‹ La Maladie de BantiChapitre 8 sur 27 · RIRES · texte numérisé non relu

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Cette anémie, symptôme capital de l'affection, absente au début, s’installe cependant assez vite, après la splénomégalie ; elle se trouve bientôt confirmée par l'examen du sang.

L'examen hématologique décèle une anémie moyenne de 3 à 4 millions de globules rouges par millimètre cube, au lieu de 5 à 6 millions chez l’homme normal : cette anémie modérée la différencie nettement de lanémie pernicieuse qui montre une diminution beaucoup plus considérable des globules rouges qui descendent presque toujours au-dessous de 2 millions par millimètre cube ; parfois, cependant cette anémie se trouve encore plus accentuée dans la maladie de Banti ; Jean Omer cite le cas exceptionnel d’une malade présentant 1.300.000 globules rouges par millimètre cube. Dans notre observation N9 2, le chiffre des globules rouges de 5 millions est anormalement élevé, et contraste avec les chiffres habituellement bas de la maladie.

Ces hématies restent de formes et de dimensions normales ; il n’existe pas de réaction myéloïde ni de poikylocytose, ni d’anisocytose ; Jamais 1l n’a été constaté ni réticulocytose élevée, n1 d’hématies nucléées. Cette absence de déformation globulaire, l'égalité des diamètres des globules, l'absence de globules rouges nucléés, feront éliminer encore les anémies pernicieuses à type Biermérien ; en faveur de la maladie de Banti, on notera un symptôme capital : l'hypochromie, c’est-à-dire une grande inégalité de coloration par l’éosine avec les colorations panchro-

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miques type May-grünwald-giesma, qui colore très faiblement les globules rouges ; d’autres globules sont colorés simplement à leur centre ou à leur périphérie. L’hyperchromie, au contraire, associée à l'augmentation. de la valeur globulaire permettent d'affirmer le diagnostic de l’anémie de Biermer.

Citons, à titre de documentation, une augmentation des globules rouges ; dans une observation de Jean Ormgr, cette polyglobulie ne dépasse pas, d’ailleurs, 6 millions par millimètre cube. Elle est à rapprocher du chiffre observé dans notre observation N° 2 (5 millions).

La résistance globulaire est normale ou augmentée.

À côté de cette diminution du nombre de globules rouges, et d’une façon plus constante encore, et plus accentuée, on note une diminution du taux de l’hémoglobine, d’où le type d’anémie chlorotique hypochrome qui aurait une grande valeur au point de vue diagnostic. |

Les modifications des globules blancs sont moins nettes : dans les cas les plus typiques, on constate deux anomalies : leucopénie et hypopolynueléose.

De ces deux éléments, le premier est le plus fréquemment observé et l’on peut considérer la leucopénie comme un bon signe hématologique du syndrome de Banti. Cette leucopénie est, en général, modérée ; elle reste aux environs de 3.000 ou 4.000 leucocytes par millimètre cube, mais peut atteindre des chiffres plus bas, 1.800 par millimètre cube, dans un

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cas de Jean Ormer ; 900 seulement dans une observation d’Astoli. Dans notre observation N° 2, le chiffre des globules blanes, de 4.200 par millimètre cube, est un chiffre habituellement observé dans la maladie de Banti.

À côté de cette leucopénie, on remarque, en outre, une modification de la formule leucocytaire, caractérisée par une diminution du taux des polynucléaires dont le pourcentage s’abaisse dans la formule leucocytaire à 50 et 40,1a différence étant au profit des éléments mononucléaires. Le nombre des plaquettes sanguines est diminué.

En résumé, anémie légère, oligochroménie, diminution des polynucléaires granuleux, absence de toute réaction myéloïde, tels sont les caractères hématologiques de la maladie de Banti.

Si les examens hématologiques doivent porter surtout sur la nu mération globulaire et la formule leucocytaire, on devra rechercher aussile temps de saionement, le temps de coagulation et l’épreuve du lacet.

Cette exploration de la fonction sanguine permet d'interroger le mode de coagulation et les facultés hémorragipares et ainsi, de se rendre compte des troubles de la crase sanguine.

Le temps de coagulation, recherché suivant la technique classique du tube flambé au rouge, est généralement augmenté ; la coagulation ne se produit quelquefois qu’en 20 minutes, au lieu de 6 à 10 minutes, à l’état normal ; notre observation N° 2,

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