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pouse, n’était de nature à me surprendre.
J'aurais pu moi-même l'écrire, tant les idées, les sentiments, les phrases même , é : . ' . .
m'en étaient connus. Mais justement païce qu’elles m'étaient familières, ses raisons ne frappaient plus mon esprit. Je m'étais fait une attitude. En me tenant fermement à la résolution que j'avais prise,
je me savais gré deme prouver àmoi-même
que J'étais délivré des préjugés du vul- gaire, bref un garçon supérieur. :
À partir de ce moment, le démon campaguard qui ne m'avait jamais quitté se :
manifesta chaque jour davantage dans aa mes allures et mes propos. J'affectais de me donner à Paris les façons d’un hobe- AT reau, comme je trouvais du plaisir à me donner en province les manières d’un Pa- risien; je parlais de mes gens, de mes Ve LCR
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: chiens, de mes chevaux, déformant i ingé- nument, dans le sens de: ma vanité, toute.
une petite vie charmante mais qui n ‘avai :
rien de magnifique; je plaisantais la no= 8 blesse paysanne au milieu de laquelle il = me faudrait vivre un jour, touten n étant x | pas fâché de faire sentir que je lui appar- tenais. Sans doute il y avait dans tout cela . de l'affectation et du jeu, mais il était im- tu
Pete.
pe Le ne pes y reconnaître les es
‘4 de. Nér au bâillement qui vous dit qu'on : É d
pe. faim, au frisson qui vous annonce que la 2
4 qi : température a fraichi. KA d RE 42
ile arriva qu ’à ce moment même deux +538
des amis, qui composaient ma société la ÿ 14
à plus intime, durent s ‘éloigner de Paris. f Un troisième se maria. Je pus alors cons
FR tater ape ces amitiés n'étaient que des 4
habitudes, et je me désintéressai presque des deux ou trois familiers qui me demeuraient encore. Des travaux de voirie ayant jeté par terre le café de ma jeunesse, il me sembla que ma vie ancienne disparaissait avec la bâtisse. Je me rendis plus précisément compte que depuis longtemps je m'ennuyais. De vagues malaises d’estomac, de légers vertiges me prévinrent qu'on ne vivait pas impunément à la table de restaurants médiocres. Bref, le dégoût d’une existence qui n’était plus de mon âge, le besoin de devenir quelque part un homme important, une lassitude physiologique aussi, tout m'invitait à revenir au Pradeau.
Si j'avais poussé plus avant mon analyse, je me serais assurément aperçu que ma maîtresse elle-même n’échappait pas à cette désagrégation de ce qui avait été ma
jeunesse, et qu'elle faisait, elle aussi, partie d’un tout qui s’en allait à la ruine.
Mais pourquoi vouloir paraître plus raisonneur et plus sec que je l’étais en ce temps-là? Jamais je ne fus plus sincère dans mon affection pour elle que pendant les quelques mois qui suivirent la mort de Léonard. Elle le sentait vivement, et elle en tirait du plaisir et aussi de l’inquiétude. C’est par ce mélange de sentiments qu’une femme peut le mieux séduire.
Plus je lui marquais d'amitié, et moins elle semblait disposée à favoriser mon projet. A tout moment elle parlait de rompre, et puis au dernier instant elle n’en avait pas le courage, ou c'était moi qui la rete- nais. Ces scènes, ces ruptures, ces réconciliations finissaient par nous attacher plus étroitement l’un à l’autre que les années de quiétude que nous avions passées
/ ensemble. Nous nous apparaissions M à, reux, elle en refusant de me suivre, moi # ne JE offrant de braver l'opinion ré fl
vivions, CARO à ces die moments. & charme des débuts de l'amour.
Quatre ou cinq mois passèrent. Au Pradeau, la disparition de Léonard se faisait sentir plus encore qu’on n'aurait pu l’imaginer, car il y avait mille détails, auxquels ma mère ne prenait pas garde et qui n'échappaient pas au regard avisé de l’intendant. Une surdité, qui s’aggravait tous les jours, rendait plus ingrate sa besogne. Joignez-y la solitude, la tristesse de n’avoir personne à qui confier son cha- -grin. S'en ouvrir à sa famille, c'était me rendre odieux sans profit; s'adresser à
son curé, ce n’était pas une ressource, car, en dehors des offices, il n’était pour elle qu'un paysan. Ma nourrice ne pouvait que l'écouter sans rien dire. Restait ce personnage que vous CONNaISsez assu— rément, sinon pour l'avoir vu en personne, du moins pour en avoir rencontré de tout semblables : le vieux médecin de ma famille.
Ma mère l’envoya en ambassade.
. Un beau matin, je le vis débarquer dans ses atours de coq de village. Vert encoré malgré son âge, il passait entre Rochechouart et Notron pour quelqu'un.
qui avait beaucoup vécu. L’excellent
homme crut bien faire en employant la bonhomie. Rien n’a moins de prise, vous le savez, sur un jeune homme un peu fier. | Souvent je.me suis demandé pourquoi