L'ENCLOS
étaient restés, pour la plupart, dans leur état primitif; ils avaient leur « parapet et corridor pour marcher et faire le tour en dedans des murs ^ », des créneaux et des contreforts, avec des tourelles ou des échauguettes de distance en distance : douze à quatorze en tout. Ces tourelles furent peu à peu détruites.
En 1456, tout cela était encore en fort bon état, et la visite déclare que les « murs sont bien et richement faits et en bon et sufflsant état ».
Plus tard, et notamment au xviii" siècle, on fut obligé d'en reconstruire de longues parties, surtout du côté de la rue du Temple ' et autour du palais du grand prieur, et ce sont précisément ceux qui avaient conservé le plus longtemps leur caractère primitif. Leur hauteur, à cet endroit, était, en 1733, de 17 pieds depuis le pavé de la rue (5 m. 44), dont 7 pieds en pierre de laille. Il n'est pas probable que cette hauteur fût partout la même. Le sol pouvait s'être exhaussé; Barillet, d'ailleurs, comptait 25 pieds, soit 8 mètres, pour ce qui restait des anciens murs.
La visite de 1733 ajoute qu*ils avaient été primitivement construits en moellons que l'on remplaçait peu à peu par de la pierre de taille.
Les plus anciens plans et vues de Paris (xvi'' siècle) ^ nous montrent les murs, au nord, encore bordés d'un fossé, ou plutôt d^un ruisseau, sans doute conservé parce qu'il longeait les remparts de la ville de Paris; en face la porte dite du Temple, il passait sous la rue et continuait son cours le long de la censive de Saint-Martin. Le fossé, devenu plus tard un vrai cloaque, fut comblé lorsqu'on créa la rue de Vendôme, à la fin du XVII* siècle.
Du côté du sud, l'Enclos était longé par la rue de la Corderie, qui, jusqu'à la On du xvi* siècle, parait avoir été fermée sur la
1. 1686. Enquête de la Chambre du Trésor (S 5102). Cf. 1776, Inventaire (S 5106).
2. Ainsi la visite de 1733 dit : « M. le grand prieur a fait rétablir et refaire en partie & neuf 63 toises desdits murs de closture, savoir depuis la maison de M. Portier jusqu'à celle de M. Boscberon. » (Voy. le chap. des locataires de FEaclos.) — Cf. en 1737 (MM 48), etc.
3. Cf. une assez mauvaise gravure de Silvestre, donnant Taspect de la rue du Temple, en 1650.