‹ La maison John Bull & cie. [microforme]Chapitre 24 sur 54 · RP ET · texte numérisé non relu

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LA MAISON JOHN BULL ET Ci° 145

nière d’un vert foncé forment le parapluie, tandis que les dernières feuilles, celles de l’année, d’un vert pomme tendre et clair, se tiennent droites au sommet. Quelques jolies fleurs, le waratah surtout, d’un rouge écarlate superbe, viennent au printemps jeter un peu de gaieté sur cette scène de. solitude terrible.

Et comment décrire ce silence profond, mort! On dit que l’homme du Bush perd presque l'usage de la parole et que souvent il devient fou. Les bêtes elles-mêmes semblent frappées de mutisme. Les bestiaux ne mugissent point, et l'on n’entend pas bêler les moutons qui sont là à paitre par milliers.

Tirez un coup de fusil, cependant, et vous ferez probablement surgir du sommet des arbres un nuage de kakatoès blancs à la huppe jaune dont le vacarme vous étourdira; puis en un moment tout rentrera dans le silence.

Les oiseaux eux-mêmes semblent faire tout leur possible pour rendre la scène encore plus triste. Le corleau a la note d’une âme en peine, un md-kd lent et prolongé qui pleure et se meurt; le courlieu siffle une note plaintive semblable au cri d’un jeune enfant agonisant. Mais si vous voulez un son qui vous déchire l'âme, écoutez le morpork pendant la nuit.

Le laughing-jackass, l'oiseau rieur, seul vous rappelle qu’on peut trouver de la gaieté partout, même dans le Bush. Il rit admirablement et son hou-houhou-hou ha-ha-ha-ha est du dernier comique. En l’entendant rire, il faut rire avec lui. Cet oiseau, y

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