‹ La maîtresse; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 17 sur 25 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ERNEST, HENRIETTE, M^^ de TERCY, SURVAL.

mme j)2 TERCY, entrant Vous voyez que nous n'avons pas été long-temps en visite.

SURVAL.

Je ne croyais pas que vous eussiez un cavalier.

( // adresse à Ernest un regard de satisfaction. ) jime j)E xERCT.

Nous avons eu le plaisir de renconter Ernest dans une maison. . .

HENRIETTE

Chez une dame qui veut bien s'inte'resser à notre réclamation.

jyjme jjE TERCT.

Femme très-obligeante.

HENRIETTE

Ah! oui.

ERNEST , à part.

Je tremble à chaque mot. ( Aux dames. ) Vous n'entrez pas?. . . Pheure approche.

SURVAL , à son fils , avec honte'.

Un moment , ne sommes-nous pas bien ensemble ? {Aux dames. ) Dites-moi donc quelle est cetfe dame?

ERNEST

C'est...

M™^ DE TARCY.

Je le demandais à Ernest, en revenant. Nous ne la connaissons pas , nous . . . Mais, grand train de maison , grand ton...

HENRIETTE

Et nne amabilité, une grâcel .. . et jolie!... Mon dieu qu'elle est jolie ! ( Ernest est au supplice. ) Ne trouvez-vous pas, Ernest?

ERNEST

Je trouve. . .

( ÛV )

SURVAt.

Quelle est- elle donc enfin?

jyjine jjj. TERCY.

Elle se nomme Madame Darbel.

STJRVAL.

Madame Darbel!

ERNEST , à part.

Voilà ce que je craignais.

SURVAL, lançant un regard sévère à son fils. Et vous avez rencontre Monsieur chez elle?

HENRIETTE

Il y était aile' lui-même pour nous.

SURVAt.

l^our vous?

j^jme jjj; TERCY.

Oui j pour lui remettre notre titre.

( Mouvement de Surval. ) HENRIETTE.

Si vous saviez quel a été' son empressement, lorsqu'elle a su qu'à ce titre étaient attachés . . .

jjme DE TERCY.

Toute ma fortnne.

HENRIETTE

Et mon mariage.

SURVAL.

Comment?

ERNEST

Mon père, vous saurez. . .

SURVAL , avec inquiétude et étonnement.

Et par quel hasard vous êtes-vous trouvées en rapport avec cette dame?

jime p2 TERCY.

C'est par un de nos amis, M. de Balmont. Mais vous, est-ce que vous la connaissez?

SURVAL, regardant son fils. Oui, je la connais.

jjme j)j; T^^CY , vivement.

Et vous ne nous en parliez pas?

SURVAL.

J'avais quelques raisons pour cela. ( Poliveau entre. — Les dames remontent la scène pour lui parler. — Pendant te temps, Surval s'approchant de son fils , lui dit à demivoijc, et d'un ton sévère:) Voilà donc comme vous tenez vos promesses?

LKS MÊMES, POLIVKAU.

POLIVEAU, saluant.

Mesdames, Monsieur. . . ^ Aux dames. ) Je me sois acquitté (le vos commissions. ( A Henriette. ) Voici les boutons en brillnns ilu futtir. ( Bas à Ernest. ) La parure en améthyste pour la signature. Demain , à huit heures , les diamans de la ce'rémonie.

( Madame de Teixy et lient iet le examinent les boutons^ pendant que Surirai reste pensif . )

ERNEST , à Poliveau , qui est venu auprès de lui Mais, Sophie...

POLIVEAU, bas.

Je l'ai calme'e. . . Je lui ai fait croire que tu ne te mariais que dans quinze jours. Ça nous donnera du temps.

ERNEST , bas.

Ah ! je suis plus tranquille ! ... Et ces 20,000 fr. ?

POLIVEAU , bas.

Nous allons en parler. . . J'ai la une lettre... {A Madame de Tercy qui examine les boutons. ) Vous les trouvez?. . .

M""^ DE TERCY.

Charmans.

POLIVEAU, allant à SurvaL

Vous devez être content?. .. Le voilà arrive', ce jour tant désire'!. . . {Surval lui lance un regard sévère. — A part.) Ah ! ça , qu'est-ce qu'il a encore ?. . . Figure aimable , pendant du colonel. ( Se rapprochant des dames. ) A la bonne heure, parlez - moi d'un mariage qui s'annonce sous d'aussi heureux auspices, ( A Henriette. ) Une femme charmante , douce, aimant son mari, qui de sou côté est plein d''amabi]ité , de gaité.

( // lui fait un signe. )

AiB. : ^4 soixante ans.

Que l'on médise encor rlu mariage !

Sur mon ami j'en vois l'Iieureux effet... 11 a déjà le cahne du ménage...

Sa gaîté douce... et son air... satisfait i Bientôt l'hymen va le rendre parfait!

Ce fut loujburs , aux erreurs de jeunesse, Le seul remède...

suRVAii , h demi-voix à Polii-eau.

Oui , surtout pour mou fiU ; Cax' j'entends bien que , suivant vos avis , Le premier jour qu'il donne à la sagesse. Soit le dernier qu'il donne à ses amis.

POLIVEAU, à paru Ail ! voilà le regard qui s'explique.

HEyRiETTE , has à sa mère.

Maman , dès que nous serons marie's , je veux qu'Ernest l'ompe avec ce M. Poliveau.

jyime j)E rEKCYf bas.

Tu feras bien.

POLIVEAU, à lui-même.

Je crois que j'ai fait la conquête de la belle-mère.

ERNEST. (l)

Mon père... quelques ordres à donner. . .

suRVAt, vivement.

Restez, Monsieur.

POLIVEAU

Le temps est à l'orage.

( Il se retire vers le fond , comme pour sortir , et revient à la gauche de Surval , lorsqu^il aperçoit Ripert. )

uw DOMESTIQUE, annonçant.

Quelqu'un désire parler à Monsieur.

ERNEST

Ail ! c'est bien heureux !

SURVAL , à pari.

L'importun !

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