Arch. nat. Q
2. Cette parcelle collective représente les sept premières maisons de l'État et partition.
3 . La ligne qui traverse le n° 6 sur le plan indique la séparation de la cen-" sive de l'Archevêché avec celle du fief Popin, d'où relèvent les numéros suivants.
8o APPENDICE.
22 maison et porte-cochère, à la dame Charpentier.
23 maison, porte-cochère et boutique, au S' Aulic,
conseiller.
24 maison, porte-cochère et boutique, au S"- Chappe-
ron.
25 maison et boutique, à l'enseigne de la Ville dt Va-
knciennes, au S"" Hattier.
26 maison et boutique, à l'enseigne du Mortier de la
Providence, faisant le coin de la rue Neuve-des- Petits-Champs, au S^ Auscau.
Un troisième document, non seulement inédit, mais demeuré inconnu jusqu'à présent, vient s'ajouter aux deux précédents. C'est la légende qui accompagne le plan du fief Popin, dont il fut délivré copie authentique le 19 mai 1721. Il nous fournit l'état suivant des propriétés, à partir de la maison de M. de l'Épine (n° 374 de VÉtat et parti lions et n° 6 du Terrier royal) jusqu'à la rencontre de la rue Neuve-des-Petits-champs :
1 maison appartenant à M. de Hariague, ancienne-
ment à Nicolas de l'Épine.
2 M. de la Poire de la Roquette.
3 M. Dufort.
4 M. Perrot.
5' M. Henault.
6 MM. de Lepine, Moufle, Cesson et Le Clerc.
7 M. Brayer.
8 M. Dartaguiette.
9 M. Nouveau.
10 M. Dionis.
11 M. Dionis et veuve Perrier.
12 M. Corneille.
13 M. de Marsy,
14 MM. Baudëlet et Demary.
15 M. Henault.
16 M. Fouchet.
17 M. Henault. *
18 M. OUier.
LA RUE RICHELIEU DEPUIS SA CRÉATION. 8l
19 M. Gallois.
20 M. Hattier.
21 M. Rivière.
Plaçons maintenant en regard les relevés authentiques fournis ^avVÉtat et partition dQ 1684, par le Terrier royal des 1705 et parle plan de 1 721, et nous aurons réclaircissement aussi complet et aussi immédiatement applicable que possible à notre sujet, qui est la restitution de la rue Richelieu au temps de Molière. Je me borne cette fois à transcrire le nom des propriétaires de 1684, de 1705 et de 1721, en face des numéros d'aujourd'hui. Cette hste comparative des propriétés, entre la fin du xviF siècle et le commencement du xviiie, sera consultée avec fruit, en même temps que le plan du Terrier royal et que l'extrait du plan du fief Popin.
maison Brisacier.
id.
id.
id.
id.
id.
id.
maison Brunet.
I maisons Brisacier.
2 passage au Palais- Royal ou passage Richelieu.
9 Académie des peintres.
10 maison du Roy.
11 et 12 palais Brion.
13 M. Verjus deCrecy.
14 M. de Longueil.
1 5 M. de l'Espine.
16 M. Du Fort.
17 M. Le Guay.
18 dame Perault.
19 dame Bouquet.
20 Du Bourg.
21 dePradine.
22 id.
23 id.
24 demoiselle Le Roy.
25 dame de Villeblain.
26 M. Dionis.
27 id.
■ 3 galerie neuve du I Palais-Royal.
4 M. Verjus de Crecy.
5 Mme de la Ferté.
6 Mme Berteau.
7 M™e du Fort.
8 La même,
9 Dame Perrot.
10 Hôtel-Dieu.
ti M. de l'Espine.
12 M. Brayer.
13 M^ede Saint- Martin
14 M. Morisau.
1$ M. Dionis.
1 M. de Hariagne.
2 M. de la Poire de la
Roquette.
3 M. Du Fort.
4 M. Perrot.
; M. Henault.
6 MM. de l'Espine et
autres.
