit 9 1. 12 s.), pour la désolacion dudit lieu » (MM 132). — En 1478, les comptes de la Prévôté (Sauvai, m, 434) comptaient Thôtel de Navarre comme « appartenant au roi par confiscation de feu messire Jacques d'Armagnac, duc de Nemours et comte de la Marche ». On « bailla ledit hôtel à louage » dès 1477 {ibid.).

Autres hôtels à citer : Le petit hôtel de Mesme, qui donnait à la fois sur la rue des Bouchers et celle du Chaume. La marquise de Ravignan y demeurait en 1753 (S 5629, 5631). — Le connétable duc de Montmorency possédait, touchant à son hôtel de la rue du Temple, trois maisons sur la rue des Bouchers (1564, MM 170; 1596, S 5596). — On trouve encore, en 1510, Thôtel de Messire Charles de Hautbois, évoque de Tournay : il payait 16 liv. de rente (S 5067).

En 1753, 8 locations (S 5629) : Messire J.-L. Bertier, chevalier, S' de Sauvigny, conseiller du roi, intendant de la ville et généralité de Paris. — Messire Guy L. H., marquis de Valory, chevalier. S' de

Boumeaf. — Messire Phil.-Jos.-Alex. de Goarneval, chevalier, marquis d'Esquelby. — Haute et puissante dame Marie Anne Cath. Boutet de GuignouTille, veuTe de Briqueville, marquis de la Luzerne (S 5631). — Aymard-Jean de Nicolay, président en la Chambre des comptes (S 5639). — J.-B.-Franç. de la Michodière, comte d'Haute ville, conseiller d*État, ancien prévôt des marchands (S 5639). — Mme du Luc de Vintimille. — Le marquis de La Grange (S 5631). — Messire Jean de Flecelles, S' du Plessis du Bois, conseiller du roi, président en la Chambre des comptes (S 5630).

Rue de la Petite-Boucherie, ou Bouderie.

[Rue Saint-Denis ou rue Simon-le-Franc]

Les deux noms se trouvent indifféremment, sans qu'on puisse tenir pour certain que ce fût la môme rue. « Les frères de Sainte-Catherine » Hôtel-Dieu, y étaient établis, et mention en est faite en 1252-1254 (MM 126), comme ayant leur maison « en la petite boucherie » et de même un peu plus loin u en la petite bouderie ». Le premier de ces daix noms se retrouve encore en 1320 (MM 126) ; le second, « rue de la Bouderie )•, en 1443, 1447 (MM 133, 134), 1500 (S 5074, 5544) et 1531 (MM 159). — Ce n'était pas loin de la grande boucherie de la communauté des bouchers de Paris.

Rue du Bourc-TibouBt.

[Rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. — Rue de la Verrerie. —

Marché Saint-Jean.J

Dès 1247, dit Sauvai (I, 115), du nom d'un de ses habitants appelé Bourg-Thibault. — Nombreuses mentions dès 1319 (MM 129).

Rue de Bourgogne ou de Bretagne.

[Rue Chariot. — Rue Vieille-du-Temple.]

Marais, depuis 1610. — 53 locations en 1752 (S 5629), parmi lesquelles : le marquis de Ponceaux, Paris de la Brosse, etc. (S 5632).

Rue Sainte-Groix-de-la-Bretonnerie.

[Rue Sainte-Avoie. — Rue Vieil le-du-Temple.]

Titres orig, S 5066, 5068, eipassim. MM 128 et suiv., etc.

Très ancienne rue de la censive, sous les noms divers de : Bretonnerie, grande et petite; Champs aux Bretons (dès 1210, S 5084). Mais ce dernier titre fut donné aussi à la rue des Blancs-Manteaux (1283, S 5066). [Sur l'origine du nom, un combat nocturne d'Anglais en 1228, voy. Hurtaut et Magny, IV, 321.]

