‹ La mal'aria drame en un acte et en vers par le M.is de BelloyChapitre 26 sur 27 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

Quand Dieu m’ayant compté ce jour expiatoire,

Aura réduit ma peine aux feux du purgatoire,

Moi , Pia Tolommei , moi qui n’accuse pas ,

Qui, seule, ai défendu votre honneur ici-bas, J’élèverai là haut de tels accents de plainte,

Que du monde invisible ils forceront l’enceinte.

Et, qu’un poète un jour, revenu des enfers,

Pour juge à vos fureurs donnera l’univers.

LE COMTE

Défendez votre amant, insultez-moi , madame!

LA COMTESSE

Comte Délia Pietra, je défends votre femme;

Je défends, contre vous, votre honneur et le mien... Mais, je soutfro, bornons ce pénible entretien,

Où , des deux parts, sentant notre fierté blessée, Peut-être avons-nous dit plus que notre pensée.

Et d’ailleurs, à quoi bon? le voile est arraché;

Je connais à présent les clauses du marché :

Mourir, ou dénoncer l’objet de votre haine.

Mon choix est fait : la mort , et je la sens prochaine.

LE COMTE

Vous ne m’abusiez pas : j’attendais un refus.

Encore un mot, pourtant, et je n’insiste plus :

Votre père...

LA COMTESSE

Mon père!

f LE COMTE.

Instruit de vos souffrances, Des torts que l’on m’impute, et non de mes offenses.

LA COMTESSE

• Il arrive?...

LA MAL’ARIA

LE COMTE

Aujourd’hui.

LA COMTESSE

Mon père! Je verrai

Mon père , il se pourrait? Et je vous le devrai ,

Comte!...

LE COMTE

Voyez le sceau de sa lettre et la date.

LA COMTESSE

Je vous crois , je vous crois. Combien j’étais ingrate '.

LE COMTE

Moins que vous ne pensez , je vous en fais l’aveu ,

Et ces regrets tardifs, je les mérite peu.

Votre père doit être ici dans moins d’une heure. Sachez-le bien, pourtant, qu’il me tue ou qu’il meure Vous ne le verrez pas.

LA COMTESSE

Qui serait assez fort Pour oser s’élever entre nous deux?

La mort , . .

La mort , qui , sur vos yeux , descend comme un nuage.

LA COMTESSE

Qui vous dit mes tourments?

LE COMTE

Mon cœur qui les partage , Mon sang , comme le vôtre, en mes veines glacé ,

Par le même poison.

LA COMTESSE

Quelle main l’a versé?

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