CONCLUSIONS
La curieuse étude que nous avons essayé de rajeunir, suggère, en finissant, quelques réflexions.
Elle nous fait connaître une belle observation d’hystérie polysymptomatique, car Geneviève Martin semble synthétiser en elle presque toutes les manifestations de la grande névrose.
Successivement ou alternativement, elle présente les phénomènes les plus disparates, naissant et évoluant sur un fond névropathique inépuisable dans ses modalités.
Les accidents convulsifs y figurent au grand complet.
Les désordres viscéraux portent sur presque tous les appareils : poumons, estomac, reins, vessie.
Les troubles vaso-moteurs affectent tantôt la forme éruptive, tantôt la forme œdémateuse.
Les stigmates psychiques se révèlent dans toute leur pureté. Ils déterminent en particulier l’étrange manie qui pousse la malade à introduire en cachette dans sa vessie ou son estomac les corps étrangers dont elle sollicite plus tard l’extraction.
Dans un autre ordre d’idées, le résumé clinique si clairement exposé par Morand, sa discussion basée sur des arguments scientifiques indiscutables, et le diagnostic d’hystérie qu’il affirme expressément, font le plus grand honneur à ce médecin du siècle passé.
N’oublions pas que cette explication de la maladie de Geneviève, acceptée il y a cent cinquante ans environ, eût été sévèrement critiquée un siècle plus tard, alors que les termes d’hystérie et de simulation étaient, pour beaucoup, à peu près synonymes.
L’approbation que rencontre aujourd’hui ce diagnostic plus que séculaire prête également à réflexions sur les vicissitudes des doctrines médicales.
Ce n’est pas un des moindres enseignements qu’on puisse tirer de la lecture de la Maladie de la Fille de St-Géosmes.
Enfin, il est de toute justice que le nom de Morand, tombé trop tôt dans l’oubli, prenne dans l’Histoire de l’Hystérie la place honorâble à laquelle il a droit.
Imp. Vvc Loukdot, 33, rue des Batignolles, Paris.
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