LE ' AT
ee) Me
« Dans l'intérieur du continent noir, la maladie du sommeil est sporadiquement endémique dans le Mayombe français, le Bas Congo, ainsi que sur les rives du grand fleuve, depuis Stanley-Pool jusqu'au poste de Nouvel-Anvers, où elle à fait son apparition il y à quelques années seulement. On la rencontre également, d'une façon plus ou moins régulière, sur les rives du Kassaï et de ses principaux affluents. Un foyer de maladie du sommeil tout à fait isolé existe dans le Manvema, dans le pays des Bango-Bangos. Elle a remonté l'Oubangui jusqu'à Bangui, la Likoula jusqu'au 2 degré de latitude nord et la Sanga jusqu'aux environs d'Ouesso. Dss
cas isolés ont été observés à peu près dans {ous les postes bel-
ges parmi les soldats et les travailleurs. Les exodes des populations ont été pour beaucoup dans lacclimatement de la maladie dans les régions autrefois indemnes et où les communications entre peuples sauvages et anthropophages étaient, avant l'occupation européenne, impossibles ou tout au moins très limitées.
« L'Ouganda, contaminé en 1896 seulement, s'est signalé par les terribles ravages de la maladie du sommeil en 4901. Cette dernière s’est rapidement étendue le long des rives nord du lac et des îles adjacentes ; depuis un an ou deux, elle semble avoir envahi le lac Albert-Edouard et le lac Albert- Nyanza ; le Haut Nil est fortement menacé. Nous pensons que l’épidémie de l'Ouganda à été occasionnée par les porteurs ougandas ayant été se contaminer dans l8 Manyema ou dans le Haut Kassaï. » (Brumpt.)
La distribution géographique de la maladie paraît donc, à l'heure actuelle, bien déterminée, mais la carte que lon pourrait dresser avec ces données varie de jour en jour, car la maladie gagne des contrées nouvelles.
Sous quelles influences se,développe-t-elle ? IT y à d’abord
des causes prédisposantes que nous allons étudier.
RÉRVOETET
CAUSES PRÉDISPOSANTES. — Contagion. — La maladie n’est pas contagieuse d'homme à homme. Elle ne se communique pas par le contact direct, et sï on l’a cru quelquefois, c'est qu'elle a été transportée d’un pays où elle est endémique dans un pays où elle n'était pas connue, par des individus contaminés. Ces individus, dont I sang contenait des parasites ont été piqués par des mouches tsé-tsé qui se sont infestées. Celles-ci, à leur tour, piquant des hommes sains, leur communiquent l'affection. ‘Ainsi se fait sa. dissémination, sans qu'il y ait pour cela contagion à proprement parler. Nous verrons un peu plus loin que Koch, dans ses derniers travaux; a montré que ce mode de dissémination ne saurait cependant être invoqué dans tous les cas.
Hérédilé, sexe, âge. — L'hérédité ne paraît jouer aucun rôle, malgré les expériences que Brüumpt a faites chez les Hirudinées. Le sexe et l’âge n’ont aucune influence ; hommes et femmes sont également atteints. Seuls, les enfants à la mamelle semblent indemnes.
Race. — On a cru pendant longtemps que les blancs n’étaient jamais atteints de maladie du sommeil. On ne connaissait chez eux que la fièvre à trvpanosomes que l’on n’observait pas chez les noirs. Il est vrai de dire que l'affection paraît surtout atteindre ceux-ci. Mais en 1903, sir Patrick Manson a publié le cas de la femme d'un missionnaire anglais, qui en est morte. Depuis lors, les observations de maladie du sommeil chez les blanes se sont multipliées.
Mais si tous ces facteurs dont nous venons de parler paraissent ne point entrer en ligne de compte dans l’étiologie de la maladie, il en est d’autres, au contraire, qui y occupent une certaine place. De ce nombre sont la misère, l'encombrement, l'humidité excessive du sol.