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blait à cette heure personnifier pour moi
le destin.
Tout le reste de la ; journée, j'errai à tra- %
vers Angoulême, dans cette ville sans commerce, où l’on respire une atmos-
phère aristocratique, indolente, et pour ainsi parler, espagnole. Je fis le tour de ses remparts sans y rencontrer personne sue des curés discutant et quelques mili- - taires désœuvrés. On découvre de là-haut un des beaux horizons de France. Mon regard ennuyé ne voyait, ce jour-là, que les routes où, dans la poussière des jeudis et des dimanches, j'avais traîiné mes sou-
liers de collégien.
Il n’y avait plus à reculer; je devais
… prendre un parti. Ce parti s’imposait à moi; mais je ne pouvais me décider à dire __ moi-même à Mariette que maintenant il
MElbe nous séparer. Sous prétexte FA e0 montrer le moins de brutalité possible, } je S ‘ta cherchais les combinaisons qui m ‘arrange- L . Ve raient le mieux. Je les envisageai Mr ; Après avoir retourné la question sous
HA mille faces, je décida qu'il n’y avait Res À ma mère pour se charger de ce soin. 7 Jamais je n’oublierai tte triste RE | que nous passâmes, elle et moi, dans une … chambre d’hôtel qu'éclairaient deux misé- 1e ja rables bougies. J'avais perdu mon ne :% +. tranchant; j'étais humble, soumis, prêt 5
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Quand ma mère revint au Pradeau, Mariette n’y était déjà plus.
Sitôt qu’elle avait soupçonné la raison de mon départ, elle s’était fait conduire à Nontron, chez une sœur de ma nourrice.
C'est là que ma mère vint la trouver, pour lui offrir la petite somme d’argent que nous étions convenus de lui remettre.
Que se dirent-elles dans cette entrevue?
Je n’en ai jamais rien su, sinon que Mariette ne voulut accepter que les gages qui lui étaient dus pour les mois qu’elle avait
passés chez nous, en qualité de servante, disant que ses économies et des journées d’ouvrière lui permettraient de subsister.
Ma mère avait espéré mieux.
« J'aurais souhaité, m'écrivit-elle, que cette fille s’éloignât de nous tout à fait.
Nous devons pourtant reconnaître qu ’elle s’est conduite dans cette affaire avec nr 0 discrétion désirable. »
Et moi aussi, j'aurais souhaité qu'elle s’éloignât tout à fait! Un brutal désir de bonheur faisait taire la vague pitié que je
sentais encore pour elle. Je lui écrivis une
lettre, où 1l y avait de tout, des regrets, de la tendresse et même de la sincérité.
J’exaltais son abnégation; j je m'échauffais comme à l'ordinaire; je lui disais que.
peut-être, en dépit des apparences, elle avait la meilleure part.
Mariette ne me répondit pas. ee,
Deux mois plus tard, j'étais marié.
Je ne vous ennuierai pas, Monsieur, du détail fastidieux , d’un arrangement __ matrimonial en province, ni du tableau de soleil et de pluie qu'est le temps des fian- * çailles. Une comparaison incessante s’éta-
blissait dans mon esprit entre les souve-
nirs de mon amour ancien et les promesses RAtque m'apportait le nouveau. La différence que je voyais entre eux m'enlevait le sen- timent d’être infidèle à l’un ou à l’autre,
“et dans mon éternelle complaisance envers - moi-même, je m'enorgueillissais d’être LA Ce ‘ - . . , sensible à des affections si diverses.
__ Parfois un scrupule me venait, un assez niais besoin de franchise. j'aurais voulu £ . A CL , Lx PE e d confier à ma jeune fiancée l'histoire de ma
vieille liaison. Mais une pudeur plus forte retenait toujours sur mes lèvres des aveux prêts à s'échapper.
Un jour potinieut je me risquai dure | F < . tage. Je lui -contai, en l’attribuant à un De autre, une aventure qui n'était pas éloi- LES | gnée d’être la mienne. Le dégoût, qui se 4 marqua dans ses yeux levés sur moi, me # fit comprendre aussitôt qu’il serait sans 7 doute imprudent de pousser pee loin, mes y és Den Fa = Je m'ouvris alors à son père du scru= A mie qui ? me Re ae u « Laissez, lais-.
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