L'abbé des Roches
Or, la maison de l'abbé des Roches, occupant certainement l'angle sud de la rue Villedo, se trouve identifiée par cette concordance avec l'hôtel de Crussol.
L'autorité de Jaillot, corroborée par les remarques qui précédent, suffirait à convaincre le lecteur attentif. Cependant, je désirais ardemment trouver une confir-
1. Ce n'est pas ma faute si je ne rapporte pas ici la preuve que la maison Adam était dénombrée dans la rue Neuve-des- Petits-Ghamps. La section de cette rue comprise entre la rue Sainte-Anne et la rue Richelieu faisait partie de la deuxième dizaine du quartier du Palais-Royal (Ms. 8605, f° 33, v°), mais elle manque dans la copie que possède le cabinet des manuscrits.
2. Il n'y a pas eu de fractionnement dans la section de la rue Richelieu comprise entre la rue des Petits-Champs et la rue Villedo ; au contraire, on n'y compte plus que six maisons modernes (n°» 43 à 53) sur l'emplacement de huit anciennes, pour la réunion des n°' 3 et 4 du tableau ci-dessus, sous le n° 49 actuel, et des n°* 5 et 6 sous le n° 47 actuel.
3. J'ai des raisons de supposer que Dausse et Villoyson sont deux noms d'un même personnage ; il existe encore une famille Dausse de Villexon qui me paraît être celle de Dausse de Villoyson (prononcez Villézon) dont il s'agit ici.
4. Les deux maisons Sénéchal, réunies et reconstruites, portent aujourd'hui le n" 47.
mation authentique du plan de Jaillot et de mes propres calculs. J'y suis parvenu avec un peu de travail et de patience.
La portion de la rue de Richelieu qui nous occupe relevait de l'antique Fief Popin, appartenant à des seigneurs particuliers et mouvant de l'archevêché de Paris. Les aveux, dénombrements et hommages du Fief Popin, rendus à l'archevêque, subsistent pour les années 1620 à 1744 ^ Ces documents, demeurés inconnus jusqu'ici, m'ont fourni diverses indications authentiques que je vais relater, et qui tranchent la question.
1° La déclaration faite devant Simon Moufle et Joseph Thouïn, notaires, le 17 mars 1704, décrit dans l'ordre suivant les maisons comprises entre l'angle sud de la rue Neuve-des-Petits-Champs et l'angle nord de la rue Villedo, à commencer par le premier :
« Maison du S"^ Adam; — celle du S"^ Villoyson « — celle du S"" Girault ; — celle du S"^ Le Jay, avocat « — celle du S"^ La Salle ; — celle du S'^ Le Camus « — celle du S"^ Polastre; — celle du S"^ ChauveHn « — Vhostel de. Crussol à l'abhé des Roches. »
2° Copie ancienne d'une déclaration du 8 juin 171 1 :
« Maison du S"^ Adam ; — celle du S"^ Villoyson ; « — celle du S"^ Girault; — celle du S"^ Le Jay; — « celle du S"^ de la Salle; — celle du S"" Le Camus; — « celle du S"^ Polastre; — celle du S"^ Chauvelin; — « Vhostel de Crussol appartenant au sieur ahhédes Roches. »
I. Arch. Nationales, S. 1121, et plans, départ, de la Seine, III" classe, n'* 46, 47, 129.
l6 LA MAISON MORTUAIRE
3° Aveu et dénombrement par devant Mahault et Goudin, notaires, le 19 mai 172 1 :
« Maison du S"* Adam; — celle du S"" Villoyson; « — deux maisons au S"^ Girault ^ ; — maison du « S"" Henault ; — celle du S*" Lemaistre ; — celle du « S''Horet; — celle du S'' Pougin, auparavant au sieur « Chauvelin, au coin de la rue Villedo; — de l'autre « costê de ladite rue, l'hosteî de Crussol, appartenant au « S"" Du Veaux, anciennement au sieur abbé des Roches. »
Cette dernière énonciation fournit à elle seule la solution du problème. La citation suivante n'a pour but que de compléter la série :
4° Aveu et dénombrement devant Hazon et Girault, notaires, le 24 octobre 1744:
« Maison du sieur Portier. — Celle du sieur de Vil- « loison. — Deux maisons de la veuve Girault. — « Celle du sieur président Henault. — Celle de la dame « Hugot. — Celle du sieur Horet. — Celle du sieur « Pougin de Nomion^ qui fait le coin de la rue Vildot, — « tt,'de l'autre coslé de ladite rue, la maison du sieur « Dumas, anciennement l'hosteî de CrussoU. »
Nous pouvons maintenant dresser le tableau synchronique des maisons comprises entre le coin droit de la rue Villedo et le coin gauche de la rue Neuve-
1. Ces deux maisons sont restées réunies et portent aujourd'hui le n" 49.
2. Je rétablis, d'après l'Almanach royal de 1745, le véritable nom de M. Pougin de Nomion, secrétaire du roi, que les titres de l'archevêché dénomment inexactement Pougin ou Pougues de Saumion.