Cest en 1258 que s'installèrent à Paris les frères de Sainte-Croix, chanoines réguliers, fondés en 1211, dont le couvent donna son nom à la rue. Us arrivèrent avec les Blancs-Manteaux. « Après, continue Joinville (ch. 729), revint une autre manière de frères, qui se fesoient

appeler frères de Sainte-Croix, et portent la croix devant leur piz; et requistrent au roy que il lour aidast. Li roys le fist volentiers et les heberga en une rue qui estoit appelée le quarrefour dou Temple, qui ore est appelée la rue Sainte-Croiz. » Le nom définitif de la rue ne fut pas tout de suite en usage ; on trouve tantôt « en la Bretonnerie en la rue Sainte-Croix » (1324, MM 129), on bien « en la rue Sainte-Croix que Ton dit la Bretonnerie » (1348, MM 130), etc.

21 locations en 1752 (S 5629) ; parmi lesquelles : Messire Louis le Peutre, chevalier, marquis de Marigny. — Dame Charlotte Jeanne du Deffand, veuve du marquis de la Tournelle. — M. de Clè?es (S 5631), etc.

Rue du Calvaire.

C'est le commencement de la rue Vieille-du-Temple sur le boulevard du Temple, en 1789 (N 4, Seine, 14, Atlas).

Ghaxnpeaux.

« Près les halles », — « vers StEustace » (1235, S 5077; 1252-1253, MM 128). — « Halles de Champeaulx ». — C'est là que Constance, sœur de Louis le Jeune, assigna au Temple une maison, eu 1172 (S 5544, S 5027).

Rues du Grand-Chantier, du Chaume, des Enfants-Rouges.

[Rue des Blancs- Manteaux.— Rue des Quatre-Fils. — Rue Porlefoin.]

Titres orig. S 5071, 5099, eipassim.

Une des plus anciennes rues, et des plus intéressantes pour les hôtels qui y furent hàtis. — On groupe ici malgré la variété des noms différents tronçons d'une même rue, souvent réunis dans les titres mêmes : « Rues du Grand-Chantier ou Sentier, du Chaume, de la Porte-du-Chaume, des Enfants-rouges » (que nous retrouverons à la rue Portefoin ou Richard-des-Poulies) ; auprès, ruelle du Petit-Chantievy aboutissant en cul-de-sac près de la rue des Qualre-Fils, a rue sans chief », terminée par le Petit-Chantier, maison à quatre pignons (1368, MM 131).

L'établissement le plus célèbre de la rue est ïhôtel de Clisson (voy. la notice de J. Quicherat dans la Revue Archéol. et dans le t. II de la nouvelle édition de ses Mélanges; — les documents qui vont sui?re sont destinés à en être l'appendice et les pièces justificatives, parfois inédites et nouvelles). — Le titre le plus ancien est celui-ci, d'un registre cueilloir de 1376 (S 5586) : « Messire Olivier de Clisson, chevalier, pour toutes ses maisons depuis l'autre coing de la rue des Quatre-Filz-Hemon jusques au coing du Grand- Chantier, et depuis celui coing en venant par ledit grand chantier jusques aus maisons de messire Bureau de la Rivière, chambellan du roi, de la partie devers le Temple, pour fons de terre et crois de cens à IIII termes pour tout, 10 liv. 8 s. obole; c'est assavoir sur les quatre maisons qui

