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petit et trapu, à la tête presque aussi grosse que le corps, attaque et détruit les serpents ; aussi est-il tenu sacré par la loi des colonies qui vous défend d'y toucher.
Il faut ici rendre justice aux grenouilles australiennes qui peuplent toutes les mares du pays et qui fournissent au concert du Bush leur talent incontestable. Les unes jouent de la raquette avec un entrain et une gaieté remarquables, les autres pincent du banjo comme les plus habiles dilettanti de la Caroline ou de la Floride.
A part les serpents qui foisonnent, les centipèdes, dont la morsure nécessite immédiatement l'amputation du membre attaqué, et mille insectes malfaisants, le Bush australien n'est habité par aucun animal féroce ou même dangereux.
Les kangurous, les wallabys ou kangurous de petite taille, les opossums, les principaux habitants du Bush, sont tous animaux au regard doux de la gazelle et parfaitement inoffensifs; même le petit ours du pays, auquel vous appliquez le fusil contre le museau dans l’arbre où il est perché, vous regarde innocemment en ayant l’air de vous dire: « Je ne t'ai rien fait, pourquoi me mets-tu sous le nez ce vilain instrument? »
Les canards sauvages, les lièvres, les pies, les perroquets, les psatticules inséparables, toujours accouplés et qui passent leur vie à se béqueter, ce
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qui leur a fait donner le nom d'oiseaux d'amour, voilà ce qe vous trouverez dans le Bush en quantités, indépendamment d'un nombre infini d'oiseaux au plumage superbe parmi lesquels il faut nommer l’oiseau-lyre, dont la queue se relève en forme de lyre parfaite. Puis, car il ne faut pas l'oublier, le maudit lapin, poursuivi, traqué comme une bête fauve par les Australiens dont il mange les pâtures. Si, en Europe, vous vous permeltiez de tuer un lapin sans permission, vous seriez condamné à payer une amende; si, en Australie, vous visiez un lapin et que vous vous permettiez de le manquer, je crois qu'on vous pendrait séance tenante sans aucune forme de procès. Et, en effet, les lapins font de tels ravages que je connais un squatler qui a fait entourer de treillage une propriété de vingt kilomètres de long sur huit ou dix kilomètres de large. Jamais la race lapine ne s'était imaginée qu’elle pourrait un jour acquérir une pareille importance. Plus d’une fois la question du lapin a occupé l'attention des parlements des différentes colonies australiennes. La chose a été plus loin. Les autorités ont été longtemps en communication avec M. Pasteur afin d'obtenir du grand savant français un virus qui pût se communiquer à la race et l’exterminert,
1. Un couple de lapins produit une famille qui s'élève en dix ans au chiffre fabuleux de soixante-dix millions. Vous pouvez vous imaginer les sentiments des Australiens pour l’Anglais qui a introduit dans leur pays le premier couple.
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L'animal australien par excellence c’est le kangurou comme quadrupède et le casoar, sorte d’autruche petite et massive, comme bipède. Le plus grand des oiseaux de la terre appartenait à l’Australie. Il a disparu aujourd'hui et on ne le voit plus que sous forme de squelette dans les musées, c’est le moa. Il y en avait qui atteignaient la hauteur prodigieuse de seize pieds.
Le kangurou et le casoar sont encore très communs; encore faut-il, cependant, s’enfoncer assez profondément dans le Bush pour rencontrer l’un ou l’autre.
Le kangurou est doux comme un agneau et ne mord jamais; mais, quand il est poursuivi à la chasse par les chiens, il sait se défendre très intelligemment. Il se sauve du côté où il sait y avoir de l’eau. Quand un chien le serre de trop près et qu'il sent qu'il n’aura pas le temps de se mettre à l'abri, il s'arrête dans l’eau et attend. Quand le chien est à sa portée il lui saisit les pattes avec ses longues pattes de derrière, le tire sous l’eau, s’assied à son aise sur les genoux, et, au moyen de ses courtes pattes de devant, tient le pauvre chien sous l’eau jusqu’à ce qu’il soit noyé. C’est fait, comme vous voyez, fort artistement.
Si le paysage australien est triste, ce n’est pas les gens que vous rencontrez qui l’égayent. L’ennui est écrit sur tous les visages.
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C'est le gardien de troupeaux au chapeau de feutre mou, à larges bords relevés de côté ou sur le devant. ou le boundary-rider qui inspecte les palissades et les barrières d'une station. Son cheval va au petit galop, les rênes sont abandonnées. Les Australiens sont insouciants et ne s’emballent jamais.
C'est le sun-downer, pauvre vagabond qui, ainsi que l'indique son nom, frappe, au coucher du soleil, à quelque porte hospitalière pour y recevoir du pain, du thé, du sucre, et le gîte pendant la nuit. Le lendemain matin il reprend sa course et se dirige vers la station voisine où il est sûr de recevoir le même traitement. Il voyage ainsi incessamment. Quelquefois on a besoin de lui, et il s'arrête pour gagner quelques schellings ; le plus souvent il est inutile et il marche dans le Bush, oublié, perdu dans cette immense solitude. Il porte avec lui tous ses biens et effets : une pipe, une couverture bleue et une petite marmite.
Plus loin, à l’époque de la tonte, c’est le shearer ! avec ses deux chevaux. L’un porte son maître, l'autre ses bagages. Celui-là est à son aise, Il gagne de trente à cinquante francs par jour. Les squatters payent vingt-cinq francs pour chaque centaine de moutons tondus, et il y a des shearers qui sont assez habiles au métier pour tondre deux cents moutons par jour. Au moment où vous le rencontrez, il se