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L'examen histologique des deux principales tumeurs, donne les résultats suivants :
Tumeur palpébrale, prolifération épithéliomateuse, malpighienne du type intermédiaire.
Tumeur labiale : image typique de papiilome.
Le 19 novembre 1935, on implante à la base de la umeur palpébrale six aiguilles de 2 mmgr. de radium. elles sont laissées 7 jours, trois aiguilles de 2 mmgr. placées dans la tumeur de la lèvre inférieure sont
aussi laissées 7 Jours.
Pour les tumeurs moins évoluées, on fait 4 secteurs de radiothérapie moyennement pénétrante (150.000
volts) :
Le malade est revu à la consultation le 4 février 1936. Les tumeurs traitées en novembre, ont completement disparu, mais de nouvelles avec les mêmes
caractères cliniques sont apparues : une grosse tumeur
rétroauriculaire gauche, une autre au niveau de la
paupière supérieure droite, deux autres enfin siègent, l'une en arrière, une autre en avant du pavillon de l'oreille droite.
Le 5 février, on procède à l'aiguillage des tumeurs cervicales et de la paupière supérieure droite.
Pour les papillomes de l'oreille droite, on place en face de chacun une plaque à vernis de 10 mgr. de RAE qu’on laisse en place pendant deux heures (Betatherapie).
Le malade revient dans le service, le 19 mars 1936,
les tumeurs cervicales gauches ont disparu, quand
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aux autres papillomes, on ne voit plus à leur place qu’une cicatrice blanchâtre.
Par contre, de nouveaux nodules sont apparus dans la région angulo-maxillaire gauche, on les traite par la radiothérapie profonde: 200 KV, deux secteurs à 30 filtration 1/2 Cu 2 AL 3.000 r par séances de 600 r.
Les papillomes scrotaux ont augmenté de volume sans atteindre pourtant encore celui d’un pois. Ils
sont traités eux aussi par la radiothérapie.
PATHOGENIE
La pathogénie de la maladie du Braï, vu la diversité même de ses manifestations, est nécessairement très complexe. Nous allons conserver dans son exposition la classification de toute évidence trop schématique mais facile de :
1) Symptômes irritatifs aigus.
2) Lésions dépendant des glandes pilosébacees.
3) Troubles pigmentaires, hyperkératoses et cancer.
Les symptômes irritatifs aigus, quelle que soit ieur nature, que ce soit des brülures, des picotements au visage et aux mains, des brûlures d'estomac, ou des conjonctivites, sont dus à l’action directe et toxique du brai et de la grande quantité d'hydrocarbures irritants qui s’en dégagent lors de son chauffage. L’exacerbation de tous ces symptômes à la lumière solaire s'explique aisément si l’on se rappelle que l’acridine et ses dérivés existent avec assez d’abondance dans le brai de houille et chacun connaît l’action des radiations sur les troubles cutanés occasionnés par ce corps. L’explication que donnait MANOUVRIER persiste quand il s’agit d'expliquer l'exagération des douleurs dans le cas d’une exposition prolongée à la chaleur (cet auteur, en effet, invoquait la plus facile pénétration
des particules de brai rendues diffluentes au travers
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d’un épiderme en sueur), mais semble controuvée pour ce qui est de l’action solaire vu sa rapidité, on peut même dire son instantanéité.
La vraisemblance de notre explication semble encore démontrée par ce fait que l'influence de la lumière sur la peau et les yeux, est très considérablement diminuée dès qu’une protection contre cette influence est obtenue par une formation pigmentaire. Aussi, les troubles se manifestent-ils beaucoup plus
souvent chez les ouvriers blonds (86 ©
9, d’après LEWIN).
L’explication des symptômes du côté du système folliculaire, ne peut pas non plus nous donner de difficulté. L’obstruction mécanique du follicule pilo sébacé par la fine poussière de brai et de charbon, ne provoque pas d’autre suite que celles observées couramment chez les mineurs du fond.
Il reste un groupe qu’il est nécessaire de soumettre à un examen minutieux ; c’est celui des végétations. des hyperkératoses et des tumeurs cancéreuses.
De nombreuses causes ont été invoquées pour expliquer l’apparition de ces troubles, qui somme toute, ne semblent représenter comme nous l’avons dit lors de l’étude clinique de la maladie, que les différents stades évolutifs d’un même processus. C’est ainsi qu’on à pu incriminer tantôt des causes physiques ou mécaniques, tantôt des causes chimiques.
Ce sont ces dernières qui ont suscité les plus nombreuses et les plus intéressantes recherches, nous ne ferons que citer les différents corps successivement
mis en cause, ce furent :
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lacide phénique,
—— la créosote,
-— l’anthracène,
— les vapeurs ammoniacales.
Plus récemment, BAYET avait fait prévaloir sa ihéorie de l’arsénicisme chronique chez les ouvriers du brai, Il s’appuyait sur des considérations chimiques et surtout cliniques, nous ne croyons pas, dans Pétat actuel de nos connaissances, que cette explication doive être retenue.
Beaucoup plus vraisemblable est la théorie qui attribue tous les méfaits dus au brai de houille, à la présence dans ce corps de carbures cancérigènes. Cette question encore à l’étude et loin d’être complètement éclairée, présente un tel intérêt qu'il nous a semblé nécessaire de nous y arrêter quelque peu.
Dès 1913, deux biologistes Japonais, YAMAGIWA et IcHiKkawa, badigeonnant avec du goudron la peau de quelques chiens, cobayes et rats, tentaient de produire chez ces animaux des cancers cutanés. Leurs résultats furent. négatifs, insuccès dû au choix malheureux d'animaux réfractaires. Mais en 1915. ayant opéré sur le lapin, les mêmes auteurs publiaient les premiers résultats de cancérisation expérimentale’ par le goudron. La découverte de YAMAGIWA et ICHIKAWA presentait un double intérêt : certes, elle créait une méthode de choix pour faire apparaître des tumeurs malignes, mais surtout en attirant l’attention sur cette curieuse propriété du goudron de houille, elle posait {e problème chimique si difficile de l'identification de ses
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constituants actifs. C’est à ce problème que se sont, dès 1924, attaqués avec une ténacité et un succès remarquable, les savants anglais KENNAwaAy-CooKk, HEWETT et HIEGER. Sans entrer dans des considérations qui nous écarteraient trop de notre sujet, nous dirons simplement que ces savants ont vu dernièrement le cadre de leurs recherches brutalement s’élargir quand ils ont observé la troublante parenté chimique existant entre les carbures cancérigènes et certaines molécules à intérêts physiologiques : stérols, acides biliaires, hormones sexuelles, vitamines.
En 1922, Murray avait publié la préparation d’un extrait de goudron de houille qui développait 50 tumeurs sur 100 animaux traités.
En 1924, KENNAWAY établit que les carbures cancé- A distillaient entre 400 et 450°, il en conclut que les constituants, acides, basiques et l’arsénic n’étatent pas indispensables dans la formation des tumeurs. Mais tous les corps que cet auteur réussissait à purifier à partir de ce mélange, s’avéraient non cancérigène, c’est ce qui l’amena à publier, en 1924 « que la substance active est un constituant encore inconnu, instable et présent en quantités peut-être aussi minimes que les vitamines dans les aliments. Comme dans le cas des hormones, son identification peut être différée jusqu’à ce que des préparations très concentrées puissent être obtenues ».
Et pourtant, chauffant un jour de lisoprène dans un courant d'hydrogène, KENNAWAY avait observé que
le goudron ainsi obtenu, produisait 17 tumeurs sur