SCENE IV
LES MiMES, RIPERT. (2)
ERNEST , voyant entrer Ripert.
Ciel, le Colonel!
(t) 11 passe derrière les dames , et les personnages se trouvent ainsi placés : Henriette , Mad. deTercy , Ernest, Poliveau, Surval.
(2) Henriette , Mad. de Tercy^ Ernest, Ripert , Surval , Poliveau.
POLIVEAU, àpaH.
L'homme aax vingt mille francs.
RIPERT , à Snrtyah C'est à M. Surval que j'ai l'houueur de parler?
sURVAL , le saluant.
Monsieur. . .
RIPERT
Je suis le colonel Ripert.
ERNEST, à part.
Tout est perdu!
POLIVEAU, à part.
Il va commettre quelque indiscrétion.
SURVAL , avec inquiétude.
A quoi dois- je attribuer l'honneur de voire visite?
RIPERT
Monsieur, c'est pour des fonds. . .
SURVAL.
Ces 20,000 francs... vous ne les avez pas reçus? POLIVEAU , à lui-même.
Il n'y a plus à reculer. ( Faisant signe à Ernest, et tirant un paquet de sa poche. ) Hum! hum! ( Surval le regarde ei intercepte ainsi les signes d^ Ernest et de Poliveau. ) Il ne bougera pas î
SURVAL.
Mon fils! ( y4 M. Ripert. ) Ces fonds vous ont été expédie's à Metz.
RIPERT
J'en suis parti depuis trois jours.
SURVAL.
Mais c'était avant...
( Il jette un regard inquiet sur Ernest. )
ERNEST , has à Ripert, et lui saisissant la main. Monsieur , ne me perdez pas , vous serez payé.
RIPERT , embarrasse'.
Monsieur...
SURVAL , à part.
Il aurait abusé...
HENRIETTE
Ma mère , nous importunons peut-être...
jyjme ug TEKCY, la retenant.
Non ; restons.
J>0LIVEAU , qui est passé avec précaution a la droite d'Ernest, après •■ Ne me perciez pas, vous serez paye'- lui remet un paquet.
Tiens , vois ce que lu as à faire.
( // se liissimule vcpeme/it vers le fond. )
ERNEST, le regardant.
Celte somme... comment?
SUR VAL, à Ernest.
Je vois que TOUS avez oublié... ( A Ripert. ) Venez , Monsieur , je vais acquitter...
( Il fait un pas. )
ERNEST , vivement, à Ripert.
Arrêtez, Monsieur... voici...
( Il lui remet l'argent. )
POLIVEAU , avec trouble.
L'e'tourdi , qui donne la lettre avec.
( // lui fait de loin un signe de pitié. — // se rapproche des dames, et cherche à les occuper ,pour éloigner leur attention de ce qui se )
RIPERT , après avoir compté les billets. La somme est complète.
Mme j)2 TERCY , à part.
Il m'avait fait trembler.
HENRIETTE
Pourquoi donc , maman?
RIPERT , à lui-même.
Mais ce papier... ( Il lit. ) « Maigre' rin<;ratitu(îe d'Er- » nest, je ne puis le laisser dans un embarras... » ( Courant à la signature. « Sopie Darbel. »
suRVAL , avec impatience.
Pardon , Monsieur , si je vous presse... mais une affaire importante... Je marie aujourd'hui mon (ils. RIPERT , indiquant Ernest.
Monsieur ?
POLIVEAU, vivement.
Oui, à Mademoiselle. ( A part. ) La lettre fait son effet.
( Sun, al marque son impatience )
RIPERT
' Je ne me Irompe pas. . . i'ai déjà eu le pl.iisir de voir Monsieur ce matin, chez Madame. . .
ERNEST , Varrétanl. ISÏonsieur , ne parlez pas ici. - .
RIPERT , à lui-même.
Une telle obligation ! et il se marie!
SURVAL.
Vondriez-vous m'accompagner?
RIPERT
A Pinstant. ( Remettant les billets à Ernest , à part. ) Tenez , Monsieur. ( Mouvement cVélonnenient d'Ernest.) J'aime mieux attendre. . . { A Survol, avec gmvite'. ) Je vais signer votre quittance.
( Rlpert remonte le théâtre pour entrer dans le cabinet de Surval.)
SURVAL , après V avoir fait passer devant lui , se rapproche de son fils , et lui dit à demi-voix , avec sévérité'. Je vous attends dans mon cabinet.
( Sun-al entre dans son cabinet at-ec Pdpert.
jjme j)E TERCY, à Emest.
Ernest, j'ignore ce qui se passe. . . Si c'est une folie , que ce soit la dernière.
( Elle va pour sortir. ]
HENRIETTE, avec inquiétude, à Ernest.
Qu'est-ce que maman vient donc de vous dire? jjme jjg TERCY, revenant sur ses pas, et l'entraînant. Allons , allons , ma fille, à notre toilette.
( Les deux dames sortent par le fond. )