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Il suit de là que la maison qui fait l'angle nord de la rue du Hasard avec la rue Richelieu a porté, en cinquante ans, le no 45 sur la rue Traversière, les nos 45^ 41 et 39 sur la rue Richelieu ; la maison qui suit, et qui s'élève sur l'emplacement réduit de l'hôtel Crussol, a été, pendant le même temps, le no 47 de la rue Traversière, les nos 45 ^ 45 et 41 de la rue Richelieu. Il y a là une source de nombreuses méprises lorsqu'il s'agit de rechercher l'identification d'une maison comprise dans cette mobile région.
Le reste de la rue, jusqu'au boulevard, a été bouleversé par diverses causes que j'indiquerai chacune en son lieu. Le fait est que la rue Richelieu, qui finissait avant 1830 au 115 et au 108, finit aujourd'hui au 103 et au 112. Elle a perdu des numéros du côté impair et en a gagné de l'autre.
Je résume l'état actuel de mes connaissances sur la rue Richelieu tout entière, dans le tableau suivant qui établit la concordance entre le numérotage par porte de Watin, le numérotage sectionnaire, le numérotage régulier de 180$ et le numérotage actuel. J'ai pénétré de mon mieux le principe du numérotage des portes imaginé par Watin ; je demande cependant quelque crédit sur cet article, pour m'épargner des explications minutieuses qui fatigueraient le lecteur en pure perte. Il suffit de savoir que Watin comptait les portes et non pas les maisons; par exemple, une maison bourgeoise à porte bâtarde avec deux boutiques reçoit trois numéros, tandis que tel grand hôtel princier n'emploie qu'un seul numéro, n'ayant en ce temps-là qu'une porte unique sur la rue Richelieu .
Watin attribuait à la rue Richelieu 500 toises de longueur et 183 portes, numérotées par lui de i à 87 par la droite,
LA RUE RICHELIEU DEPUIS SA CRÉATION. lOI
de la rue Saint-Honoré au boulevard Montmartre , et 88 à 183 par la gauche, en retournant du boulevard des Italiens à la rue Saint-Honoré.
A la suite du tableau, je donne, sous forme de notes correspondant à chacune des maisons existantes , de nombreux renseignements anecdotiques , biographiques et archéologiques, la plupart inédits, ainsi que l'indication des actes authentiques que j'ai découverts ou consultés.
Quoique la rue Richelieu n'existe que depuis deux cent cinquante ans environ, elle est prodigieusement riche en souvenirs précieux ou curieux ; à la littérature et aux arts elle rappelle Molière et Voltaire, Israël Silvestre et Mignard, Meyerbeer et Cherubini, Mme Pasta, la Bigottini, la Comédie-Française, l'Opéra et le Théâtre Louvois ; à la poHtique, les ministres Colbert, Louvois, duc de Choiseul ; à la finance, Jean Law, l'abbé Terray et plusieurs receveurs généraux du xviiie siècle, sans compter un nombre infini de personnalités secondaires, mais intéressantes.
On croit que Regnard y demeura, mais je n'ai pas découvert sa trace; de même pour le peintre Hyacinthe Rigaud.
Marivaux est mort comme Molière, son grand aïeul, dans une des maisons de la rue Richelieu qui prenaient jour sur le jardin du Palais-Royal, mais je n'ai pu la déterminer exactement.
J'ai indiqué l'adresse des acteurs, chanteurs et danseurs qui ont habité la rue Richelieu, qui a compté jusqu'à trois théâtres en exercice. On ne trouvera pas ces indications déplacées dans une notice consacrée à la maison de Molière.
Je dois prévenir que les dates portées dans le tableau qui va suivre sont purement indicatives et non limitatives ; lorsque je signale, par exemple, l'existence d'un hôtel garni en 1803, cela ne signifie pas que cet hôtel n'existât ni plus tôt ni plus tard, mais seulement qu'un document me le signale en 1803. Certains noms obscurs ont leur valeur parce qu'ils m'ont servi de points de repère. J'indique par des caractères italiques, les monuments, voies publiques ou établissements de tout genre qui subsistent aujourd'hui, et par des PETITES CAPITALES les hôtels scigneuriaux, pour les distinguer des hôtels meublés dont le nom est imprimé en caractères ordinaires.
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