sont à quatre pignons, dont la i'° fait le coing de iadicte rue des Quatre-Filz-Hemon , et les autres sont joignant et entretenant À 4 termes, 32 s. — Item sur le jardin joignant, qui fut de Jehan Galeri, i6 s. — Item sur un autre petit jardinet qui fut de W Loys Autruche, 5 s. — Item, pour une petite ruelle par laquelle on aloit de Iadicte rue en la cousture du Temple, et estoit appelée le Petit- Chantier, et laquelle fut acensée à messire Nicolas Braque, chevalier. — Item pour les maisons joignant à Iadicte rue, lesquelles furent jadis audit maistre Loys, 15 s. — Item pour la maison qui fut M* Robert de Rouen, 40 s. — Item sur la maison qui fut de M*' Pierre de Vernon, iOO s. Desquelz nous avons lettres de Tan 1330. » — On ▼oit quelle était déjà retendue de ce domaine. Il fut encore agrandi. En 1388, le 23 août (S 5544), le grand prieur, par une lettre, confesse a avoir reçu de M. Olivier, S** de Clisson, connétable de France, 100 francs d*or, pour Tacquisition faite par lui de 8 toises et demie et 3 pieds et demi de terre en la voierie du Temple, au long de la rue du Chaume, pour le bâtiment de son hôtel, de laquelle somme il le quitte ». — A la mort d'Olivier, en 1407, Thôtel passa à sa fille cadette, veuve de Jean de Blois, comte de Penthièvre, puis à Olivier de Blois, son fils. — Les comptes de la Prévôté, de 1421 (Sauvai, III, 287), nous apprennent que Thôtel rapportait alors « néant » pour ce qu'il est tenu et occupé par Monseigneur le duc de Clarence, frère du roi d* Angleterre, disant à lui competer et appartenir par don à lui fait par sondit frère. Après la mort de celui-ci, qui eut lieu la même année, le roi d'Angleterre donna l'hôtel à son oncle, Jean, duc de Bedford, régent du royaume (juin 1424). (Longnon, Paris pendant la domi" nation anglaise^ 1878, n° 67.) — Après cette occupation étrangère momentanée, Thôtel revint entre les mains de la famille de Ciisson, qui le garda jusqu'au x\i^ siècle; on lui trouve pourtant appliqué passagèrement le nom d'Albret, d*Alain, sire d'Albret, qui épousa en 1470 une petite-fille de Jean de Blois.

C'est le 28 novembre 1528 que « l'hôtel de Clichon, assis près la chapelle de Braque )>, fut vendu à Philibert Baboue, trésorier de France, pour la somme de 12 000 livres (S 5067). (Ce n'est donc pas en 1547, comme on Ta dit à tort.) — En 1553, celui-ci le revendit 16 000 livres À Anne d'Est, pour son mari, le duc de Guise; mais il passa presque aussitôt, en 1556, au cardinal de Lorraine, son frère, qui y renonça au profit de son neveu. Dès lors, c'est le nom de Guise qui reste attaché à l'hôtel, mais sans exclure les anciennes dénominations. Ainsi lit-on en 1564 (MM 170) : « Le duc de Guise, au lieu de feu messire Gillebert Baboue, la maison anciennement appelée l'hôtel de Misericordia, puis de Clichon, rachetée en 1553. » Voici encore nne citation qui parait embrasser toute l'histoire de l'hôtel : « L'hostel naguerre appelé l'hostel de Clichon, et anciennement Thostel de Misericùrdia, et au précédent le Grand -Chantier du Temple, tenant à la rue des Quatre-Fils et à l'hôtel de Laval, aboutissant à l'hôtel de la Rocheguyon (1571 , MM 172;— Id. en 1572, S 5591 ;— et en 1596, S5596).

Gel hôtel de Laval, lout à côté de Phôlel de Glisson, se trouve dès i:>à8 (MM 157) « faisant le coin de la rue de Paradis, où il j a une fontaine, tenant à Rcv. niessire Charles de llault Boys, éyesque de Tournay ». Le 11 juin llîoH, le cardinal de Lorraine, Charles de Guise, racheta de Jean Brisson, sieur de Vil laines (Comptes de la prévôté, Sauvai, 111, 600-, pour le Joindre à riiûtcl de Glisson, en le donnant à son neveu et en réservant l'usufruit à son frère. On le trouve ainsi noté en ISTi (MM ili) : »• Messire HiMiry, duc de Guise, pour Thostel de Laval, de présent aplicqué en court et galleries, tenant à la rue de Paradis et ù l'hostel de Gliclion, au lieu de M*^ Jehan Brisson, en son vivant conseiller au Parlement. » 1/hôtel avait été acheté par ce dernier au comte (îui de Laval le 19 nov. lo4o, pour 8500 livres (Comptes de la prévôté, Sauvai, III, 600).

