‹ La maison du temple de Paris, histoire et description: histoire et description, avec deux planchesChapitre 39 sur 184 · Inventaire de 1630, S · texte numérisé non relu

Inventaire de 1630, S

6. Lecoy de la Marche, la Chaire française, 2° éd., 1886, p. 177.

SOUS les Hospitaliers : religieux, clercs, prêtres séculiers, organiste, etc. Voici ce que nous avons pu retrouver sur le culte luimême au Temple de Paris.

Tous les jours on célébrait le service canonial complet avec grand^messe, et de plus, le jeudi, « le service du Saint-Sacrement avec le salut chanté par les orgues ». Les Hospitaliers, ne relevant que du pape, en matière ecclésiastique, ont toujours suivi le rit romain. Les auteurs du temps ne manquent pas de citer ce fait, parce que Téglise du Temple était la seule alors où Ton suivit ce rit. Les anciens « Guides de Tétranger à Paris » le signalent comme une des curiosités qu'un voyageur ne peut négliger de voir.

- Ainsi qu'à Rome, par exemple, les deux chantres portaient le bâton d'argent pendant le service ; l'un de ces bâtons était surmonté d'une tète de la Vierge Marie, patronne de l'église^ et Tautre de celle de saint Jean-Baptiste, patron de l'Ordre.

Certains faits, rapportés comme les précédents par Barillet, font voir l'indépendance que l'église du Temple conserva jusqu'au dernier jour. Ainsi, en 1787, les musiciens de Paris, désirant faire célébrer un ofDce pour le repos de l'âme de Gluck, et ayant éprouvé des difficultés de la part de Tarchevéque, Mgr de Juigné, allèrent au Temple et y organisèrent la cérémonie avec une grande pompe.

Vers le même temps, les francs-maçons y firent chanter une grand'messe « à grand chœur » et, le lendemain, un service pour leurs confrères morts dans l'année.

Outre les cérémonies célébrées dans Tintérieur de l'église, les religieux profitaient de la liberté de leur Enclos pour donner un grand éclat aux processions de la Fête-Dieu '; le dernier jour de l'octave, le plus solennel, attirait beaucoup de monde et même d^ecclésiastiques. Outre les reposoirs, on y voyait parfois des tableaux vivants, tirés de scènes de TËcriture et représentés par les enfants des marchands de l'Enclos.

Les paroisses voisines venaient, à certains jours, contribuer à la solennité des fêtes. A Pâques, c'était le clergé de Saint-Nicolas des Champs qui venait en procession en chantant le « Regina

1. Les processions ordinaires se faisaient seulement autour de Téglisc et du cimcUère (Cf. S 5560, p. 17, visite de 1665.)

cœli lœiare » (cet usage cessa en 1782). Le lundi des Rogations, c'était celui de Saint-Jean-en-Grève; le mardi, celui de Notre- Dame de Bonne-Nouvelle; le mercredi, les religieux de Saint- Martin des Champs, vêtus de robes noires avec de longues baguettes blanches à la main.

La veille de Saint-Jean- Baptiste, les feux de joie d'usage étaient dressés dans la grande cour et le prieur curé les allumait lui-même, entouré de ses religieux et du bailliage.

Comme au temps des Templiers, les fondations des messes continuèrent à être nombreuses. Les procès -verbaux des visites de 1733 et années suivantes renferment un tableau sommaire de ces fondations ^

Ces messes isolées étaient dites par les Religieux ordinaires; mais, si le fondateur désirait une messe quotidienne, il devait léguer une somme sufQsante pour Tentretien d*un chapelain spécial. Peut-être quelques autels furent-ils érigés dans ce but dès les premiers temps; en tout cas ils disparurent lorsque les donations magnifiques de quelques grands prieurs permirent de faire construire, comme annexes à l'église même, les trois grandes chapelles dont nous parlerons plus loin et qui rendent si bizarre le plan général de TédiGce.

Nous mentionnerons ici simplement les conditions de ces fondations.

Le 14 mars 1529, le grand maître Yilliers de TIsle-Adam, ancien grand prieur de France, fonda la chapelle du Saint-Nom de Jésuaavec une messe quotidienne et quatre obits solennels (messes des morts) '. Il assigna, pour l'entretien d'un desservant, 4000 livres tournois et y ajouta tous les ornements et objets nécessaires au culte '.

Le 29 juillet de cette même année, le grand prieur de Cluys fonda la chapelle moins importante de Saint-Pantaléon et donna 3600 livres tournois une fois payés pour l'entretien d'un reli-

1. On y lit, par exemple, que le grand priear de Mailly, le 2 novembre 1355, fonda deux messes par semaine, le lundi et le vendredi, et une messe solennelle anniversaire pour le jour de sa mort, et donna à cet effet « trois arpents de marais ». Voy. au reste ce tableau aux Appendices du volume.

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