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OBSERVATION VII

Deux cas de Dermatose de Darier, par E. Schweninger et F. Buzzi (Atlas international des maladies de la peau, t. XIII).

Introduction. — L’affection dont nous allons parler n’est pas très ancienne; en tout cas, la littérature des trois dernières années nous a déjà renseigné sur dix cas pareils, dont le premier, paru en Allemagne, provenait de notre Clinique et a déjà été l’objet d’une publication (Buzzi etMiethke, liber die Daviers’ che Dermatose : Monatsheft, f ftrak. Derm., 1891, n° 1 und 2). Si cette affection n'est pas très rare, il n’en est pas moins vrai qu’elle est peu connue ; il faut ajouter que les opinions, qui existent sur son étiologie et sa

nature, sont tout à fait contradictoires.

Premier cas. — Anamnèse , Etat actuel , Traitement, Evolution. — Il s’agit ici d’un malade qui entra, le ier juillet 1890, à la Clinique des malades cutanés de l’Hôpital de la Charité, pour une éruption du cuir chevelu.

Cet homme est âgé de seize ans et polisseur de métaux ; sa mère serait morte, il y a treize ans, d'un cancer. Pendant son jeune âge, il fut atteint de la rougeole, de la diphtérie et d’une inflammation pulmonaire.

L’affection, par laquelle le malade entre à l’hôpital, a débuté il y a sept ans.

Elle a été soignée plusieurs fois, s’est améliorée par intervalles, mais a toujours récidivé.

Tout . le cuir chevelu est recouvert d’un eczéma im-

pétigineux et, en outre, d une éruption particulière formée de saillies d'un gris-jaunâtre, se laissant enlever avec longle ou avec la pointe d'un scalpel. Le malade est bien bâti, mais amaigri.

Après un traitement de quatre semaines, le cuir chevelu du malade est complètement guéri.

Les autres régions malades furent traitées de différentes façons. Le cou et les mains avec une pommade résorcinée au io/iooe. *

Deuxième cas. Anamnèse. — M. W..., quarantesix ans, Israélite, non mariée, entre à la Chanté, le 19 février 1902. Elle est atteinte depuis trente ans d une affection cutanée qui débuta au niveau des plis inguinaux et des régions abdominales adjacentes.

Etat actuel. Presque tout le corps, à l'exception de la figure, du cou, des faces palmaires des mains et des pieds, est le siégé d'une éruption particulière, verruqueuse, constituée par des nodules plus ou moins rapprochés, de couleur gris sale; au niveau des plis des aisselles, des régions inguinales, là où la sueur produit de la macération, leur coloration est d un gris-rouge. L'éruption présente un tout autre aspect au niveau de la face dorsale des mains. Ici, l’épiderme est épaissi en totalité.

Evolution. 1 out d'abord, on voit apparaître, à la suite d un prurit vif, une tache de la grandeur d'une lentille au centre de laquelle se produit rapidement une saillie ronde, plus ou moins transparente, d'où 1 on lait sourdre, par la pression, une petite goutte

de sérosité claire, suivie d'une plus grosse goutte de sang.

Le traitement fut employé au niveau des parties glabres du corps, par places et compartiments, avec des pommades à l’acide pyrogallique, à io ou 15 %. Le cuir chevelu fut d’abord soigné au moyen de l’huile d’olive; puis, après ramollissement et enlèvement des croûtes, avec une pommade à l’oxyde de zinc et au thiol au 10 °/0.

Les résultats de l’examen microscopique peuvent se résumer comme suit :

i° Inflammation chronique du derme avec hyperplasie des papilles et production très abondante de pigment ;

20 Inflammation chronique dans la couche malpighienne (exsudation, immigration de cellules lymphoïdes, etc.) avec caractère en partie progressif, en partie régressif, et comme résultat final une hyperplasie de toutes les parties de la couche ;

30 Par conséquent, hyperplasie de la couche granuleuse, mais avec un. caractère paratypique par place ;

40 Trouble considérable du processus de kératinisation avec hyperplasie, mais surtout parakératose ;

5° Présence dans toutes les couches épidermiques (non pas dans le derme) de corpuscules coccidiformes étranges qui se montrent tantôt extracellulaires (grains), tantôt intracellulaires (corps ronds) ;

6° Ces corps ronds subissent, comme les cellules épithéliales, une kératinisation plus ou moins complète.

Diagnostic différentiel. — Pour assurer le diagnostic, il ne faut jamais oublier de faire l’examen microscopique au moins des masses épidermiques que l’on obtient par un simple grattage. Mais comme la

présence des corpuscules coccidiformes n’est pas absolument pathognomonique, des doutes pourraient encore subsister ; ces doutes ne peuvent être complètement éliminés que par l’examen microscopique d’une coupe à travers une efflorescence.

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