‹ La maladie de DarierChapitre 28 sur 41 · OBSERVATION XXIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIX

Dani.os et Dobrovici — Renault. — (Annales Denn. et Syphil..

février 1904, p. 163).

Laitier de dix-huit ans, sans antécédents héréditaires ni personnels. Début de l’affection, il y a deux ans. 11 avait déjà des lésions dans aines et aisselles ; il a eu furoncles dans ce temps-là, soit sur les aisselles, soit sur le pubis. Les boutons se sont étendus peu à peu sur le corps, principalement dans les régions séborrhéiques. — Envah issement de la tète il y a huit mois ; pas de chute des cheveux. Actuellement, on trouve dans les régions séborrhéiques de petites papules d’un volume variant entre la tète d’une épingle et une lentille. Ces papules sont saillantes, dures à la palpation, très serrées les unes contre les autres, confluentes par places, et donnent au toucher une sensation de rugosité particulière. Elles sont d’une coloration brunâtre, desquament peu par le grattage. Quelques-unes d’entre elles se trouvent au niveau des follicules pileux et portent un poil à leur sommet. Quand, par le

grattage, on essaie d’en enlever une, on ne constate pas en général que la base se confine dans la profondeur et plonge dans l’orifice pileux ; on trouve seulement que l’épiderme adhère davantage au centre, et quand on insiste, on met à nu une petite dépression qui est peut-être un orifice glandulaire, mais dépourvu de comédon. On ne fait pas saigner la peau. 11 y a un état kératosique de la peau assez marqué. On trouve, en particulier, sur la paume des mains, une kératose ponctuée sous forme de petits comédons cornés assez clairsemés, abondants surtout vers le talon de la paume et paraissant siéger dans les orifices sudoripares, desquels ils n’émergent pas.

La distribution générale des éléments psorospermiques est tout à fait caractéristique. En commençant par les régions les plus atteintes :

Les plis de l’aine sont symétriquement envahis par les papules qui, confluentes dans le pli lui-même, vont se disséminant en éléments isolés sur la face antérieure des cuisses et la partie inférieure de l’abdomen, où elles se continuent avec celles du côté opposé au niveau du pubis. On trouve également des éléments sur les bourses.

A la ceinture, les papules vont en diminuant d’avant en arrière.

Les deux aisselles sont le siège de papules multiples.

Aux plis du coude, les papules sont plus nombreuses sur le pli du coude gauche.

Les creux poplités sont envahis par des papules très disséminées.

A la nuque, à 5 ou 6 centimètres au-dessous de la

lisière du cuir chevelu, on trouve de nombreuses papules formant, par leur confluence, des placards. De plus, un collier de papules disséminées fait le tour du cou.

Sur la face, ces papules sont souvent nombreuses sur la lèvre supérieure, le front, à la lisière du cuir chevelu.

11 ne paraît pas y en avoir sur les oreilles. On en trouve cependant quelques-unes derrière l’oreille droite.

Le cuir chevelu est envahi par des papules présentant les mêmes caractères.

Dans le pli fessier et la région périanale, on trouve des papules confluentes, d’une coloration blanchâtre, due à la macération, mais non ulcérées ni végétantes.

En aucun point, les papules, quoique confluentes, ne sont végétantes. Leur symétrie est très marquée.

Les ongles sont striés en long, de consistance et forme normales.

Les muqueuses sont intactes.

On trouve deux grandes taches pigmentaires de la dimension d’une pièce de dix centimes, l’une à la face antérieure de la cuisse gauche et l’autre dans le pli inguino-scrotal.

A la paume des mains, on trouve plusieurs verrues vulgaires entre les comédons cornés.

Un kyste dermoïde existe à la partie externe du sourcil gauche.

Rien à l’auscultation. Examen des urines négatif, ni sucre, ni albumine. Santé générale excellente. Faciès légèrement adénoïdien. Intelligence moyenne; le

malade a servi à Aubervilliers comme garçon de laboratoire.

L’examen histologique d’un de ces petits éléments, que nous devons à l’obligeance de M. Gastou, montre un trouble de la kératinisation de l’épiderme qui lorme des papulo-croûtes , un épaississement de la couche cornée qui, en certains endroits, se prolonge dans les orifices folliculaires, et une légère hypertrophie des papules. On constate également l’existence de ces corps ronds décrits par M. Darier.

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