‹ La maîtresse; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 11 sur 25 · SCÈNE Xïï · texte numérisé non relu

SCÈNE Xïï

HENRIETTE , M"^- de TERCY , M"^« DARBEL.

j^me pg TERCy.

Excusez-moi, Madame, de la liberté que j'ai prise de m'adresser à vous, sans avoir l'honneur de vous connaître. M. de Balniont, Tintendant militaire qui, m'a-t-il dit, est de vos au)is , s'était charj^e de solliciter pour moi votre obligeance. J^ai appris hier qu'un ordre du Ministre l'avait oblige' de partir, sans qu'il pût me tenir parole.

M" e DARBEL.

il est parti? N'importe, jMesdames , ce sera toujours , pour moi, un plaisir (Fctre agréable aux amis de M. de Balmont. Que puis-je pour vous'r" Mais prenez donc la peine de vous asseoir.

j^me Dj; xERCir.

Non; je ne suis venue que pour ne pas manquer au rendez-vous que vous aviez eu la bonté de me donner^ La réclamation dont j'ai h vous prier de vous charger , est basée sur un titre qui se trouve entre les mains de mou gen(he... et nous ne l'avons pas vu de la matinée.

M ^ DARBEL

Le mari de Madame?

HENRIETTE , j'ougissant.

"Je ne...

M™^ DE TERCr.

Voas la faites rougir. Je dis mon gendre , pour m'y accoutumer; ils ne sont pas encore maries.

HENRIETTE

Et c'est du succès de cette réclamation que de'pend notre mariage.

M™« DARBEL

Vous pouvez compter sur mon empressement, Mademoiselle; car je ne doute pas que vous n'aviez fait un choix...

HENRIETTE

Madame , je m'en suis rapporte'e à ma mère.

M™e DARBEL.

Vous en serez re'compensée.

M™« DE TERCr.

Mariage d'inclination. Il est vrai que les convenances , l'inte'rêt, tout s'y trouvait; du reste...

AIR du Werre.

La comédie offre , dit-on ,

Des exemples souvent fort sages ;

A ma fille aussi , pour leçon ,

J'ai fait voir les trois Mariages...

De Raison, d'Argent... J'ai plus fait!

D'mclination... Que vous semble ?

Et pour en former un parfait,

Wous les avons mis tous ensemble.

20,000 francs de rentes à eux deux. Si une inclination n'est pas heureuse avec ça .. J'aurais pu faire davantage pour mon Henriette ( ma fille s'appelle Henriette ) , si je n'avais pas e'te' de'pouille'e de la succession de mon frère , par une femme...

HENRITTTE.

Ma mère, ces de'tails n'inte'resscnt pas Madame.

M™^ DE TERCY.

On nous avait conseillé d'intenter un procès. Des biens superbes... une succession conside'rable... il a vraiment fallu...

HENRIETTE

Et qu'importe, ma mère; Ernest ne m'eût pas nii^iee tl avantage.

M™^ DABBEL, vivement, Ernest!

jyjme DE TEP.CT.

C'est le nom <]« futur , le fils d'un banquier dont vous ;ivez entendu parler . sans doute, M. Surval. M™« DABBEL , accahle'e.

M. Surval... Ernest...

HENEIETTE.

Vous le connaissez , Madame?

M™^ DABBEL , avec Un sentiment de douleur. Oui. ( Affectant la légèreté. ) Je l'ai rencontré quelquefois dans le monde.

HENRIETTE

Moi, c'est à la campagne, il y a quelques mois. Son père e'tait notre voisin... nous nous voyions.

M™^ DABBEL.

Souvent?

HENRIETTE

Ail mon dieu! tous les jours.

jyime DE TERCY.

Eu ma présence.

M"^ DABBEL , à y3«ri!.

J 'étouffe!

UrXRIETTE.

AIR rie Caleb.

Oui , j*ai de sa tendresse Reçu l'aveu cliarmaiit ; Et do m'ainiff sans cesse 11 a fait le serinent.

M AD. DAi\B£L , avcc clouletir .

Ce serment...

HEivniETTF. , vivement.

Oh ! ma mère Fut là pour l'accueillir ; El bientôt, je l'espère, Le ciel va le béuir!

tXSEMBI.E.

f HENRIETTE.

Oui, j'ai de sa tendresse Reçu l'aveu charmant ; Et de in'aiiuer sans cesse Il a fait le semienl.

MAD. DE TERCY.

'Elle a de sa tendresse

Reçu l'aveu charmant ; lEt de l'aiintr sans cesse

11 a lait le serment.

[mad. dabbel, à pari , auec douleur.

Elle a de sa tendresse Reçu l'aveu... Comment?

Et de l'aimer sans cesse \I1 a fait le serment.

( On entend au dehors , à gauche , Ernest disant : ) Madame est-elle ici?

M™^ DARBEL, à elle-même.

Ernest !... c'est lui !... quelle occasioa !

{ Jprès une seconde d'/iésilation , elle va pousser le verrou de la parle à gauche. )

jjme j)£ TERCY.

Nous vous dérangeons , Madame , nous allons nous retirer.

M°^^ DARBEL , vivement et avec trouble.

Non , non ; je serai bien aise d'avoir une note sur cette affaire. Passez dans mon cabinet... deux mots. ( A Henriette. ) Je vais penser à votre réclamation, Mademoiselle.

HENRIETTE

Vous êtes bien bonne.

( Madame de Tercy et Henrielie entrent dans le cabinet de Madame Darbel, à droite ; et, après un mouvemenl de colère , celle-ci va tirer vivement le verrou de la porte à gauche. )

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