‹ La maîtresse; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 22 sur 25 · SCENE VIÏI · texte numérisé non relu

SCENE VIÏI

HENRIETTE, (i) M°"^ DARBEL.

HENRIETTE

Quel est donc ce bruit?... Quelqu'un!... ( Courant à Madame Darhel. ) C'est cette dame... Ah! mon dieu, comme elle est pale ! Seriez-vous indisposée. Madame? Je vais appeler.

M™^ DARBEL, plus vivement.

Gardez-vous en bien , je me sens mieux. ( A elle-même.) Je meurs!

HENRIETTE

C'est sans doute pour nous annoncer une bonne nouvelle que vous avez pris la peine de venir?

m™^ DARBEL.

Oui , oui , je suis venue ...

(i) L'entrée d'Henriette doit être ménagée de niauière à laisser un instant Mad. Dari)tl dans son accablemenl. )

HETSTRIETTK.

Tout est donc 011^11 terminé? C Mouvement de Madame Varbel. ) Après les délais , les difllciiltés que nous avons éprouvés , c'est h vous que nous allons devoir. . • M'"^ D.A.RBEL , l'interrompant.

Mademoiselle. . .

HENRIETTE

Ah! vous croyez peut-être que c'est l'intérêt qui me fait témoigner tant de joie , de contentement? Non, Madame, c est un sentiment plus pur; car malgré des droits bien légitimes à une autre fortune...

jjme DAHBEL, se levant.

Une autre fortune?

HENRIETTE

Nous y avons renoncé.

M™^ DARBEL, vivement et avec inquiétude. Renoncé , et pourquoi?

HENRIETTE

II fallait attaquer les dernières volontés d'un parent qui nons avait aimées. Ce .frère de ma mère dont nous vons avons parlé ce matin. . . Il croyait avoir contre nous quelque sujet de plainte. Une femme qu'il rencontra dans une province élois^née, à Marseille, ou l'appelait la confiance du gouvernement. . .

M^^ DARBEL , avec intérêt.

Monsieur votre oncle occupait un emploi?

HENRIETTE

Il était alors gouverneur militaire.

M™® DARBEL , ejjrayée.

Son nom?

HENRIETTE

Le comte de Sénart.

M™^ DARBEL, à part.

Cette femme, c'est moi !. . . encore moi!. . . ( Haut. ) Et celle dont vous me parlez, on vous Fa dépeinte sous des couleurs . . .

HENRIETTE

Peu favorables , je vous l'avoue. . .

M™« DARBEL

Ah! l'on est toujours pressé de condamner... de... ( Avec un sentiment de douleur. ) Mais que dis-je ?. . . Maintenant, ai-je encore le droit de me plaindre ?. . . {A Hen-

rielle. ) Cependant, Mademoiselle, un vieillard auprès duquel elle a remplacé une famille qui l'abandonnait sur le plus le'ger motif, ne pouvait-il pas lui tenir compte , à son tour, de ses soins, de son amitié' constante?

HENRIETTE

C'est ce que j'ai toujours dit à ma mère. M™^ DARBEL , étonnée.

Vous avez dit. . . et votre mère?. . .

HENRIETTE

Dans les premiers momens , on voulut la faire plaider... attaquer le testament... elle s'y refusa. ( Mouvement de Madame Darbel. ) Nous venions de de'couvrir ce titre, que vous avez eu la bonté de faire valoir pour nous... ( Madame Darbel jette en tremblant un regard sur le papier quelle a déchiré.) Cela nous suffira, dit-elle j je respecterai les dernières intentions t!e mon frère. . , je marierai ma fille modestement ; et, pour être moins riche, elle n'en sera pas moins heureuse.

M'^^ DARBEL

Quoi , cette résignation ? . . .

HENRIETTE

Vous nous Ta vez rendue plus facile encore par l'obligeance...

jvjrae DARBF.L , avec abattement.

Assez , assez !... Allons, tout est fini pour moi!

( El/c se traîne vers la table et écrit. )

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