M"« DARBEL, RIPERT
RIPERT
Que vois-je! ( Après un moment de silence. ) Je ne me trompe pas... Vous , Sophie !
M™' DARBEL
Oui , colonel.
RIPERT
Je ne reviens pas tle mou étonnemenl. . . Mademoiselle de Launay à Paris, dans celte position brillante... sous un nom!... On nous avait dit que c'e'tnit dans une de «os villes du Midi, à INlarseille je crois, ^110 vous vous étiez retire'e en quittant votre famille...
M"« DARBEL
Ah! nie'nagez-moi... Parlons du motif qui vous amène... Que ]c serais heureuse , si mon faible crédit pouvait vous être utile !
BIPEKT.
Votre cre'dit! D'après ce que je venais d''apprendre , je vous l'avoue, il me coûtait de'jà de devoir quelque chose à Madame Darbel... mais à vous , Sophie...
M"^^ DARBEL, V interrompant vivemetiL ^ avec embarras.
Mon notaire me mande que j'ai en vous un concurrent pour le petit domaine de famille que je lui avais donne ordre d^icheter.
RIPERT
Je n'y pre'tends plus rien... Une crainte , que je croyais bien fondée , m'engageait à faire celte acquisition... « Un « jour, me disais-je, celle que rinexpc'rieuce et les se'duc- » lions ont e'gare'e , en sera cruellement punie , sans » doute... Elle regrettera l'asile modeste oii ses premières j) anne'es s'e'coulèrent si doucement, au sein de Tinno- » cence et de la paix domestique . . . Alors Pamitie' . . . ( Ap- >■) puyant. ) désinte'resse'e , pourra lui offrir ce rey) fuge... » {Jetant les yeux atUour de lui. ) J'avais biea
ca
Icule'
AIR. de Té nier s.
Voilà donc celle à qui ma prévoyance .Songeait à rendie un sort meilleur ?
( Moui^ement de Madame Darbel. )
Ah ! moiléiez votre reconnaissance...
Le devoir seul faisait ai^ir mon cœur !
Je vous croyais sans appui , sans famille, Et je disais : Amicoustaut, ^'e dois-je pas teudre à sa fille
La main qu'un père a pressée en mourant ?
M"*^ DARBEL,<5r«i icit saisie de sa main avec la pi s profonde émotion.
Ah! voilà bien votre àme noble et ge'nc'reuse! {Elle met sa main sur ses yeux ; et après un petit temps. ) Je ne puis vous cacher ce que j'éprouve. . . je fus bien coupable ! je le fus envers tout ce qui devait ni'être ciier et sacre'. . . ja me'moire de mon père , la tendresse de la mère la plus indulgente ; je n'ai rien respecte'. . . j'ai me'connu les sages conseils du sincère ami de ma famille... les vôtres , colonel !
HIPERÏ,
Vous vous en souvenez?
M"^^ DARB£L.
J'ai pre'fe're' l'iiomme empresse, dont le langage et les dehors flatteurs devaient me perdre , à celui dont le caractère, peut-être un peu grave , mais délicat et c'ieve' , m'eût assure' un sort digne d'envie... j'en ai porté la peine. Faut-il vous l'avouer? depuis ce moment^ pas un plaisir pur, pas un instant de vrai hoidieur, même au sein de cet éclat, de cette fortune dont vous sembler me faire un reproche. Ah ! colonel! si vous saviez ce qui s'est passé de douloureux au fond de mon âme. ( Ripert a de la peine à cacher son émotion.) Quelle émotion n'ai -je pas dû ressentir en jetant les yeux sur ces papiers, lorsque l'y ai lu votre nom ! ( Ripert garde le silence. ) Votre cause est juste , reposez-vous sur moi. Il me serait si doux d'être pour quelque cliose dans raccompHssement de vos vœux I Je dois voir aujourd'hui des personnages puissans... je solUciterai , j'obtiendrai. ( Ripert, vivement afjecté , ihi reprend ses papiers a\>ec un mouvement de douleur , et vu sortir. ) Quoi ! vous sortez ?
RIPEKT.
Adieu!
( J/ sort. )