‹ La maîtresse servanteChapitre 41 sur 41 · KO · texte numérisé non relu

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moment.

ml avec son caractère économe, le grand © intérèt des derniers mois de sa vie fut de £ faire bâtir un tombeau qui, dans la

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prront des proportions magnifiques. Par

un premier testament, elle y réservait une

pr “, a

s place à à « Mariette, sa servante, pour l avoir ee

os fidèlement servie ». Elle ne donna pas suite à ce dessein, sans doute par la

+ domestiques les domestiques, et qu'il Douce mème dans ci mort, des ne es

Re lui FER les yeux.

Par une bizarrerie qui s rÉcordit assez

Cas d'un cimetière de campagne,

réflexion que les maîtres sont les maîtres,

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me suis pas consolé, est venu briser cet amour que vous avez vu naître. Peu d’années après la mort de ma mère, ma femme allait la rejoindre dans ce trop grand tombeau qu'elle avait préparé. Rien de plus cruel, de plus absurde que ces disparitions rapides, brutales, en pleine jeunesse! Pourtant c'est une chose apaisante, une consolation très douce de conserver dans sa mémoire une image que la mort a emportée sans que la vie l'ait flétrie. Mille possibilités de bonheur inépuisé apparaissaient devant nous. Encore aujourd’hui, Monsieur, elles accompagnent son souvenir. Le temps passe, les années s'accumulent sur ma tête : je reste le vieux compagnon d’un être qui ne peut pas vieillir.

Mariette, elle, vit toujours. Elle habite cette métairie que ma mère lui a laissée en

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mourant. Je vais la voir parfois dans sa maison solitaire. Sa personne a pris un air rustique ou religieux, ce qui est à peu près la même chose. Nous causons de mes enfants, des récoltes, de cette pluie, de ce - beau temps qui l'intéresse autant que moi, car elle s’occupe activement de son petit domaine. Bien que nous n’en parlions guère, les souvenirs d'autrefois semblent sans cesse se mouvoir silencieusement entre nous. L'autre jour, je me plaignais devant elle de l’ainé de mes fils, qui fait son droit à Poitiers et ne met guère d’empressement à revenir au Pradeau. Elle a levé les yeux sur moi, et j'ai compris à ce regard que, si elle s’est vaincue elle-même, elle n’a pourtant rien oublié.

Pour moi, à mesure que je vieillis, ce passé revient plus fort, plus pressant à ma mémoire. Il m’agite et me préoccupe. Je

me surprends à discuter avec moi-même une résolution, un Sentiment, un mot vieux de quarante ans. Si Je me retrouve en présence de choses demeurées telles 12 qu'elles étaient autrefois — et cela m'ar- ‘0 rive sans cesse, car ici rien n’a changé — | je me sens aussitôt entouré, pressé par les . sentiments que j'avais à quelque seconde __ |! lointaine, et j'éprouve un triste plaisir à penser que ces moments disparus ont encore une ombre de vie, et qu'ils ne seront décidément abolis que lorsque je ne serai

D plus. 54 : ne Vous connaissez nos prés : même au 1% Eee. cœur de l'été, ils crient sous le pas comme #4 une éponge; l’eau, retenue à fleur deterre

par un sol de granit, y court partout en rigoles, et souvent l’on trouve au milieu

une nappe étincelante, un étroit réservoir

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| carré qu'on appelle chez nous une serve,

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peut-être pour indiquér qu'une source est Là prisonnière. Mariette m'a souvent fait . penser à ces sources captives : elles sont

là fidèles, abondantes, toujours prêtes

pour les soins domestiques, et l’on y voit V3

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… le ciel.

Adieu, Monsieur, je vous quitte. Excu- \

* sez-moi de vous avoir fatigué si longtemps à 4 de mes inutiles regrets. Que d’affections 1 pe: se sont penchées sur ma tête! Quelle sève, . quelle profusion d'amour il ÿ a partout 4 dans la vie! Je songe que si chacun > # regardait autour de soi, il demeurerait © - confondu que tant d’êtres aient attaché à #

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