OBSERVATION DE MANOUVRIER
Ouvrier du brai, pendant 10 ans. Cancroïdes du nez et du scrotum guéris par l’incision aruciale et la cautérisation ammoniacale. Amblyopie avec réduction de l'amplitude d'accommodation, héméralopie et pholo-
phobie. Examen ophtalmoscopique.
Le 7 juillet 1875, nous examinons un ancien ouvrier
en agglomérés, âgé de 44 ans, qui a quitté, il y a 5 ans
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et demi la fabrique de Saint-Waast, où il travaillait depuis 10 ans, dont 2 à la cave, 8 à la distillation au
goudron et les 5 derniers mois aux bassins de brai.
I devint bientôt mélanodermique. Pendant le iravail à la distillation du goudron, la peau avait une teinte jaune clair spéciale. Etant à la cave, il eut à la face et au cou des boutons dont il reste des cicatrices blanches à la joue gauche et au côté droit du cou. Il reconnut que l’alcoo!l camphré pur était ce qui réusis-
sait le mieux à les faire disparaître.
Après un an de travail à la cave, il contracta aussi des cancroïdes du nez et du scrotum. Au nez, le cancroïde siégeait au milieu de la face dorsale et s'accompagnait d’engorgement ganglionnaire. Au scrotum, l’un se trouvait sur la bourse droite, l’autre sur la bourse gauche, ces tumeurs étaient volumineuses et saillantes. Plus tard, il y a un an seulement, il parvint à se débarrasser de ces épithélioma en les fendant crucialement avec un tranchet et en les cautérisant avec de l’'ammoniaque liquide. Cette espèce de traitement dura cinq mois, pendant lesquels le malade iravaillait aux bassins. Aujourd’hui, on constate sur le doz du nez une large cicatrice grise elM#ptique. grande comme une pièce de un franc et sur le scrotum deux petites cicatrices, l’une en avant à droite, l’autre en bas à gauche.
Cet ouvrier a eu aussi des excroissances verruqueuses sur les épaules aux points de frottement des bretelles.
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Actuellement encore, il présente sur le milieu de la Joue gauche et dans son épaisseur, un tubercule dur du volume d’un très gros pois, adhérant à la peau et recouvert par un petit bouton saillant surmonté d’une croûte squameuse. Il conserve un tubercule ulcéré dans la narine droite.
Le malade a l'habitude de prendre des bains alcains et de se faire des lotions alcalines pour «se faire sortir le brai de la peau ».
Crachements noirs pendant le travail dans la cave et aux bassins. Douleurs épigastriques au moment des repas par l’ingestion d’aliments chauds. Constipation habituelle ; selles dures et noires, parfois sanguinolentes. Urines vert jaunâtre, quelquefois très épaisses.
Palpitations du cœur pendant le travail à la distillation du goudron et aux bassins de brai, reparaissant de temps en temps depuis la sortie de la fabrique, bien que nous ne constations pas de bruits de souffles cardiaques et vasculaires.
Depuis quelques temps, sa vue s’affaiblit surtout à droite, et cette amblyopie a continué à augmenter depuis qu’il ne travaille plus aux agglomérés. Le malade ne peut plus lire qu’à une assez grande distance, c’est-à-dire que le point le plus rapproché de la vision distincte s'éloigne de l’œil (réduction de l'amplitude d’accommodation), il éprouve la sensation d’un voile qui se serait interposé entre ses yeux et les objets extérieurs. Dès que le crépuscule arrive, il
voit moins distinctement ; le soir, il ne peut plus
CRD RTS reconnaitre les personnes (héméralopie). D’autre part la vive lumière du soleil limpressionne terriblement. l’éblouit et l’empêche de distinguer nettement les objets. La photophobie était telle que le malade a fait peindre l'intérieur de sa maison en couleur foncée ; il eut été fatigué par la réflexion blanche des murs blanchis à la chaux.
À lexamen ophtalmoscopique, la choroïde paraît grise, la papille optique est blanc grisâtre, avec pigmentation péripapillaire sous forme de pointillé brun foncé. Les vaisseaux sont pâles et diminués de calibre.
L'observation suivante — et un autre cas que nous ne rapportons pas ici — prouvent que les troubles de la vision diminuent graduellement dans les années
qui suivent la cessation du travail au brai.
OBSERVATION DE SWEIGG
Travailleur dans une fabrique de briquettes. Depuis plusieurs années, le malade avait eu des verrues. qui avalent été excisées. Ces verrues avaient leur siège à la face, aux avant-bras et au scrotum, on avait libéré le malade en lui conseillant de changer de profession. En mai 1902, le malade alors âgé de 24 ans, avait des verrues étendues qui formaient tumeur et qui se irouvaient à la paupière supérieure droite, à la joue gauche et au scrotum. Ces verrues saignaient facilement quand on enlevait la croûte épithéliale. Les couches
profondes de la peau n'étaient pas atteintes et les
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ganglions n'étaient pas pris cliniquement ; on fit une Opération chirurgicale au bistouri et au thermocautère puis on traita les plaies avec un onguent à la résorcine qui les fit guérir. Alors, se produisait un arrêt de plusieurs années, pendant lesquelles le patient ne faisant plus parler de lui, on le crut guéri. C'était faux, car celui-ci, qui travaillait comme cantonnier, revint en septembre 1905, avec des symptômes beaucoup plus graves que les deux premières fois. La moi- Ué droite du visage était très fortement enflée et douloureuse, comme on ne pouvait faire une excision, on traita l’enflure par des applications d’alun et d’acide acétique. Cependant, comme ces symptôines augmentaient, on se décida à une incision ; on tomba sur une large fistule, qui conduisait à l’antre d’Highmore. Les os étaient aussi minces que du papier. Malgré les pansements antiseptiques, la blessure ne manifestait aucune tendance vers la guérison, au contraire la perte de substance devenait plus grande pendant que les bords de la blessure commençaient à proliférer et s’enflaient, fait typique du carcinome.
On se demanda alors, vu le jeune âge du malade (28 ans), si on n’aurait pas une guérison possible par une résection du maxillaire. Le chirurgien consulté déconseilla cette intervention. Le processus malin n'existait que sur la joue droite alors que sur la joue
gauche, au scrotum et à la main droite, où s'étaient
trouvées des verrues primaires, tout était guéri sans
complication. Au scrotum, en particulier, il n’en res-
tait aucune trace.
L'état subjectif était relativerient bon, le malade ne ressentait aucune douleur, pas de fièvre, appétit bon, selles regulières. Les organes internes ne montrèren!, lors d'examens multiples, aucun changement à noter, en particulier pas de métastases. On chercha longtemps à améliorer le malade par des rayons de ROENTGEN, assez intenses, mais sans résultat.
Finalement, en 1907, il se produisit une profonde dépression et en juin, le malade mourut.
On fit l’autopsie, qui ne dévoila aucune métastase interne, ni aucune particularité pouvant avoir rapport avec la maladie.
Le corps était très amaigri, la peau pâle et atrophiée, léger œdème des extrémités inférieures. Au visage, il y avait une cavité si étendue que la moitié droite manquait presque complètement. Le bord inférieur de l'orbite droit, sa face droite, une partie de l'oreille et du maxillaire supérieur droit, ainsi que le côté droit du nez étaient détruits. Tout le vide était suppurant. Les bords de la blessure étaient indures
et sérélevés.