‹ La Maladie de Kaposi dans la Race NoireChapitre 19 sur 25 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

L'étude anatomo-pathologique des pièces de biopsies pratiquées chez des Noirs atteints de Maladie de Kaposi, ne diffère pas de ce qui a été observé chez l'Européen. Rappelons briève-

ment l'image microscopique caractéristique de l'affection :

Trois processus interviennent dans la constitution des lésions et confèrent à la coupe un polymorphisme, tenant à la fois à l'âge des lésions, et à la zone examinée ;

le premier est un processus angiomateux réalisant soit une prolifération intense de capillaires sanguins et lymphatiques, soit des images de lacs sanguins et de lacunes intercellulaires ;

le deuxième est un processus sarcomateux réalisant soit le dispositif fasciculé du sarcome fibroblastique, soit l'aspect réticulaire du réticulosarcome, avec noyaux hyperchromiques et mitoses nombreuses, rarement atipyques.

le troisième est un processus inflammatoire et réactionnel réalisant des plages granulomateuses dans lesquelles on peut même trouver des cellules géantes.

Les nodules évolueraient ensuite vers la sclérose pouvant résulter d'une collagénisation directe du tissu tumoral ou bien pouvant provenir des zones inflammatoires elles-mêmes.

Tout ceci a été retrouvé dans l'étude effectuée par M. le Docteur GEYER, à propos des tumeurs cutanées du malade de notre première observation. Voici quel était le compte rendu

anatomo-pathologique :

Levi

Tumeur dermique

Formation nodulaire encapsulée par une coque fibreuse. Structure en faisceaux denses, entrecroisés, formés de cellules fusiformes du type fibroblastique, à noyau ovalaire et à cytoplasme fibrillaire. Légère production, irrégulièrement répartie, de collagène intercellulaire. Il existe de l'inégalité et des atypies nucléaires. Les mitoses, typiques et atypiques, sont fréquentes. Vaisseaux lacunaires, creusés à même le tissu néoplasique dont les cellules les bordent directement avec parfois tendance à se différencier en une paroi endothéliale. D'autres vaisseaux pos-

sèdent une paroi propre.

Zone sarcomateuse composée de cellules fusiformes avec nombreuses figures de mitose.

Cet aspect serait, en définitive, celui d'un sarcome fuso-cellulaire sans la limitation nette du nodule par une capsule fibreuse et sans la présence de territoire hémangiomateux ou lymphangiomateux.

Re Lise

Les capillaires sanguins, de calibre variable, ont une paroi propre, endothéliforme ou non. Dans leur voisinage, les faisceaux cellulaires se creusent souvent d'orifices fissuraires autour desquels les cellules néoplasiques s'ordonnent en une couche endothéliforme, ou bien, les globules rouges infiltrent les interstices des cellules qui s'écartent et se disposent en bague, dessin-

nant des mailles spongieuses.

Par endroits, la structure du tissu tumoral devient lâche, réticulée, à cellules fixes rameuses, avec néoformation de lymphatiques limités par plusieurs couches de cellules fusiformes ou par une ébauche de paroi endothéliforme. À ce niveau, on voit des cellules fixes se mobiliser et devenir monocytoïdes. Il en est qui desquament dans la lumière des néo-vaisseaux lymphatiques. Celle-ci est en général large et renferme de la sérosité où nagent

des lymphocytes.

On assiste donc, dans la tumeur, à la transformation d'éléments fusiformes ou rameux en cellules monocytoïdes, processus nettement visible dans les zones lymphangiomateuses. Il existe également de la pigmentophagie se traduisant, dans les territoires hémangiomateux, par des éléments rameux surchargés de pig-

ment sanguin.

Dans la région périphérique du nodule, la végétation sarcomateuse respecte quelques ilôts formés de cavités vasculaires limitées par un endothélium aplati et séparées par des travées conjonctives fibreuses. Ces ilôts semblent être les vestiges d'une prolifération angiomateuse initiale qui a passé secondairement à la forme sarcomateuse. Ce nouveau processus les refoule à la péri-

phérie où ils figurent, en quelque sorte, des pédicules vasculaires.

La capsule est le résultat du tassement du tissu fibro-conjonctif du derme : l'orcéine y met en évidence des fibres élastiques à orientation circulaire. Elle s'épaissit progressivement par sa face interne grâce à un apport tumoral. La multiplication active des

cellules fusiformes, soulignée par les nombreuses mitoses, refoule

LA e

Persistance de capillaires angiomateux au sein d'un nodule en voie de collagénisation.

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