L'autre voisin de Thôlel de Clisson, Vhôtel de la Roeheguyon, ne tarda pas à être englobé à son tour. Le duc de Guise François de Lorraine Tacheta en partie le 10 janvier 1500; et ainsi Tensemble de ces différtMits hôtels linit par prendre le nom général de Vhôtel de Guise, On trouve ainsi en 1072 celte mention complète (S 5081) : « Mgr de Guise, pour son hôtel et appartenances faisant encoignure sur les rues de Paradis et des Quatre-Filz, sur laquelle rue des Quatre-Fik il y a une grande partie du jardin, lequel a issue par derrière par une porte cochère qui est en la vieille rue Barbette, vis-à-vis la rue neufve Barbette. » Le tout paye 4 liv. 2 sols 6 deniers de cens, ce qui témoigne de bâtiments considérables, puis(]ue Thôtel de Laval ne payait que 4 s. de cens (1571, MM 172). — Tout avait été réuni à peu près en môme temps; l'hôtel de Clisson en 1553, celui de la Rocheguyon en 1500, rhôtel de Laval en 1550. Le domaine fut encore remanié et agrandi entre les mains du prince de Rohan-Soubise, qui acheta le tout en 1097 (contrat en 1700) pour 320 000 livres, et fit de grandes dépenses d'embellissement et de reconstructions. C'était désormais Vhôtel de Soubise, notre palais actuel des Archives Nationales.

Ce n'est qu*à une partie de la rue du Chaume qu'était appliqué le nom de rue des Enfants-Rouges, depuis la porte de cet hôpital jusqu'à la rue Pastourelle ; mais il y a souvent confusion dans les noms. — C'est François 1«' qui, en 1530, sur le conseil de la reine de Navarre, sa sœur, donna 3000 liv. pour fonder un hôpital de petits enfants malades ou abandonnés et orphelins. Ils étaient vêtus de rouge, en signe de charité (Félibien, Ih^euves, l, 614). On les appelait aussi Enfants- Dieu. Dès 1534, Robert de Beauvais avait acheté le terrain de la part du roi (Jaillot, XIV), mais sauf les droits domaniaux du Temple. Plus tard, en 1570, on y élahlit Thôpital de la Charité chrétienne du sieur Nicolas Ilouel, transféré depuis au faubourg Saint-Marcel {ibid.). En 1772, l'hôpital fut supprimé, et les enfants transférés aux Enfants- Trouvés.

Voici encore une série d'hôtels plus ou moins considérables, sis sur la rue du Chaume ou du Grand-Chantier et donnant aussi sur les rues de Paradis ou de Braque, etc. Ainsi l'hôtel de Bureau de la Rivière,

« grand hôtel faisant Tun des coings du petit sentier (chantier) à Topposite de Thostel de Clichon, et Tun des coings de la rue do Paradis ».

— L'hôtel de maître Guy de Besançon « en la rue do Paradis, au coing, jasques aux vielz murs de la porto du Chaulme ». — De môme encore Thôtel Braque, ainsi que la chapelle voisine, qui sont souvent inscrits, dans les livres de compte, à la rue du Chaume (1443, MM 133, etc.).

Autres habitants de la rue : £n 1571 (MM 172), Nicolas de Boauclerq, conseiller du roi, receveur gémirai des finances en Picardie, en face de Thôtel de Glisson, à Tautrc coin de la rue des Quatre-Fils.

— En lo29 (MM 156), « noblo homme messire Jehan de Harlay, pour riiôtcl de TAve Maria, 6 liv. 12 s. » Après lui c'est Christophe de Harlay, puis, en 1571 (MM 172), Achilles de Harlay, sieur de Bcaulmont, conseiller au Parlement », plus tard président (1596, S 5596).

— En 1564 (MM 170), Anne de Montmorency, qui paye 20 I. 10 s. pour son hôtel, qui deviendra Thôtel de Mosnies et qui est plulôt sur la rue Salnte-Avoye. — La marquise do Rotholin. — Le marquis d'EIbeuf. — Roger de Vandetard, sieur de Pouilly (7 1. 15 s. 7 d.), etc.

