OBSERVATION VI
C. Boeck. Vier Falle Dariers’che Krankheit (Arch. f Dermatologie und
Syphilis, t. XXIII, 1891, p. 857).
C’est le second travail de Bœck ; il s’}T trouve quatre observations :
Premier cas. — 11 s’agit d’un homme robuste de vingt-un ans, antérieurement soigné par Bidenkap, qui avait diagnostiqué un lichen ruber acuminatus. La maladie était fort ancienne et remontait vers l’enfance, plus exactement à l’âge de dix ans environ. Les lésions étaient typiques, très peu développées à la face, sauf sur le nez, abondantes à la nuque; autour du cou, au-devant du sternum, dans les aisselles, sur l’abdomen, dans les aines; le dos des mains et des pieds offraient un aspect verruqueux tout à fait différent des lésions papulo-croûteuses du tronc. Les aisselles, le ventre, les aines étaient fortement végétants, humides et suintants. Les ongles étaient altérés. Il lut blanchi mais non guéri par les pâtes, les colles, etc.
Deuxième cas. — Homme robuste de quarante-sept ans offrant des altérations typiques dans les lieux d’élection : le cou, la région sternale, l’abdomen, les aines, les aisselles, dans les plis, les lésions sont très végétantes et très suintantes. La peau de la face est rouge, épaisse, rude au toucher; le dos des mains et des doigts sont verruqueux. Altération des ongles; toute la peau est pigmentée en brun; il n’y avait pas de démangeaison. La maladie avait débuté à l’âge de
seize ans. Au bout de quinze mois de traitement, le malade était à peine amélioré; ses deux fils sont les sujets des deux observations qui suivent.
Troisième cas. — Jeune homme de dix-huit ans. L’observation est presque semblable à la précédente; toutefois, hauteur note formellement qu’en différents points, particulièrement au niveau de l’abdomen, les papules paraissent être tout à fait indépendantes des orifices folliculaires. La peau des organes génitaux était saine. Le dos des mains ne présentait que de très faibles anomalies ; celle des doigts est tout à fait intacte, et cependant les ongles en étaient fortement altérés. Les ongles des orteils étaient aussi fort épaissis, bien que la peau des pieds parût saine. Enfin, indépendamment des efflorescences types, on voyait de nombreuses taches pigmentaires.
Quatrième cas. — Garçon de quatorze ans. Chez lui, les lésions sont semblables à celles des deux précédents malades ; toutefois, elles sont particulièrement développées sur la face; le dos des mains offre un état verruqueux très accentué et les ongles sont malades. Nous ne trouvons pas de renseignements sur l’état des muqueuses. Au point de vue clinique, Bœck insiste sur des régions unguéales, sur le début par le cuir chevelu, etc. 11 donne un examen microscopique dont nous avons déjà signalé l’importance. Il n’admet pas la nature parasitaire des corps ronds. Il les considère comme des cellules épidermiques dégénérées (éléidine) consécutivement à une anomalie de la kératinisation, et il étudie tout particulièrement les lésions dites de fissuration.