7 M. Brayer.
8 M. Dartaguiette.
9 M. Nouveau,
10 M. Dionis.
28 M. Dionis.
29 id.
1 16 M. Perrier.
Il MM. Dionis et Per rier.
30 dame Corneil.
17 Dame Cornette.
12 M. Corneille.
31 Dumarsic.
i8 M. Raoult.
13 M. de Marsy.
32 A.bbé Baudelet.
19 M. Baudelet.
14 MM. Baudelet et De mary.
33 M. Boulanger.
20 M, Genest.
I) M. Hcnault.
34 M. Inard.
21 M. Monncrot.
16 M. Fouchct.
35 D"e Bounegarde.
22 M™« Charpentier.
17 M. Henault.
SO
36 demoiselle Lenoir.
23 M. Aulic.
18 M. Ollier.
37 iJ-
24 M. Chapperon
19 M. Gallois.
38 M. Hoquet.
25 M. Hattier.
20 M. Hattier.
39 M. Mangiu.
36 M. Auscau.
21 M. Rivière.
On a pu remarquer que huit maisons seulement, sur les vingt-six propriétés cataloguées par le Terrier royal, avaient leur rez-de-chaussée disposé à usage de boutiques, et que celles-ci ne commençaient guère qu'aux abords de la rue Neuve-des-Petits-Champs, à partir et en face de la rue Villedo. L'aspect de la rue Richelieu était encore, au commencement du xviiie siècle, celui d'une rue sérieuse et tranquille, dont la noblesse, la magistrature et la bourgeoisie se partageaient le séjour. Les arts y avaient été représentés, dès l'origine, par le peintre Corneille et parles sculpteurs Marsy. Le grand Molière habita chez les Baudelet, et, ce qu'on sait moins, c'est qu'il y fut le très proche voisin de l'autre MoUere, le musicien-danseur, qui l'y avait précédé de quelques années.
Dès l'année 1665, Louis de MoUier demeurait rue de Richelieu, avec sa fille Marie-Blanche de MoUier et son gendre Léonard Itier, officier de la musique du roi, ainsi que le prouve l'acte de baptême de son petit-fils, Léonard Itier. L'acte d'inhumation d'un des petits-fils de Louis de MoUier,
daté du 24 octobre 1676 S nous apprend que la maison habitée par les deux familles MoUier et Itier était celle de Mme Corneille, « vis-à-vis de l'hôtel de Crussolle. » Or, la maison de Mi"e Corneille est celle qui porte aujourd'hui le no 36.
Louis de MoUier y demeurait au moins depuis Tannée 1662, témoin le procès-verbal dressé le 19 mai par le commissaire Pierre Lemusnier, chargé d'informer sur l'assassinat d'un comédien italien, François Mansac, dit le Capitan, qui était venu tomber expirant « au devant la porte de la maison du sieur Molière^ ». M. Campardon a cru qu'il s'agissait de notre poète ; mais c'est une erreur évidente sur laquelle il n'y a pas lieu d'insister. Il n'en est pas moins curieux que les deux Molière aient demeuré pendant quelques mois des années 1672-73 porte à porte dans la rue Richelieu; un tel voisinage dut amener de leur vivant plus d'une méprise de ce genre.
Remarquons, en passant, le caractère approximatif et vague des adresses fournies par les anciens documents. La maison des Baudelet faisait certainement face à la rue Villedo en même temps qu'à l'hôtel de Crussol; cependant j'ai déjà relevé, d'après VAhnanach royal, l'adresse du procureur Genest donnée en face de la rue Villedo , quoique sa maison fût à gauche de celle des Baudelet ; et voici que le registre de Saint-Eustache indique la maison de madame Corneille comme étant en face de l'hôtel Crussol, quoiqu'elle se trouvât un peu plus bas.
1. Actes citts par Befïiira, t. I, p. 113 et 180, et reproduits par M. Charles Livet dans son excellente édition des Intrigues de Molière et de sa femme, p. 124.