CONCLUSION
A ce moment, M. de Fayreuse s'arrêta, et, après un moment de réflexion, il continua, mais en bomme qui parle pour parler et non plus pour dire la vérité. La fatuité du vétéran reprenait la parole :
— Je ne sais ni ne veux savoir, dit-il, si, malgré tout ce qu'elle a dit contre M. de Belnunce, elle ne s'est point raccommodée avec lui. 11 était fait à peindre et elle l'avait aimé.
Je pense que le malheureux aura obtenu son pardon, car il désirait rendre valable un certain testament entaché d'une singulière obligation.
Mais cela ne fait rien à notre histoire.
Que la comtesse ait eu par-ci par-là, depuis cette époque, des velléités d'amour, c'est ce qui est plus que probable pour une femmeNaussi paui'suivie et aussi flattée qu'elle Ta été; mais elle a été envers moi d'une délicatesse parfaite à cet égard. Jamais ma place d'intime ne m'a été disputée, ni à sa table, ni dans £on salon.
Si vous êtes curieux de savoir comment un vieux garçoa
d'un jeune cadet de famille. 305
peut arranger son existence quand il a épuisé toutes les passions, je vous dirai que tous les jours de ma vie je vais faire ma partie chez madame de Belnunce, et que je m'en viens après tranquillement finir ma soirée chez madame Smith.
C'est absolument aujourd'hui comme il y a vingt ans ; seulement madame de Belnupce, au lieu d'être l'ardente et folle jeune fille dont l'imagination avait fait les fautes bien plus que son cœur, madame de Belnunce est une charmante femme un peu rétive, un peu pincée, d'une exacte dévotion, fort bien en cour, et qui, dans les jours de grande gaité, m'appelle libertin.
Quant à madame Smith, Je crois vous avoir dit qu'elle avait été svelte, fine, délurée, et vous êtes à même de juger de l'élastiôté de la peau humaine en voyant ce qu'elle est devenue.
Quant à moi, monsieur, je puis dire que je n'ai vieilli ni dans mon esprit ni dans ma peau; je n'ai maigri ni engraissé d'aucun côté; seulement le corps et le cœur commencent à devenir un peu calleux, et si j'ai troublé ma quiétude présente par le souvenir de l'histoire que je viens de vous raconter, c'est qu'il a fallu des motifs bien puissants pour cela.
TABLE
Ckapitis I. — i Début d'un Jeune cadet 1
— II. » Suite du début d'un jeune cadet ^ 16
— III. — Une aventure ....•• 31
— IV. — La Garde- malade 45
— V. — Rêve. — Cachot. — Incendie Si
— VI.— Situation terrible 66
-*- VIL — Fuite du château 82
— VIII. — Nouveaux personnages ;....... 95
— IX. — : MorgosKoése... .: 107
— X. — M. de Morden et sa &mil1e It7
— XI. — Ruses de Téhéta 139
— XII. — ^ Le regard du serpent. 154
-<- XIIL — Encore une conquête. . . — 172
— XIV. — . Nagy Tcha 183
— XV. — Une trahison 201
— . XVI. — Une vengeance manquée. . . 212
— XVU. — Une scène bizarre 222
— XVIIL — Dans la cabane 229
— XIX. — Madame Smith.... 241
— XX, — Visite mystérieuse 249
— XXI. — Un soufflet 258
— XXII. — Un lâche 267
— XXIII. — Arrangements de famille 272
— XXIV. — Un guet-apen» 280
— XXV. — Nouvelle vengeance de Téhéta 290
— XXVI. — Fin de la confession 800
— XXVIK— Conclusion • ... S04