On compte 21 locations en 1733 (S 5562) et 29 en 1752 (S 5629, 5631). Parmi ces dernières : le comte de Tallard, pair de France, duc d*Horlun, « pour Vhôtel Tallard^ le grand et le petit ». — A côté, la duchesse douairière de Beauvilliers, au coin de la rue d'Anjou. — Puis Chaillon de Joinville, gentilhomme ordinaire du roi. — A côté, Jacques-Marie Michau de Montaran , conseiller du roi , maître des requêtes et intendant du commerce. — Plus loin, Martial, comte de Ghoiseul-Beaupré. — Enfin le prince de Soubise, « hôtel et dépendances, avec 3 maisons vieille rue du Temple, démolies et rebâties, et 2 maisons et demie rue des 4 fils » (ibid,), — La marquise de Sassenage. — La marquise de Pont-en-Royant, etc. (Rue des Enfants- Rouges). — Jacques de Choiseul, comte d'Estainville, lieutenant général des armées du roi |il n'y demeurait pas). — La marquise de Ravignan, à côté des dépendances de la Merci (ancienne chapelle de Braque), c'est-à-dire à l'ancien hôtel de Sourdis, — La comtesse de Bragelogne, etc.

Rue Chariot.

[Voy. rue d'Angoumois.]

Rue Gharronnerle.

[Rue Saint-Denis, à côté des Saints-Innocents.]

Mentions en 1363 (S. 5544), en 1443 (MM. 133), etc. Cf. Sauvai, qui rappelle « vicus Katronorum » d'après un acte de 1341. — Cf. Rue de la. Ferronnerie ,

Rue au Chevalier du Guet

[Rue Saint-Denis.]

Mentions an xni« s. (S 5074», orig.). Voy. rue Perrin-Gassclin .

Rue du Coq.

[Rue de la Tisseraoderie. ~ Rue de la Verrerie.]

Mentions depuis i571 (MM 172), i584 (S 5074), etc. Voy. TueAndrw- Maletj qui est Pancieu nom de la même rue. 1 location en 1752

Rue aux Goiiière8-en-grève.

Mention en 1252 (MM 128). Elle allait de la place de Grève à Fextrémilé de la rue Pain -Mollet.

Rue de la Goquerée.

[Rue des Rosiers.]

Titres orig. S 5076.

Dite aussi Quoquerelle (1324, MM 129), c emprès le cimetière des Juifs ». Gul-de-sac au coin de la rue des Rosiers. « Ruelle sans chief, là où li juif demeurent » (MM 128, 1252), aboutissant aux murs anciens de la ville de Paris (1376).

7 locations en 1752 (S 5629), dont « les religieux de Saint- Antoine », chanoines, qui occupaient 5 maisons.

Rue de la Gorderie.

[Rue du Temple. — Rue Chariot el de Berry.]

C^est la ruelle qui longeait les murs de TEnclos au sud, et donnait sur la rue du Temple. Elle fut longtemps fermée, aussi trouve-t-on dans les premiers temps (1252, MM 128) « terre de la Gorderie, si comme elle se comporte auprès des murs ».

4 locations en 1752 (S 5529). En 1779-89 (S 5636), on y trouve inscrit Mathias Raoul, comte de Gaucourt. brigadier des armées du roi, chevalier de Saint-Louis.

Rue de Grusscl.

Marais de 1783. Titres orig. S 5085.

Rue Denise-l'Anière.

1370 (MM 131). « Ruelle sans chief... lez le quarrefour du Temple. »

Rue des Deux-PorteB.

[Rue de la Tisseranderie. — Rue de la Verrerie.]

Titres orig. S 5071 et passim.

Il ne faut pas confondre cette rue avec celle des Quatre-Fils Aymon, qui a aussi porté le nom des Deux- Portes, comme une rue fermée.

Celle-ci se trouve dès les premiers siècles dans les registres. Ainsi en 1281 (S 5544), « rue entre les deux portes; la me fait le coing de la rue aux Juifs ».

