SCENE VII
RIPERT, seul.
Il est sinç,ulier ce Monsieur. . . ( Il jette les yeux autour de lui.) Au luxe qui règne ici, je vois qu'en m'adressant à Madame Darbel , pour faire appuyer mes demandes au ministre , on ne m'a pas trompé sur son crédit. . . Le notaire en parle avec une sorte de mystère. . . Je suis fâché qu'elle aille sur mes brisées pour l'acquisition de la terre (leLaunay... Cela refroidira peut-être son zèle; car je ne suis rien moins que disposé à la lui céder.
AIR de Renaud de Montauban.
D'au vieil ami , cher à mon souvenir, Ce fut long-temps Ja demeure tranquille .. Et K; bonheur, toujours prompt à nous fuii , ]Ne m'appaïut qu'au sein de cet asyle!
Ainsi l'on voit, souvent, le voyageur, Après des jours de fatigue et d'orage , Venir en paix, achever le voyage Aux lieux témoins de sou bonheur.
Au lieu qui fut témoin de son bonheur.
SCÈXE VIII.
MARIE, r.IPERT.
MARIE , sortant de i'ài pnrtenient de Madame Dnrhel. Madame vous prie de vouloir bien l'attendre un moment. . . Elle vous connaît , Monsieur 1 . . .
RIPERT
J'entends... M. Audibray lui n dit que c'e'tait, moi qui enclie'rissais sur elle, pour la petile propriété quelle veut acque'rJr en Lorraine,
marif:.
C'est possible. . . Madame de'sire . en effet, acheter un domaine dans nos environs; je ne sais lequel, mais elle dit quil est si joli, si bien situe'. . .
RIPERT
Du tout : triste, enterré. . . m.TÏs il me convient. . . tn dois le connaître . c'est le château de Launay. MARIE.
Ah! oui , je le connais. . . je sais. . . j'ai entendu dire à ma mère. . . ]N'étail-ce pas là que Monsieur avait du. . .
RIPERT
Paix î paix ! mon enfant.
MARIE
Je comprends qu'un endroit où a demeuré une personne I . . . {Mom'ement de Rrpert. ) Il n'y a pas besoin qu-'il soit riant , et en belle vue pour qu'on s'y plaise ... si vous ■ disiez ça à Madame. . . Pardon , je crois qu-'elle renoncerait bien vite h ses idées — Elle est si bonne; elle aurait tant de ree^ret d'avoir causé de la peine à quelqu'un , et à quelqu'un de son pays encore I . . .
RIPERT
Comment ?
MARIE
Elle est de Metz ; voilà pourquoi elle m'a prise à soa service.
RIPERT
Darbel ! je ne connais dans notre ville person,ne. . . c'est le nom de son mari , sans doute ?
MARIE
Nonj ce n'est pas ce nom-là que j'ai entendu dire..i c'était M. le comte de. . . de Sénart. . . Je n'e'tais pas encore ici.
niPERT.
Ah !.. . mais ce nom de Darbel ? . . .
MARIE
II paraît que Madame se l'est donné elle-même. . . { A (icmi-voix.) Mais une chose singulière, c'est que voilà plus d'un an que ce Monsieur le comte est mort, et on pre'tendque Madame n^est pas veuve. . .
RIPERT
Pas veuve !
MARTE
C'est ce que m'a écrit une personne... digne de foi.». Cependant, il me semble que quand on laisse tous ses biens à une femme , ça prouve. . .
RIPERT , avec intérêt.
Marie , je ne vous vois pas avec plaisir dans cette maison.
MARIE
Gomment donc , Monsieur ? penseriez-vons aussi?. . . . Ah! si vous connaissiez Madame Elle a tant d'indulgence pour moi... Elle me donne toujours de si bons conseils . . .
RIPERT, lui prenant la main.
Des conseils!... Mon enfant, vous êtes jeune, sans expérience, croyez-moi, je porte trop d'intérêt à votre père, pour ne pas insister sur ce que je vous dis. MARIE , à part.
Comme Julien. . . c'est étonnant. ( Elle voit entrer Madame Darbel , et l'annonce. ) Madame !...
( FJ.'e sort. )