M'^* DARBEL, ERNEST
( Un moment de silence. )
ERNEST , trouble'.
Ah ! c'est vous?
La Mailresse. 4
M""* DARBEL, de même.
Vous êtes bien ému ?
ERNEST
Non; mais vous-même?
M™^ DARBEL
Moi... le plaisir de vous voir me cause toujours de l'émotion. ( Lui indiquant un fauteuil. ) Asseyez-vous donc.
ERNEST
Je n'ai qu'un instant.
M"»» DAKBEL.
Vous êtes bien pressé?
ERNEST
Je crois avoir hier... ici... oublié un portefeuille. jjine DARBEL , regardant le bonheur du jour. Un portefeuille !
Je me suis informé si quelqu'un de vos gens... Il contenait des papiers...
M™^ DARBEL
Auxquels vous attachez quelqu'importance.
ERNEST
Oli! beaucoup. La fortune toute entière d'une famille respectable...
M™' DARBEL, lui prenant la main.
Et quel intérêt si grand prenez-vous donc à cette famille?
ERNEST
Mais pas d'antre que. . .
M'"^ DARBEL
Comme vous tremblez ?
ERNEST
Moi?...
M»" DARBEL
Vous.
ERNEST
C'est que. . .
M'"® DARBEL , vivement et avec force.
C'est que vous me trompez . . . c'est que vous êtes un ingrat !
ERNEST
Sophie , que dites-vows ?
M™« D'ARBEt.
Osez soutenir que vous êtes toujours le même ponrmoi, que vous m'aimez toujours !
ERNEST
Cet emportement. . .
M™® DARBEL, exaspérée.
Re'pondez , re'pondez !
ERNEST
Cette tyrannie. . . ces violences sont odieuses à la fin.
M™^ DARBEL, avec dépit.
Odieuses I
ERNEST
Oui.
M™e DARBEL.
Vous voulez rompre , je le vois.
ERNEST , élevant la voix.
Eh bien! puisque vous m'y forcez . . .
M™« DARBEL , à demi-voix , et avec intention marquée.
Ne parlez pas si hant. ( Elle va ouvrir la porte du cabinet^ et lui montre les dames de Tercy. ) Tenez , regardez. ERNEST , pétrifié.
Ah!
M™* DARBEL , se retournant vers lui avec une fierté calme.
Eh bien! si j'e'tais ce que vous dites. . . ( On entend les premières mesures delà ritournelle du chœur suivant.) Qu'entends-je?... Les personnes qui devaient venir à la campagne!. . . Poliveau ne les a pas pre'venues. ( Avec une iro~ nie froide f à Ernest. )On voulait m'éloigner!
SCi^^NE XIV.
LES MÊMES, POLIVEAU, Amis et Amies de
M™® DARBEL