Le duc de Berry y ayait un hôtel au moment où il acquit celui de la Petite-Savoie. C'était une ancienne maison flanquée d'une grosse tour, qui, après avoir appartenu originairement à un certain Billouart, devint V hôtel de la Reine Blanche. « Madame la royne Elanche, pour sa maison, pour la tour et appartenance, qui jadis fut à sire Jehan Billouart, et depuis à Poillevillain, et après au comte de Poitiers, qui depuis fut duc de Berry. Laquelle maison est au bout d*icelle rue aux deux portes, et est à présent la maître entrée en viez iisseranderie » 1376 (S 5586) . Ce n*esl pas dans cet hôtel qu*eut lieu la fameuse mascarade où Charles Vl faillit périr, après quoi TédiOce fut démoli : celui-là était au faubourg Saint-Marceau (FéUbien, II, 713).

Le nom d'hôtel Billouart se conserva longtemps, concurremment avec celui de la Reine Blanche. Ce n*est, il est vrai, qu*à une partie de ce dernier hôtel. Ainsi, en 1426 et en 1443, on lit encore dans les registres : « Tostel Billouart où il y a une grosse tour » (MM 133). Tannegui du Ghâtel habita un moment Thôtel, au dire de Sauvai (II, 2o4) .

Rue de Diane ou des Trcis-PavillcnB.

[Rue des Francs-Bourgeois. — Rue du Parc-Royal.]

C*est la rue qui fut percée à travers l'hôtel Barbette quand on ouvrit en même temps la rue Neuve-Barbette. Citée en 1561 (S 5544). 2 locations en 1752 (S 5629).

Rue Dorée.

[Rue des Billettes. — Rue Barre-du-Bec]

Mentions en 1247, 1251, 1252-1254 (S 5544; — MM 128).

Rue de l'Échaudé.

[Rue Yieille-du-TempIe. — Rue de Poitou.]

Citée en 1783 (S 5566).

Rue de l'Échelle, des Haudriettes, Jean-rHuillier.

[Rue du Grand-Chantier. — Rue du Temple.]

Titres ong. S 5067.

Mentions dès 1250. Le 3*^ nom parait le plus ancien; mais tous se rapportent à quelque établissement de la rue môme. Là fut placée réchelle-pilori du Temple, qui y demeura jusqu*à la dernière époque, non sans quelques déplacements. Là se trouvait une partie des maisons affectées aux pauvres Hospitalières fondées par Estienne Uaadry, sous Philippe le Bel, en 1306. Etienne Haudry était panetier du roi, et des lettres patentes lui permirent la construction d'une chapelle pour ses protégées. Cette chapelle n'était pas là, mais « sur

