Emile Campardon, Nouvelles Pièces sur Molière, p
Une autre adresse, donnée dans les mêmes termes que celle du procureur Genest « en face la rue Villedo » pose un problème minuscule, et cependant intéressant, de la topographie anecdotique de Paris.
Pendant trente-neuf années consécutives, de 171 3 à 175 1 inclus, VAlmanach royal enregistre, sous la rubrique générale de l'Académie royale de peinture, le peintre Robert Tournières, avec les quatre adresses suivantes, souvent mélangées entr'elles :
Devant la rue Vildot {sic) ;
Au-dessus de la fontaine Richelieu ;
Vers la fontaine Richelieu ;
Rue et près la fontaine Richelieu ;
Et, de 171 3 à 17 19 inclus, l'Almanach ajoute cette indication insolite, dont il n'existe pas un autre exemple dans ce grave recueil , ce qui autorise à soupçonner une réclame commerciale, « joignant M. Foix, limonadier. »
La lecture de ces quatre derniers mots m'a d'abord saisi d'étonnement. J'avais cru d'après des traditions accréditées, qui se retrouvent dans le livre de M. Lefeuve (i), que le café Foy, comme on l'écrit de nos jours, avait été fondé vers 1749 par un ancien officier appelé M. Foy, et je découvrais que la fondation de ce lieu célèbre était plus ancienne d'au moins trente-six ans. Il n'y a cependant pas à douter. Le café Foix existait avant 171 3, sous Louis XIV, exactement à la place qu'il occupait encore en 1784 lorsqu'il dut franchir la rue Montpensier pour s'installer sous les galeries neuves du Palais -Royal, c'est-à-dire vers le milieu de la