la Grève », et le nom ifen vint à la rue de TÉchelle que pour les possessions qu'y avaient « les bonnes femmes de la chapelle Estienne lîauldry ». [Jaiflot, XI. — JJ 38. — MM 133 (lii3), — S 5075 (1448).] L'hôtel du roi de Navarre donnait également sur cette rue et sur la rue de Braque , de mtVme que Vhôlel de Savoie donnait aussi sur la rue des Deux-Portes. Ce dernier hôtel était un des plus anciens et des plus curieux de la censive. 11 est mentionné dès 1367 (MM 131) et 1370 (S 5o8C). C'est le duc Jean de Berry, 4* fils du roi Jean, qui le possédait alors (« Jean, duc de Berry et d'Auvergne, comte de Poitiers, lieutenant du roi en Guyenne et en Languedoc »), et, par une lettre du 27 mai 1388 (S 5067), il déclara en faire donation à son gendre le comte de Savoie, d'où le plus ancien et le plus connu des noms fort divers qui furent appliqués à ce domaine. — L'hôtel payait alors 12 1. 9 s. 8 d. de cens et recettes. Peu d'hôtels en effet passèrent en de plus nombreuses mains. 11 eiit, du reste, comme Thôtel du roi de Navarre, maintes criées et sentences d'adjudication à subir. — Primitivement, sous Philippe de Valois, c'était la propriété de l'évéque d'Autun, Pierre Bertrand : il comprenait déjà deux corps de bâtiments, qui plus tard reçurent les noms de Grande et de Petite Savoie, L'évCque les réunit par une galerie qui subsista pendant plusieurs siècles et frappa assez les esprits pour donner son nom à la rue et à l'hôtel. Ce fut au xvic siècle : le propriétaire d'alors était maître Charles Cadier. On trouve (1510, S 5067, 1564... MM 170, 172) les noms d'hôtel de la Traverse Cadier, et aussi de rue Traverse Cadier. — Mais revenons au xv<^ siècle : En 1411, le l^** mai, un contrat d'échange faisait passer la Petite-Savoie , des mains de < dame Ysabel de Hangest, dame de Heuvaulle et du Pont-Saint-Pierre », entre celles de « noble homme Jean du Plessis, escuier, eschançon du roy », moyennant 50 écus d'or de rente viagère (S 5544). — Le 14 avril 1454, l'hôtel de Savoie et les deux ou trois maisons attenantes étaient acquis par vente de Jehan , sieur de Montaigne , vidame de Laonnois (S 5067) , à Jehan du llangest . — Puis viennent les noms de Charles Cadier, de « messire Estienne du Poucher, archevêque de Tours, conseiller du roi et maître des requêtes ordinaire de son hôtel... ));de M. Chauvreau, évoque de Bayonne; enfin, en 1564, de Mgr Claude de Lorraine, duc d'Aumale, marquis de Mayenne (MM 170), d'où le nom passager d* hôtel d'Aumale, — Mais dès 1567 il était acheté par « Jebao le Febvre, sieur de Caumartin, conseiller du roi et général de ses finances » (1567, S 5067; 1571 MM 172), d'où le nouveau nomd*hôtel de Caumartin, qui du moins reste un peu plus longtemps attaché à ce domaine, puisqu'on voit noter en 1595 « Loys Le Febvre, sieur de Caumartin, conseiller du roi, président de son Grand Conseil, au lieu de son père Jehan » (S 5067, et en 1597, MM 173). En 161 1, l'hôtel est acquis par l'abbé de Saint-Denys, Louis de Lorraine, pour 83 000 liv. (Sauvai, ir, 257), d'où le nom d'hôtel de Saint-Denis, qui parait être le dernier.

Autres habitants marquants : en 1631 (S 5630), messire René Mau-

APPENDICE l]27

peoa, conseiller du roi, président en la Cour des aides (Gilles Maupeou, également conseiller du roi, demeurait rue Neuve-Barbette, non loin de là). ~ En 1753 (S 5629), maître Daniel-Charles de Trudaine, conseiller d*État. A cette époque, on compte \o locations dans la rue.

Rue des ÉcouHeB.

[Rue du Roi-de-Sicile. — Rue des Rosiers.]

Rue if des Escouffles, des Scouffles, à Escofle, de TEscouffle ». Dès les premiers temps, 1252 (MM 128), 1272 (MM 29), etc.

En 1564, cinq maisons de cette rue étaient possédées par P. du Hamel, sieur de Guibouille (MM 170).

Il y avait 18 locations en 1733 (S 5562) et 22 en 1752, dont le marquis de Brûlart (S 5631). — Hue peu intéressante du reste.

Rue de l'Égout.

Titres orig, S 6064.

Rue nouvelle percée sur la rue Vieille-du-Temple dans les derniers siècles. En 1611, « rue de Tesgout de la vieille rue du Temple » (S 5544). En 1672, « rue de Tesgoust, qui descend de la vieille rue du Temple et passe devant les jeux de paulmes de la sphère, des marestz jusque hors la ville » (S 5081); non marquée sur les plans.

Rue des Enfants-Rouges.

[Voy. rue du Grand-Chantier, dont c'est la suile, mais en équerre.]

Rue Étienne-le-Mour.

Mention en 1252-1254 (MM 128).

Rue des Étuves.

[Rue de Beaubourg. — Rue Saint-Martin.]

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